Bilan

Genève possède tous les atouts pour faire «de très grands vins»

Le terroir de la ville du bout du lac serait l’un des plus avantageux de Suisse, estiment plusieurs professionnels. La qualité de sa production a bondi.

Genève est le troisième plus grand canton viticole de Suisse.

Crédits: Olivier Vogelsang/TDG

Quand ils évoquent la qualité des vins genevois entre 1980 et aujourd’hui, les acteurs de la branche ne parlent pas d’évolution mais de révolution. Le troisième plus grand canton viticole de Suisse se serait métamorphosé, même si les professionnels admettent qu’il reste du travail à faire, notamment au niveau de la communication et de la collaboration entre techniciens de la vigne. En effet, malgré la création en 1999 de l’Interprofession du vignoble et des vins de Genève (IVVG), présidée par Robert Cramer, beaucoup de vignerons préfèrent encore travailler de manière indépendante. 

Et pourtant, selon le vigneron Jean-Pierre Pellegrin, il suffirait de peu de chose pour améliorer encore la qualité et l’image des vins genevois, notamment outre-Sarine et à l’étranger: «Nous ne sommes malheureusement pas beaucoup soutenus par la législation, ni par la politique agricole suisse. Et puis, au niveau de l’exportation, la fin du taux plancher n’a pas aidé.» Son homologue Nicolas Bonnet affirme lui aussi que Genève a une carte à jouer essentielle, car le canton a «la capacité de faire de très grands vins».

Un vignoble de plus en plus intéressant

Le vignoble genevois affiche de nombreux atouts. Il serait même le plus avantageux de Suisse, selon Nicolas Bonnet. Premièrement, il existerait un équilibre parfait entre le sol, le climat tempéré et l’ensoleillement. Le réchauffement climatique permettrait d’éviter des phénomènes de sécheresse et entraînerait une maturité parfaite des cépages.

Il y a aussi l’altitude du vignoble, situé à 400 mètres et qui permet aux raisins de garder une certaine acidité et un très bon équilibre. Les vignes ensuite, qui commencent à prendre de l’âge, offrent une certaine minéralité aux vins.

Et puis, techniquement, le vignoble s’est modernisé grâce à des machines très performantes et à une technologie de pointe qui ne sont jamais allées au détriment de la qualité des crus. Sans compter que les vignerons sont de plus en plus formés, la plupart d’entre eux ayant suivi la Haute Ecole de viticulture et d’œnologie de Changins ou d’autres grandes écoles d’œnologie.

De manière générale, «un effort colossal a été réalisé à tous les niveaux», assure Nicolas Bonnet. Les vignerons genevois sont aussi plus curieux, font plus de recherche qu’auparavant. «Ils sont dès lors beaucoup plus compétents, ce qui permet une dynamique très intéressante.» Aujourd’hui, selon le vigneron, Genève produirait les vins au meilleur rapport qualité-prix de Suisse. Sans oublier que le canton a énormément diversifié ses cépages depuis trente ans. «Il devient un grand canton viticole de qualité», résume le viticulteur.

Les professionnels de la vigne insistent sur la nécessité de garder cette dynamique tout en continuant à communiquer afin de tordre le cou à certains a priori qui restent pourtant négatifs sur la qualité de leurs crus. Fort heureusement, la présence de nombreux sommeliers français et italiens en Suisse contribue à améliorer l’image des vins helvétiques à l’étranger.

Genève est l’une des villes du monde qui importent la plus grande quantité de champagne et de grands bordeaux par tête d’habitant. C’est bien la preuve que les Genevois apprécient les crus de qualité. Une aubaine pour son vignoble.

Chantal Mathez

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