Bilan

Les étoiles du Sud

Depuis quelques années, une pluie de constellations de trois étoiles Michelin s’abat sur le sud de la France. De Menton à Saint-Tropez, en passant par les Baux-de-Provence et Marseille, tour d’horizon du nouveau siège de la haute gastronomie française.

  • L’Oustau de Baumanière

    Crédits: DR
  • Restaurant Le Louis XV d’Alain Ducasse

    Crédits: DR
  • Restaurant AM, Alexandre Mazzia.

  • Etablissement Le Petit-Nice Passedat de Gérald Passedat

    Crédits: DR
  • Vague d’Or de l’hôtel Cheval Blanc à Saint-Tropez, Arnaud Donckele

    Crédits: DR
  • Restaurant Mirazur, Mauro Colagreco.

    Crédits: DR

Comme dans un club très fermé, ils sont sept chefs à avoir reçu le graal décerné par la bible gastronomique hexagonale: ces étoiles tant convoitées par tout chef rentrant dans la sphère gastronomique de haut vol. Dernier en date? Le chef Alexandre Mazzia qui décroche la troisième étoile pour son restaurant marseillais AM lors d’une cérémonie virtuelle au sommet de la tour Eiffel. Au milieu d’une jeunesse décomplexée et de cuisiniers bien établis, le sud de la France est plus que jamais de retour sur le devant de la scène culinaire française.


Glenn Viel – Le renouveau

(DR)

L’Oustau de Baumanière est installé au cœur du Parc naturel des Alpilles depuis 70 ans. Sous la houlette de Jean-André Charial, cette institution gastronomique est bien plus que la simple promesse d’une luxueuse escapade. Ce havre de paix discret incarne l’art de vivre méditerranéen tout en conservant un bel équilibre entre nature et élégance. L’arrivée du chef Glenn Viel en 2015 signe la continuation du chapitre autour d’une cuisine à la fois responsable et de terroir. Difficile de ne pas succomber au rouget de roche agrafé, chou cuit au beurre d’anchois et son pain enrichi d’une sauce corsée au vin rouge et foie de rouget.


Alain Ducasse – L’intemporel

(DR)

Difficile de trouver plus bel emplacement que la légendaire place du Casino à Monaco pour dresser le décor gastronomique du restaurant Le Louis XV d’Alain Ducasse. Aux côtés de son fidèle lieutenant Dominique Lory, le chef aux multiples étoiles à travers le monde magnifie les produits locaux avec des jus vigoureux, des bouillons intenses et des racines, des herbes et des condiments frais. Côté végétal, si cher au chef, ce sont les légumes des jardins de Provence à la truffe noire qui remportent la palme. Côté mer, les langoustines, amandes et baies de myrte affolent les compteurs de la gourmandise.


Alexandre Mazzia – L’intrépide

(DR)

En à peine une décennie, le grand Alexandre Mazzia a réussi l’impossible: décrocher une troisième étoile pour une cuisine de voyage qui juxtapose les saveurs et les accords d’inspiration méditerranéenne à des influences de souvenirs d’enfance africains. A l’image de son restaurant AM de la taille d’un mouchoir de poche au cœur de Marseille, sa cuisine est dépouillée d’artifice et concentrée sur le goût de l’essentiel. Sublime semoule aux épices et fleur d’oranger, raifort et sucs de carapace. Déroutante dégustation de moules, maquereaux, harengs, coco, betteraves et leur jus vert concentré.


Gérald Passedat – L’irremplaçable

(DR)

Le cuisinier marseillais n’est plus à présenter et son établissement Le Petit-Nice Passedat ne cesse d’évoluer. Avec sa salle à manger flambant neuve qui surplombe la grande bleue, le panorama de ce temple gastronomique marin est à couper le souffle. Un passage obligatoire dans la cité phocéenne pour tout gourmet désireux de venir déguster la fameuse bouillabaisse que le chef décline en palier: le premier s’effectue accompagné d’un carpaccio de coquillage et ses beignets; le deuxième s’arrête sur des poissons et des crustacés dans un bouillon safrané; et le troisième se passe en profondeur avec un «trois pièces» de poissons de roche cuits entiers et sa soupe aux favouilles.


Christophe Bacquié – L’aventureux

(DR)

Prenons de la hauteur en atteignant de nouveaux sommets gastronomiques à quelques enjambées du fameux circuit Paul-Ricard. Au sein de l’Hôtel & Spa du Castellet, bordé par un parc luxuriant, se niche le restaurant élégant et discret du chef Christophe Bacquié (Meilleur ouvrier de France en 2004). Impossible de résister à l’incontournable aïoli moderne accompagné de poulpes de Méditerranée et quelques légumes des maraîchers locaux. Hymne à la mer, les gambons écarlates, juste snackés, jouent des pinces avec des filets de maquereau laqués à l’huile de curry et sirop d’érable.


Arnaud Donckele – L’audacieux

(DR)

S’attabler un soir d’été à la Vague d’Or de l’hôtel Cheval Blanc à Saint-Tropez, en admirant le soleil décliner, est un cadeau de la vie. Une douce promesse où le rêve s’allie à l’exceptionnel dans une parenthèse gastronomique inédite. La cuisine d’Arnaud Donckele transcende, ses sauces désarçonnent et ses accords déboussolent. Le plaisir gustatif reste le maître-mot de cet endroit unique au monde. Le saint-pierre juste saisi, cuit à l’eau de mer, accompagné de courgettes violon et de palourdes au sautoir ou le turbot maturé, rôti dans du beurre de Trets à la noisette et livèche sont tout simplement remarquables.


Mauro Colagreco – L’incontournable

(DR)

A quelques mètres de la frontière italienne, dominant les hauteurs de la ville de Menton, le restaurant Mirazur ne ressemble à aucun autre et s’est rapidement taillé une place de choix dans le cœur des gourmets. Ayant vu son établissement sacré Meilleur restaurant du monde et seul chef à obtenir la même année une troisième étoile, Mauro Colagreco est un homme heureux. Au même titre que sa cuisine, la vue depuis son restaurant est exceptionnelle. Le chef, qui a plus d’un tour dans sa toque, adapte ses créations en suivant le calendrier lunaire. Tout ce qui représente l’univers du Mirazur, racines, feuilles, fleurs et fruits, est choisi en fonction du jour de la venue des clients.

Amoiel Edouard2
Edouard Amoiel

Chroniqueur culinaire

Lui écrire

Petit-fils de restaurateur, fils de marchand de vins, diplômé de l’Ecole Hôtelière de Lausanne, chroniqueur culinaire pour le journal Le Temps et pour mon site Amoiel.ch, épicurien, aussi gourmand que gourmet, hédoniste, poète… l’idée d’écrire sur la gastronomie m’est apparue comme une évidence.

Ma démarche est avant tout de mettre en valeur et de faire découvrir des chefs, des restaurateurs, des producteurs et des créateurs. qui se donnent corps et âme à leur métier.

Alors, rejoignez-moi dans cette aventure culinaire truffée de gourmandises, de surprises et de plaisirs.

Du même auteur:

Les réseaux sociaux boostent les restos
Guide toujours

Les derniers Articles Vin & Gastronomie

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Merci de votre inscription
Ups, l'inscription n'a pas fonctionné
Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."