Les écoles en anglais ont du succès

L’apprentissage des langues prend toujours plus d’ampleur. Un nouvel établissement secondaire international ouvrira ses portes à Versoix (GE) en septembre pour les jeunes de 11 à 18 ans.

Certains affirment que les analphabètes de demain seront ceux qui ne maîtriseront pas parfaitement trois langues, dont l’anglais et le français (pour les francophones). En tout cas, de nombreux parents en sont convaincus. Le succès de certaines écoles qui misent sur un enseignement bilingue en est la preuve.

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Suivant cette tendance, une toute nouvelle école secondaire va ouvrir ses portes à Versoix (GE) en septembre prochain: la Geneva English School (GES). Fondée en 1961 à Vésenaz et installée depuis 1989 dans un superbe domaine à Genthod, elle s’était jusqu’ici cantonnée à l’école primaire. «Cela fait plus de cinq ans que nous avions le projet d’ouvrir une école secondaire vu le succès de notre école primaire (le nombre d’élèves a grimpé de 160 à 290 ces dernières années) et la nécessité d’inaugurer un nouveau bâtiment en 2013. Les gouverneurs de notre association sans but lucratif ont souhaité offrir la même qualité pour les jeunes entre 11 et 18 ans», résume Tim Meunier, directeur de la GES.

Un classe pionnière l'an dernier

Les élèves travailleront en vue de l’obtention, à l’âge de 17 ans, de l’IGCSE (International General Certificate for Secondary Education). «Le curriculum national anglais et ses qualifications sont reconnus dans les meilleures universités du monde. En combinant ces qualifications avec des méthodes d’apprentissage motivantes et collaboratives, dans un environnement à la pointe, et avec l’esprit GES, nous sommes absolument convaincus que nous parviendrons à former des personnes prêtes à conquérir le monde de demain», s’enthousiasme le directeur. 

Il est vrai que cette «petite» école ne s’est pas contentée d’offrir un cursus plus large, elle vient aussi d’investir dans son environnement. Elle a mandaté l’architecte néerlandais Dirk Jan Postel, associé de Kraaijvanger Architects aux Pays-Bas, spécialisé dans les établissements pédagogiques, pour concevoir les espaces intérieurs de l’établissement secondaire: «L’espace n’est pas seulement conçu pour que les enfants intègrent des savoirs, mais aussi pour leur permettre de coopérer, d’être créatifs au sein d’un groupe,et d’apprendre à apprendre.»

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Une classe pionnière a été conçue l’an dernier sur le campus de l’école primaire à Genthod. Elle remporte un franc succès avec son ordonnancement de pupitres qui offre davantage de souplesse, avec surtout un espace cocon, dénommé le Cube, formant «une pièce à l’intérieur de la pièce» et destiné à la lecture, à l’étude ou aux discussions plus décontractées. A cela s’ajoute un mur blanc (en fait un mur et un sol servant de tableau blanc) sur lequel les élèves peuvent partager des idées et des enseignements. «Les enfants apprécient cette classe car ils ont moins l’impression d’être à l’école.» La majeure partie de ces éléments seront récupérés et adaptés pour l’école secondaire. 

Trois classes ouvriront dans un premier temps à la rentrée prochaine, pour les adolescents de 11 à 14 ans. «Nous croyons qu’au XXIe siècle les enfants auront des métiers qui n’existent pas encore: d’où la nécessité de développer la créativité et le travail collaboratif. Ils doivent sentir en eux la motivation d’apprendre. Il faut les stimuler.» Précisons que 80% de l’enseignement est effectué en anglais. Tim Meunier aime à parler «d’espace d’apprentissage» plutôt que d’école. 

Deux profs dans la même classe

Consciente que l’anglais est la langue des échanges internationaux et «qu’apprendre cette langue à un âge précoce est un vrai tremplin pour une suite de scolarité à succès», l’Institut international Notre-Dame du Lac à Cologny (GE) a décidé de doubler son enseignement d’anglais dès la rentrée 2017. Dirigée par Laurent Gallien, l’école privée genevoise vient de fêter son 70e anniversaire. 

Plusieurs heures hebdomadaires seront consacrées à l’apprentissage de l’anglais dans l’ensemble des niveaux sous une formule de coéducation. Dans la même classe, deux professeurs, l’un de langue maternelle anglaise et l’autre titulaire, donneront des cours d’histoire, de géographie et de sciences. «Cette approche reconnue permet un meilleur encadrement, un suivi plus individualisé et une approche différenciée facilitée», explique le directeur. Avec sept niveaux, l’institut accueille près de 400 enfants dès 3 ans et issus de 32 nationalités. 

Interrogé, Alain Moser, directeur de l’école du même nom, mise quant à lui sur un enseignement immersif des langues pour gagner en efficacité. «Il ne faut pas tout miser sur l’anglais, l’allemand est également indispensable en Suisse. Dès la 5e Harmos (ex-3e primaire), nous avons 10 heures de cours en allemand au lieu d’une seule heure dans le secteur public. Nous avons recréé des conditions proches à celles d’un déménagement à l’étranger. Ainsi, depuis cette année, nous avons 10 heures de cours en anglais (dont les mathématiques), 10 heures en allemand (dont la géographie) et 13 heures en français.»

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