Savourer le printemps au Tessin entre vélo et littérature

Alors que l'hiver laisse enfin sa place à un printemps aux accents estivaux, pourquoi ne pas en profiter sous le soleil latin du Tessin: L'Idée Week-End proposée par Bilan en partenariat avec Suisse Tourisme invite à profiter du canton italophone entre découverte cycliste et balade sur les pas de Hermann Hesse.

L'hiver a été long et rude partout en Suisse. Et au Tessin, où l'hiver est généralement doux et agréable, la longue période froide et humide démarrée en décembre 2017 et qui s'est seulement achevée lors du week-end de Pâques 2018 a plus encore pesé qu'ailleurs. D'où la joie des Tessinois et de leurs hôtes depuis quelques semaines: terrasses, sentiers de randonnée et bords des lacs sont envahis par des familles en mal de soleil et de chaleur.

Lire aussi: Douceur et ambiance latine: l'autre hiver suisse au Tessin

Les itinéraires cyclistes n'échappent pas à la règle: dans le Piano di Magadino, cette vaste plaine alluviale située entre Bellinzona et le Lac Majeur, une série de parcours de promenades à vélo permettent de sillonner ce qui fut autrefois le delta du Ticino se jetant dans le lac italo-suisse. Après la canalisation du fleuve au XXe siècle, les autorités ont récemment opéré un retour vers la nature, aménageant des lagunes, recreusant des bras morts, donnant à la nature la possibilité de s'épanouir à nouveau, entre zones de pâturage confiées à des vaches écossais Highland Cattle et sous-bois servant d'abris pour les oiseaux, notamment migrateurs.

A flancs de coteaux ou dans le Piano di Magadino

Au printemps, la chaleur n'est pas encore étouffante dans cette région du Tessin où souffle presque toujours une légère brise. «C'est un secteur très agréable: quand on parcourt le Tessin en voiture, on voit un canton très urbanisé et construit dans les vallées. Mais si on emprunte ces itinéraires cyclistes, on se rend compte que même dans cette zone comprise entre Bellinzona et Locarno, il reste de vastes zones préservées et naturelles», explique Marco Steiger, guide cycliste tessinois. A sa suite, il devient aisé de se hisser jusqu'à l'imposante église de Magadino, village ayant donné son nom à cette plaine alluviale, et d'embrasser de là l'ensemble de la région.

Depuis Magadino, des petites routes avec extrêmement peu de circulation à flanc de coteaux donnent aux cyclistes l'occasion d'admirer cette région, tout en s'arrêtant ici dans un moulin, là dans un vestige de fortification de 1912, là encore dans une ferme agrotouristique. En revenant vers le fond de vallée, les communes de Camorino et Giubiasco, opèrent une transition entre les villages préservés et l'aire urbaine de Bellinzona, tout en ménageant de jolis parcs, des ponts de pierre médiévaux et des petites places pleines de charme. D'autres itinéraires sillonnent le Piano di Magadino à fond de vallée pour ceux qui veulent éviter les montées (ou le recours à un vélo à assistance électrique). Et pour couronner le parcours, l'arrivée aux châteaux de Bellinzone permet un ultime point de vue magique sur les montagnes environnantes et la vieille ville au pied des murailles.

Lire aussi: Le Tessin, le canton savoureux

Autre ambiance médiévale: celle du pittoresque bourg de Montagnola. A quelques kilomètres au Sud de Lugano, les maisons se serrent les unes contre les autres , seulement séparées par d'étroites ruelles, au sommet de la Collina d'Oro. Au pied de cet escarpement couvert de sous-bois se déroule le large ruban bleu du lac de Lugano et ses ramifications. C'est là, face aux dernières montagnes avant l'Italie que le célèbre romancier, poète et peintre allemand (puis suisse) Hermann Hesse a choisi d'élire domicile. Après avoir vécu en Allemagne, à Bâle et à Berne, il pose ses valises au Tessin dans les années 1920, d'abord près de Lugano puis dans la Casa Camuzzi, maison richement ornée par un architecte tessinois ayant fait fortune en Italie et ailleurs en Europe au XVIIe siècle. «Quand Hermann Hesse arrive, la bâtisse est en piteux état et il s'installe dans un petit appartement de quatre pièces, sans chauffage, sans eau. Il va apprécier cette vie monacale, loin du confort... tout en ne crachant pas sur les séances de dédicace ou les lectures publiques dans de luxueux hôtels de Lugano où il pouvait se restaurer», narre Daniela Mannu, guide au petit Musée Hermann Hesse sis juste à côté de cette Casa Camuzzi.

Renouer avec les passions de Hermann Hesse

Dans les petites salles du musée trônent des ouvrages de l'auteur, une série de courriers que lui ont adressé Carl Gustav Jung, Konrad Adenauer ou des amis romanciers, une série de tableaux signés de sa main ou encore sa machine à écrire. «Ici, il a découvert une passion pour le jardinage et la nature, il aimait aussi bien discuter avec le jardinier local que laisser son imagination s'inspirer des bois et des arbres. D'ailleurs, la veille de sa mort, en 1962, il travaillait encore sur un poème consacré à une branche d'arbre, morte même si encore accrochée au tronc», confie Daniela Mannu. Au fil des promenades, on découvre l'hôtel Bellavista où séjournaient ses hôtes, les savoureux et typiques Grotto (ces petits restaurants tessinois) où il appréciait de se restaurer, et les chemins de sous-bois où il retrouvait la quiétude. Si l'homme de lettres a été détesté par les nationalistes allemands entre 1914 et 1918, puis honni et censuré par les Nazis dès 1933, celui qui fut Prix Nobel de Littérature en 1946 a retrouvé son aura après 1945. Et un bienfaiteur lui offrit de déménager dans une demeure plus cossue, toujours dans le village de Montagnola.

Si cette dernière demeure ne se visite pas, la tombe de l'auteur peut être vue dans le cimetière voisin de Sant'Abbondio. Et surtout la visite proposée par le musée permet de mieux connaître l'intimité de l'auteur de Demian, Siddharta, du Loup des Steppes ou du Jeu des perles de verre: ses trois femmes, ses enfants, ses tourments et ses passions pour les philosophies orientales. Sans oublier son anticonformisme et son refus de rentrer dans des cases. Et quelle meilleure saison que le printemps pour marcher sur ses pas, parcourir les forêts environnantes comme il en avait l'habitude et humer ces parfums qui ont inspiré le poète?

Pratique:

Y aller:

- La ferneture provisoire du petit train du Centovalli (qui relie Domodossola et Locarno) ne laisse que deux itinéraires en train, soit via Zurich, soit via Milan. Mais le Ticino Ticket offre ensuite les transports dans le canton ainsi que de nombreuses réductions. Les petits cols alpins (Nufenen vers le Valais, Lukmanier vers les Grisons) ne seront rouverts à la circulation qu'à la fin du printemps.

Y loger:

- Pour les adeptes de la petite reine, des hôtels ont mis en place des structures spéciales destinées à faciliter le stockage des eux-roues et la prise en charge des cyclistes sous le label Bike Hotels, à trouver sur le site web de Suisse Tourisme.

S'y restaurer:

- Une multitude de petits grotto offrent à découvrir les plats typiques du Tessin, et notamment la polenta et ses déclinaisons, avec divers accompagnements, mais aussi le brasato, sans oublier le célèbre risotto.

- Une offre plus gastronomique est à découvrir dans les villes du Tessin, avec les influences mêlées de la cuisine italienne et de la gastronomie française venant enrichir le substrat local. De très belles adresses sont notamment à découvrir à Lugano, Bellinzone et Locarno.

Organiser son voyage:

- Ticino Turismo propose des itinéraires, des contacts, des idées de visites et des suggestions d'hébergement ou de restauration.

Lire aussi: L'été sur la piste de l'eau au Tessin

L'Idée week-end vous est proposée par Bilan en partenariat avec Suisse Tourisme.

«»

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

"Tout ce qui compte.
Pour vous."