Vers la fin de la durée légale du temps de travail?

Certaines catégories d'employés pourraient ne plus être soumises à une durée légale du temps de travail en Suisse. Ce projet, initialement destiné aux secteurs de la finance, pourrait s'étendre à d'autres branches. La durée légale du temps de travail hebdomadaire pourrait bientôt appartenir au passé. Le secrétariat d'Etat à l'économie (seco) cherche en effet à faire évoluer cette obligation pour une certaine catégorie de salariés, les cadres notamment.

Dans un premier temps, le seco voulait lever cette contrainte uniquement pour les employés affichant un salaire brut annuel dépassant 175'000 francs. Avec l'idée de leur donner plus d'autonomie pour atteindre leurs objectifs.

La recherche d'un compromis entre syndicats et représentants patronaux a piteusement échoué au début du mois lorsque le seco a retiré une proposition, visiblement sur l'ordre du conseil fédéral Johann Schneider-Ammann qui cherche à peser dans ce dossier.

Une version «beaucoup plus flexible et libérale»

Nul ne sait désormais comment les experts du seco vont résoudre cette équation; mais les partenaires sociaux redoutent d'y laisser des plumes. Ils anticipent déjà un nouveau projet qui ira dans le sens des employeurs. Les experts de la Confédération évoquent une version «beaucoup plus flexible et libérale», explique le Tages Anzeiger.

La nouvelle version pourrait toujours s'articuler autour d'un seuil salarial, qui variera cependant selon les branches. S'y ajouteront des critères au cas par cas selon le poste dans l'entreprise.

Le projet ne concernait dans un premier temps que le personnel des banques et assurances mais il apparaît de plus en plus clairement qu'il pourrait s'étendre à d'autre secteurs. L'industrie ou encore les services IT (informatique) pourraient y trouver leur intérêt, redoute Arno Kerst, vice-président de Syna.

La fin des heures supplémentaires?

La pratique concerne déjà 16% des employés et le seco veut unifier le droit avec la réalité vécue. Les négociations durent depuis plus de trois ans mais le fossé entre employeurs et syndicats ne cesse de se creuser.

Les premiers, à l'image de Balz Stückelberger, directeur de l'Association patronale des banques en Suisse, juge la saisie de chaque minute œuvrée comme une «anomalie dans le monde du travail», laissant les employés choisir la façon dont ils remplissent leurs objectifs.

Côté syndical Arno Kerst estime que la «flexibilisation croissante des temps de travail rend nécessaire leur enregistrement». Sans oublier la compensation des heures supplémentaires qui pourrait bien disparaître en cas d'abandon de la durée du travail.

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