Le tourisme est une mine d’or pour les saisonniers en Suisse

Alors que la saison estivale débute, de nombreux actifs vont effectuer leur transhumance: le tourisme constitue une réserve importante d'emplois saisonniers en Suisse. Avec plus de 140'000 équivalent temps plein dans le secteur du tourisme, la Suisse est portée par son troisième secteur économique. Une météo maussade ou un taux de change défavorable et ce sont des milliers d'emplois menacés.

Mais le pays peut s'appuyer sur des bases solides pour maintenir son attractivité. Et si le dynamisme économique booste le tourisme d'affaires tout au long de l'année, l'été reste un temps fort pour les différentes branches du secteur touristique. D'où des besoins accrus en main-d’œuvre.

74'000 emplois dans l'hôtellerie

«L’hôtellerie à elle seule occupe plus de 74'000 personnes, dont plus de la moitié sont des femmes», constate-t-on chez hotelleriesuisse. Or, si les établissements urbains ont des besoins quasi constants au fil de l'année, d'autres hôtels connaissent de vrais pics d'activité durant l'été et doivent donc adapter leurs effectifs à ces pics d'activité.

Au Chalet RoyAlp Hôtel & Spa situé à Villars-sur-Ollon, les équipes sont ainsi renforcées durant l'été: «Nous avons près de 25 équivalent temps plein en emplois saisonniers pour la saison estivale. Nous en recrutons une première vague de mai à octobre, puis un second contingent pour mi-juin à mi-septembre», explique Steve Bignon, directeur des opérations de l'hôtel.

Avantage économique, contrainte pour la qualité

Au niveau des profils, pas de candidat-type: Il y a aussi bien des gens sans formation, pour le service des étages notamment, que des personnels diplômés au spa, avec des qualifications élevées pour les soins. Nous recrutons aussi bien pour ces deux domaines que pour la réception, le service ou la cuisine, ajoute Steve Bignon.

Un trait largement partagé par tous ces saisonniers: la forte prédominance des employés étrangers, français, italiens et portugais surtout. Mais si le directeur du Chalet Royalp reconnaît l'avantage de cette main-d'oeuvre flexible en termes économiques, il rappelle qu'elle représente aussi une contrainte: «A chaque nouveau saisonnier, il faut du temps pour former la personne; il y a un temps d'adaptation et logiquement quelques lacunes en terme de qualité au départ», nuance-t-il.

Des hôtels aux bassins de piscines

Mais l'hôtellerie n'est pas le seul secteur concerné par ces embauches temporaires. De nombreuses activités sportives ou de loisirs requièrent des personnels d'encadrement, de surveillance, d'animation ou de nettoyage.

Ainsi, à l'Aquaparc du Bouveret, les effectifs doublent pendant l'été, passant de 50 à une centaine de collaborateurs entre la saison hivernale (octobre à mai) et la haute saison.

«En plus des surveillants de baignade, nous recrutons du personnel de service pour la restauration et la vente, et quelques renforts pour le personnel d'entretien,... Nous devons nous adapter car les trois mois d'été génèrent tellement de fréquentation que nous réalisons 40% du chiffre d'affaires annuel», précise Christophe Gilbert responsable des opérations du parc.

Polyglottes et avec des personnalités

Pour la sécurité aquatique, les candidats doivent impérativement être titulaires des diplômes reconnus. Pour les autres postes, les qualifications ne sont pas exigées, mais nous avons besoin de gens qui seront l'image de l'Aquaparc en étant en contact direct avec nos clients: nous voulons donc des gens polyglottes et avec des personnalités, ajoute Christophe Gilbert.

Pour lui, pas de doute: «C'est cette flexibilité qui nous permet de fonctionner. Comment envisager passer de 7000 à 22'000 m2 pendant quelques mois sans avoir ces renforts qui sont parfois des étudiants, parfois des personnes en recherche d'un emploi temporaire?» interroge le responsable des opérations.

Le nombre de saisonniers, reflet de la météo

Dans le secteur des remontées mécaniques, la saison hivernale requiert davantage de personnel que la saison estivale: 12'231 places de travail (employés à l’année et saisonniers) contre 5354 en été. Mais là aussi des recrutements sont opérés sur certaines lignes de trains à crémaillère notamment qui ne fonctionnent pas en hiver et reprennent du service en été.

Mais, tandis que le nombre de collaborateurs est resté relativement constant ces dix dernières années dans les remontées mécaniques, le nombre de travailleurs saisonniers reflète un peu plus fortement les conditions météorologiques (abondance de la neige en hiver, soleil et douceur en été).

La présence des stagiaires

Enfin, les emplois saisonniers constituent souvent aussi un marchepied vers l'emploi pour de nombreux stagiaires. Ainsi, dans l'hôtellerie-restauration, les emplois saisonniers servent souvent d'expérience de terrain pour les jeunes en formation ou fraîchement diplômés.

«Au Chalet RoyAlp Hôtel & Spa, nous avons un stagiaire par département: ils viennent pendant quelques mois et découvrent l'univers du travail. C'est une démarche qui n'est pas exactement la même que d'autres emplois saisonniers car eux cherchent à s'intégrer à la branche sur le long-terme», détaille Steve Bignon.

Une démarche loin d'être partagée par tous les saisonniers. Souvent, la volonté de concilier emploi (et donc rémunération) et cadre de vie dépaysant (montagne, sites de baignade) joue un grand rôle dans ce choix. Mais chacun y trouve en général son compte, tant du côté des employeurs que des salariés.

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