Une montre suisse connectée et mécanique crée la sensation

Et si le mariage entre mécanique de précision horlogère suisse et connectivité ne venait pas d’une marque installée mais d’une jeune pousse? Le projet X-One est né d’un collectif de compétence mené par Douglas et Pierre-André Finazzi avec Jean-François Mojon, appuyé sur des acteurs suisses, semble sur de bons rails.

Tag Heuer, Bulgari, Frédérique Constant, Tissot,… les marques suisses se sont déjà essayées aux montres connectées ces dernières années. Avec plus ou moins de réussite. Avec plus ou moins de succès sur le marché. Mais ces smartwatches sont toujours restées jusqu’à présent des produits à part dans la gamme des montres de grandes marques, le cœur restant toujours la montre mécanique.

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Alors que s'ouvre Baselworld, c’est pourtant une marque inconnue jusque-là qui crée la sensation en ligne : X-One a enregistré des retours extrêmement positifs au CES Las Vegas en début d’année et la campagne de crowdfunding lancée voici quelques jours sur Kickstarter a d’ores et déjà dépassé les espérances, avec près de 100'000 francs récoltés en une semaine contre 33'326 francs d’objectif initial en un mois.

L'expérience des plus grandes marques

Derrière ce phénomène naissant, un concept, «une vraie montre mécanique suisse connectée», et une petite équipe fédérée autour d’un père et de son fils, Pierre-André et Douglas Finazzi, avec des partenaires spécialisés, comme VNV, Advanced Sport Instrument ou Chronode. De leur point de vue, « aucune des montres connectées présentes jusqu’à présent sur le marché n’étaient de vraies montres mécaniques offrant une réelle connectivité ». Allier mécanique de la grande tradition horlogère suisse et innovation technologique: une gageure pour de nombreux acteurs installés de la branche, mais pas de quoi effrayer Pierre-André et Douglas Finazzi.

Le premier a longtemps pris part aux plus belles aventures de la haute horlogerie dans les manufactures Patek Philippe ou pour Jean Dunand ou encore Montblanc. «J’ai contribué à développer de grandes complications et des pièces d’exception pour des maisons prestigieuses. J’avais envie de proposer une montre avec cette touche de complexité mécanique mais à destination du public plus jeune», témoigne l’horloger. Son fils, bien qu’élevé dans cette tradition des plus beaux garde-temps, appartient à ces générations qui souhaitent aller plus loin dans les fonctionnalités, via une connectivité avec des appareils électroniques.

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C’est donc tout naturellement que le père et le fils se sont tournés vers des spécialistes de ces technologies et de la miniaturisation de composants électroniques de haute précision ou encore le développement d’applications smartphones dédiées : Advanced Sport Instrument à Lausanne ou VNV SA à La Chaux-de-Fonds. Pour le volet horlogerie traditionnelle, c’est avec Chronode SA, au Locle, qu’un partenariat a été noué.

« Tout a démarré en mai 2016, quand nous avons discuté des modèles de montres connectées que nous trouvions sur le marché. Nous avons alors imaginé une combinaison entre une mécanique de précision avec un calendrier perpétuel, une double indication de fuseau horaire, et une électronique permettant de choisir des notifications pour prévenir le porteur de la montre de l’arrivée de messages, appels ou d’autres avertissements liés à des applications smartphone », détaille Douglas Finazzi.

A l’instar d’autres montres connectées, la recharge de la batterie électronique de la X-One s’opère par induction. Dans cette dimension électronique, le choix a été fait d’un Bluetooth Low Energy pour assurer les transferts de données entre la montre et le smartphone. Et pour actionner les indicateurs, deux micro-moteurs (« les plus petits dispositifs de ce genre au monde », selon Douglas Finazzi) combinent miniaturisation et faible consommation énergétique.

Une application smartphone dédiée

Pour servir d’interface entre l’utilisateur et la montre mécanique connectée, une application dédiée sur le smartphone permet de régler de nombreuses fonctionnalités allant du podomètre au contrôle de la musique ou même à l’envoi de messages en morse (!). « Il est possible de définir une série de contacts et d’amis dont un message ou un appel va déclencher une notification, mais aussi de choisir la vibration ou même des objectifs d’activité physique », glisse Douglas Finazzi.

Si le design se veut sobre et sportif, il ne présente pas de révolution majeure par rapport à d’autres modèles de montres mécaniques suisses. Cependant, la boîte en acier traitée en DLC d’un diamètre de 47mm propose une élégante version squelette qui laisse observer l’ensemble des rouages et mécanismes sous un cristal de saphir. Sans conteste le modèle-phare d’une gamme qui propose d’ores et déjà cinq déclinaisons.

Le succès actuel de la campagne de crowdfunding (avec un objectif modeste de levée de fonds), encore ouverte pour trois semaines sur Kickstarter, pourrait donner des ailes aux cofondateurs : «Si les premiers modèles trouvent preneurs, nous pourrions rapidement envisager d’autres déclinaisons pour les mois et les années à venir. Car il y a une place à prendre sur le segment des montres suisses mécaniques et connectées », assure Pierre-André Finazzi. Un objectif de vente de 1500 pièces post-campagne de crowdfunding est annoncé, ce qui constituerait d'ores et déjà une belle réussite pour cette marque naissante sur le marché.

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