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Le tourisme viticole continue son essor

Tout au long de l'été, Bilan explore les tendances du tourisme: sciences, musique, pèlerinages, architecture, oenologie, agritourisme, vélo,... Des focus à retrouver deux fois par semaine sur notre site web.

L’engouement pour les produits du terroir, le tourisme doux et le développement durable font de l’oenotourisme une activité de plus en plus recherchée en Suisse.

Un nombre croissant d'initiatives visent à mettre en valeur le vignoble et les vins suisses auprès des touristes.

Crédits: WineMax

L’œnotourisme est un secteur en plein essor dans toutes les régions viticoles du monde. Et la Suisse ne fait pas exception. La baisse de la consommation d’alcool, les pertes liées au gel ou à la grêle sont désormais largement compensées par l’oenotourisme dans certaines régions suisses, estime la branche. «Les 20 % de pertes due au gel sont compensés par l’oenotourisme qui explose dans la région», confirmait Marc Emery, de la Cave Emery Aigle, dans le Régional automne 2017.

Le pays a ainsi développé depuis quelques années une véritable offre oenotouristique afin de redynamiser et diversifier ce marché. «Les voyagistes inscrivent le Lavaux dans leur programme alors qu’ils ne s’y intéressaient pas auparavant», explique Yann Stucki, chef de projet de Vaud Oenotourisme. «La stratégie oenotouristique porte ses fruits, on ressent bien cette volonté de créer un tissu local en mettant en lien tous les acteurs», confirme le vigneron Alain Chollet.

Le tourisme viticole a ainsi un énorme potentiel sur la notoriété de la Suisse et sur son économie touristique en général. Le fait que Lausanne ait intégré l’an dernier le classement des «Great Wine Capitals» aux côtés de Bordeaux, Napa Valley, Mendoza ou encore Adelaide est également une aubaine pour les acteurs de la vigne, notamment dans le canton de Vaud.

Le Lavaux figure au coeur de l'offre vaudoise en oenotourisme. (Wiktor Korewa)
Le Lavaux figure au coeur de l'offre vaudoise en oenotourisme. (Wiktor Korewa)

Le développement de l’oenoutourisme pousse également les différents acteurs de la vigne à améliorer leur accueil et leurs produits. «Les domaines sont encouragés à répondre à des exigences de qualité et d’excellence», confirme Yann Stucki de Vaud Oenotourisme. «Le tourisme viticole ne consiste cependant pas uniquement à déguster des vins dans la cave. Il s’agit aussi de visiter des musées, des vignobles, de découvrir les différentes techniques viticoles et de comprendre comment fonctionne l’élaboration des vins».

Ouverts fin 2017, les Celliers de Sion qui ont remporté le Prix de l’oenotourisme 2018 l’ont bien compris avec leur offre de loisirs autour de la branche viticole. «Nous avons professionnalisé la branche de l’oenotourisme en Valais», explique Camille Zanarelli, responsable marketing et communication de l’oenoparc qui a accueilli 30'000 visiteurs l’an dernier, dont 20% de touristes étrangers: «Nous sommes ouverts sept jours sur sept et proposons de nombreuses activités ludiques en collaboration avec les vignerons locaux».

Lancés en 2017, les Prix suisse de l’oenotourisme – dont l’objectif est de stimuler et faire progresser l’offre oenotouristique des cantons viticoles - récompenseront les meilleurs projets le 12 septembre prochain à Chamoson (VS). Des ateliers pratiques sont également proposés durant l’après-midi.

Retombées économiques du tourisme viticole

Alors qu’il n’existe pas encore de statistiques relatives aux retombées économiques de l’oenotourisme en Suisse, la durée moyenne d’un séjour oenotouristique en Suisse est d’environ 2,1 nuitées. En comparaison, la durée dans le Val de Loire (source Insee 2015) est d’une semaine. En Alsace, le tourisme viticole contribue à la santé des nuitées de la région avec une augmentation annuelle de 4,2% dans les zones vignobles.

En 2016, la France a enregistré plus de 10 millions d’oenotouristes, dont 40% de visiteurs étrangers de plus qu’en 2009 (7,5 millions d’oenotouristes). Le tourisme du vin en Italie représente également environ 10 millions de personnes (Wine Monitor 2014), dont 38% d’étrangers. En Espagne, le marché de l’oenotourisme a représenté  54 millions d’euros en 2016 et a attiré presque 3 millions de touristes, soit 10% de plus par rapport à l’année précédente selon l’Association espagnole des villes du vin. Aux Etats-Unis, dans la vallée de Napa, la route des vins génère 13'000 emplois et près de deux milliards de dollars (2016) à raison de 150 dollars par personne et par jour. 

Preuve de l’impact de l’oenotourisme sur le commerce du vin, près de 770 millions de dollars ont été dépensé dans la vente au détail, à savoir en grande partie la vente de vin en direct chez le vigneron.


Voici quelques adresses en Suisse pour les amateurs de vigne et de vin : 

  • Vaud

Vaud Oenotourisme propose déjà huit balades oenotouristiques (dans six régions viticoles, au Pays d’Enhaut et à la Vallée de Joux) sur le site www.region-du-leman.ch. Le Château d’Aigle - Musée de la Vigne, du Vin et de l’Etiquette - présente actuellement l’exposition «Coups de coeur du vignoble» mettant en valeur la collection de l’Office des Vins Vaudois, jusqu’en avril 2020.

Chambre de l'Hostellerie du Château à Rolle. (DR)
Chambre de l'Hostellerie du Château à Rolle. (DR)

De nombreuses initiatives privées ont également vu le jour ces dernières années, comme celle de l’Hostellerie du Château à Rolle qui a demandé à 16 vignerons locaux de décorer les chambres. Ainsi, les clients bénéficient non seulement de bons pour déguster les crus au restaurant mais ils ont également la possibilité d’aller visiter les domaines des vignerons partenaires.

A Lausanne, le Beau-Rivage Palace propose plusieurs activités autour du vin à ses clients. Ces derniers ont notamment la possibilité de louer un vélo électrique pour la demi-journée ou la journée entière afin de se rendre chez le vigneron Blaise Duboux à Epesses. Mais également au Domaine Bovy à Chexbres et à celui du Dalay à Lutry. Les amateurs de crus peuvent également se rendre à la vinothèque les 11 Terres à Epesses ou au Vinorama à Rivaz, un centre de découverte des vins et du vignoble en terrasses de Lavaux. Last but not least, le Beau-Rivage Palace propose en hiver,  des visites de sa cave qui compte plus de 3000 références et 75'000 bouteilles soigneusement entreposées et vieillies.

Croisière au pied des vignes avec la CGN. (DR)
Croisière au pied des vignes avec la CGN. (DR)

Autre moyen d’être submergé par la beauté du paysage inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco : En montant à bord du bateau Général Guisan de la CGN pour un Lavaux Tour & Wine. La balade sur le lac est agrémentée de deux verres de vin accompagnés d’une assiette de charcuterie et fromage de la région (tarifs entre CHF 20.- et CHF 39.-). Le Montreux (bateau Belle Epoque) propose également tous les jours  - à midi et le soir - une croisière Lake & Wine afin de déguster 4 vins vaudois (entre CHF 30.- et 108.- selon la formule, hors titre de transport).

Pour les amateurs de sensations fortes, il y a la possibilité de découvrir les vignobles de la Côte en Segway. Les plus sportifs pourront participer au semi-marathon des Côtes de l’Orbe, une épreuve festive qui offre la possibilité aux participants de déguster des vins et produits du terroir aux postes de ravitaillement, ainsi qu’à l’arrivée. L’édition 2019 aura lieu le 7 septembre. Pour ceux qui veulent s’amuser, «Vign’Heroes» est un jeu grandeur nature qui se déroule sur une boucle de 1,2 km au départ du caveau des vignerons situé à Aran. Il lève un voile sur les mystères du métier de vigneron.

La société Winemax propose aussi des visites guidées pour découvrir le vignoble de Lavaux au départ de Lausanne, Vevey ou Montreux en différentes langues telles que mandarin, russe, anglais, allemand, italien ou japonais. L’entreprise rachetée par Xavier Fromaget en février dernier offre des tours personnalisés pour les touristes internationaux mais également pour les entreprises basées en Suisse: «Nous organisons des visites sur mesure, en proposant par exemple, la dégustation de vins bio ou biodynamiques selon les demandes». D’autres initiatives privées ont vu le jour telle que le caveau des vignerons des appellations de Luins et Vinzel au cœur de la Côte. Pour mieux promouvoir leurs crus, 25 vignerons-encaveurs ont décidé en 1987 déjà de réunir les deux appellations de Luins et Vinzel en un lieu commun: le Caveau. Chaque vigneron, tour à tour, remplit le rôle de tenancier pour accueillir et servir le client et l’informer sur les vins présentés. Deux domaines viticoles de Lausanne (Le Burignon et le Château Rochefort) proposent aussi le gîte et diverses activités de découverte de leurs vins.

  • Valais

En Valais, outre les différentes caves à aller absolument visiter, il ne faut pas manquer les Celliers de Sion, qui ont reçu le Prix suisse de l’œnotourisme 2018. L’oenoparc propose des dégustations mais également des parcours dans les vignobles de la vallée du Rhône à vélos électriques. L’établissement propose également des ateliers dégustation ainsi que des agapes gourmandes. D’autres activités sont recommandées telles que la visite guidée de Sion accompagnée de la dégustation de cinq vins de la région, une balade le long du sentier du «cep à la cime», une visite du plus haut vignoble d’Europe à Visperterminen avec dégustation de vins locaux ou encore la traversée des vignobles de la plaine du Rhône à vélo. La plateforme Vinum-Montis regroupe également plusieurs offres d’oenotourisme.

  • Jura / Trois lacs

Dans la région du Jura & 3 Lacs, les visiteurs pourront découvrir les caves mystérieuses du prieuré St-Pierre et tout apprendre sur l’élaboration des vins mousseux de la famille Mauler avec film, visite guidée des caves et dégustation dans le royaume de la bulle à Môtiers. Il y a aussi la possibilité de découvrir à pied accompagné d’une guide du patrimoine, le vignoble biologique et traditionnel de la Béroche, ses villages en balcon sur le lac et ses vergers lors d’une randonnée de 2h30 qui se termine par une visite et dégustation de vins aux caves coopératives de la Béroche.

  • Genève

    A Genève, trois balades sont proposées pour découvrir le 3ème plus important territoire viticole de Suisse. Une escapade en e-bike est également possible dans les vignobles genevois. 

    Chantal De Senger
    Chantal de Senger

    JOURNALISTE

    Lui écrire

    Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

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