Bilan

La production de vins suisses retrouve des couleurs

La météo favorable permet à Swiss Wine Promotion d’anticiper une très bonne récolte 2018, après une année 2017 particulièrement difficile.

La production du millésime 2018 devrait se situer au-dessus de la moyenne des cinq dernières années. 

Crédits: keystone

Les conditions météorologiques, notamment de fortes gelées, avaient été catastrophiques pour la production viticole l’an dernier. Atteignant un niveau si bas qu’il n’avait pas été vu depuis plusieurs décennies, que ce soit en Suisse ou dans d’autres pays producteurs voisins, comme la France. 

Lire aussiLe Valais pleure ses vignes dévastées

Il en sera différemment cette année. On apprenait ces derniers jours que la production de vin en France devrait afficher une hausse de 25% en 2018 par rapport à 2017, contre une baisse de 20% l’an dernier. Il ne s’agit pas que d’un rattrapage: le rendement attendu est supérieur de 5 % à la moyenne des cinq dernières années, selon les chiffres du Ministère de l’agriculture français, relayés par le site L’Usine Nouvelle.

Si plusieurs régions du sud de la France ont été impactées par de violents orages ou par la propagation du mildiou, celles de la Champagne, du Bordelais, de la Bourgogne et du Beaujolais devraient en revanche afficher une production supérieure à la moyenne.

Peut-on s’attendre à la même embellie en Suisse? La réponse est oui, d’après Jean-Marc Amez-Droz, directeur de Swiss Wine Promotion: «Si l’an dernier la production avait été anormalement basse, j’anticipe cette année une récolte très positive, tant quantitativement que qualitativement». Selon lui, le millésime 2018 devrait aussi, comme en France, se situer au-dessus de la moyenne quinquennale. 

Malgré quelques dégâts localisés dans certaines vignes dûs à la grêle, la météo a été globalement très favorable aux producteurs de vins suisses, avec un printemps précoce et humide et un été chaud. «Le temps très sec de l’été a contribué à créer des conditions sanitaires excellentes, avec très peu de maladies», ajoute le directeur. 

Production intégrée favorisée

Réagissant au débat actuel sur l’utilisation des pesticides et autres intrants chimiques dans l’agriculture, Jean-Marc Amez-Droz estime qu’il s’agit d’une préoccupation de longue date de la profession, qui aurait très sensiblement réduit la quantité de produits chimiques utilisés. 

«Sans forcément recourir aux labels biologiques, les producteurs sont de plus en plus nombreux à pratiquer une production dite intégrée ou raisonnée, c’est à dire en utilisant des traitements uniquement en dernier recours, avec un minimum de produits. Je dirais même que la Suisse a la plus forte densité de production viticole intégrée», estime Jean-Marc Amez-Droz. 

Pour le directeur, il ne s’agit pas uniquement d’un argument marketing, mais d’un souci des producteurs de préserver leur outil de travail et d’améliorer encore la qualité. Une qualité qui a selon lui permis progressivement d’augmenter la valeur moyenne des bouteilles de vin suisse exportées, malgré un volume en relative stagnation. 

 

Marjorie Thery
Marjorie Théry

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

"Tout ce qui compte.
Pour vous."