Bilan

Le Suisse Elias Läderach sacré champion du monde

Représentant de la troisième génération d’une dynastie de chocolatiers, le Glaronnais a remporté à Paris une victoire enviée. Rencontre à Zurich.

Crédits: Dr

La préparation du championnat du monde dure environ deux ans. C’est une période où l’on apprend énormément, à la fois en rencontrant beaucoup d’autres professionnels et aussi en se confrontant à toutes sortes de nouvelles techniques.» Sourire juvénile et look d’étudiant, Elias Läderach (30 ans) a le triomphe modeste. Représentant de la troisième génération de la famille fondatrice de l’entreprise Läderach, le chocolatier vient de remporter les World Chocolate Masters 2018 à Paris, principale compétition internationale de la branche. 

Mais lorsqu’on le rencontre à Zurich, le jeune homme se montre bien plus empressé à parler des saveurs de ses créations que de son exploit. «Deux produits présentés au concours seront bientôt en vente. Il s’agit d’une tablette Or Noir au caramel et aux fruits exotiques, ainsi que d’un praliné Moulded Chocolate Bonbon qui allie des chocolats au lait et noir avec un coulis de mandarine.» Au registre des tendances dans la confiserie, le retour à davantage de simplicité réjouit Elias Läderach. «L’heure n’est plus à l’accumulation de goûts différents pour produire le maximum d’effets. Actuellement, on cherche plutôt à mettre en valeur les arômes.»

Ce titre de champion du monde des chocolatiers vient couronner une success story entrepreneuriale. Fondée en 1962 par Rudolf Läderach, grand-père d’Elias, la chocolaterie débute en fournissant des pralinés à des commerces et des entreprises. Plus tard, la firme ouvre ses propres points de vente et trouve son créneau: le chocolat frais servi au comptoir. Puis, nouveau bond en avant en 2004, Läderach rachète les confiseries Merkur au groupe bernois Valora. Les magasins non rentables sont fermés. Le groupe familial connaît alors une phase d’expansion tout en étendant son contrôle sur la chaîne de production. Depuis 2012, l’entreprise fabrique elle-même sa masse de chocolat sur son site de Bilten (Glaris). Aujourd’hui, Läderach réalise un chiffre d’affaires annuel estimé à 110 millions de francs, avec deux sites de production, l’un en Suisse, l’autre en Allemagne. Présente dans toute la Suisse romande, de même qu’au Moyen-Orient et au Japon, l’entreprise exploite 60 magasins dans le monde et emploie environ 850 personnes.

L’une des créations remarquées  d’Elias Läderach dans la catégorie «Chocolate design». (Crédits: Dr)

Une «chocolate family»

Au printemps de cette année, Johannes Läderach a repris les rênes du groupe familial. «Nous sommes une fratrie de six enfants, dont trois sont actifs dans la firme, indique Elias Läderach. Mon frère aîné Johannes est formé à l’économie d’entreprise. Mon frère cadet David gère les aspects digitaux, et moi je m’occupe du développement des produits.» 

La nouvelle génération envisage de renforcer les ventes à l’international avec notamment une implantation sur le marché américain. Enumérant les priorités, Elias Läderach souligne: «Avec l’ensemble de nos partenaires, de nos clients et de nos collaborateurs, nous formons une «chocolate family». C’est un aspect primordial à nos yeux et un fondement de l’identité de l’entreprise.» 

Depuis sa création, le groupe revendique des valeurs chrétiennes dans la gestion des affaires. La nouvelle génération affiche les mêmes convictions. Elias Läderach affirme: «Ces valeurs restent très importantes pour nous. C’est dans ce sens que nous nous engageons en faveur du développement durable et de la communauté réunie autour de Läderach.» 

Läderach, www.laederach.com

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan et community manager pour le site bilan.ch, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

Du même auteur:

CFF: Comment éviter le scénario catastrophe
L’omerta sur le harcèlement sexuel existe aussi en suisse

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."