Les astuces du meilleur sommelier du monde 2013

Le Suisse Paolo Basso a remporté le concours du meilleur sommelier du monde en mars 2013. Rencontre avec cet expert du vin qui nous livre ses conseils.

D’où vous vient cette culture du vin ?

 

Dans ma famille, nous n’avions pas de tradition vitivinicole. Néanmoins, mon grand-père cultivait une petite vigne et mettait en bouteille du vin qu’il assemblait lui-même. Il portait une grande attention à la mise en bouteille et c’était un moment important pour nous. Ensuite, j’ai eu mon premier contact avec le vin à l’Ecole hôtelière. Ce qui m’intéressait, c’était surtout les étiquettes. C’était comme des cartes postales provenant de différentes régions du monde.

Selon vous, à partir de quel âge apprécie t-on vraiment le vin ?

 

Je pense que l’on apprécie le vin après trente ans. Car quand on est jeune, on n’aime ni l’acidité ni les tanins qui font le charme d’un grand vin. L’homme a besoin d’une certaine sagesse pour déguster le vin car c’est un produit complexe qui donne, mais qui demande aussi beaucoup d’attention.

Quels sont les ingrédients pour faire un vin exceptionnel ?

 

Il faut déjà un grand terroir. Mais aussi de grands cépages, un climat qui soit voué à faire mûrir les raisins, et au centre de tout cela il faut l’homme avec son expertise et sa maîtrise. L’homme doit pouvoir gérer tous ces éléments de manière intelligente.

2013, c’est un bon millésime ?

 

Cela dépend du pays. En Suisse, certains Tessinois et Valaisans sont contents de ce qu’ils ont vendangé. En France, les Champenois sont très contents du millésime 2013. Dans le sud, la Vallée du Rhône et dans le Languedoc, c’est un millésime aussi très intéressant. Par contre, j’ai cru comprendre que c’est plus difficile en Bourgogne et dans le Bordelais.

Et quels sont les grands millésimes ?

 

Cela dépend aussi de la région. Mais par exemple dans le Bordelais, la presse a recensé 2000, je pense juste à cause des trois zéros sur l’étiquette. J’ai personnellement toujours eu plus de déceptions en 2000 que de découvertes. Par contre, 2001, qui est passé inaperçu, est un grand millésime. Par exemple, dans le Piémont, c’est un des plus grands millésimes, tout comme 2004, passé aussi inaperçu. Sinon, les grandes années sont, surtout dans le Bordelais, 2005, 2006, 2009 et 2010.

Quels accords mets/vins suggérez-vous avec ces produits de fêtes de fin d'année?

 

Avec du foie gras : surtout pas de vin doux mais plutôt un vin effervescent, suisse ou provenant de Champagne, bien mûr, bien complexe.

Avec des huîtres : Soit des Sauvignons, soit des Petites Arvines ou un vin mousseux sec (champagne).

Avec du saumon : Traditionnellement, au Nord, on boit du whisky avec du saumon. Il faut donc des vins plus costauds. On peut choisir par exemple un sherry sec.

Avec la dinde aux marrons : Il faut un vin avec peu de tanin, mais aussi un peu de sucre résiduel ou tout au moins une belle souplesse. Je pense que les pinots noirs sont appropriés. On peut également déguster avec la dinde des vins rouges de vendanges sûr mûries, mais il faut faire attention qu’ils n’aient pas trop de tanins.

Avec la bûche : Il faut un vin blanc doux. Pour moi, les meilleurs vins doux du monde proviennent du Valais. Amigne, Petite Arvine ou Marsanne vont très bien.

Avec le chocolat : Il faut un vin rouge sucré ou ambré de Suisse. Sinon, il y a le Vin Santo de Toscane, le Banyuls ou encore du porto ou du sherry.

 

 

 

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."