Le «printemps» de l'emploi reste fragile

Le chômage a baissé en mars en Suisse. Chef suppléant de la Direction du travail au secrétariat d'Etat à l'économie, Dominique Babey reste prudent sur ce recul saisonnier. Dans le contexte de hausse conjoncturelle du chômage en Suisse depuis plusieurs mois, mars marque une accalmie. Au cours du mois écoulé, l'emploi est reparti à la hausse (7008 demandeurs d'emploi de moins qu'en février). Une embellie à relativiser pour Dominique Babey, chef suppléant de la Direction du travail au secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), car elle relève avant tout d'un besoin de main d'oeuvre dans des activités saisonnières.




Tribune de Genève - Quels sont les secteurs qui portent cette reprise de l'emploi?

Dominique Babey - Cette baisse est saisonnière. N'oublions pas que sur douze mois, la tendance reste à la hausse. Si nous assistons à un léger reflux en mars, c'est avant tout dû à un certain nombre d'activités saisonnières. Ainsi, la situation s'améliore sur le front de la construction (-14%), de l'agriculture (-18%) et de la restauration (-5%). Cependant, dans la métallurgie et l'électronique, l'emploi continue de se dégrader. De manière générale, le secteur secondaire reste sinistré. Et cela se voit géographiquement. Dans le canton de Neuchâtel, où l'industrie reste très présente, l'amélioration est plus timide que dans le Valais ou le canton de Vaud.

En Romandie justement, l'amélioration est plus notable que dans le reste du pays. Comment expliquer ce regain de forme?

Traditionnellement, le taux de chômage est plus élevé dans les cantons romands que dans les cantons alémaniques. Là, le différentiel diminue légèrement à la faveur de cette baisse saisonnière. Mais de là à ce qu'il s'estompe sur la durée, nous n'en sommes pas encore là. Pour Neuchâtel, seuls 178 chômeurs de moins sont inscrits en mars par rapport à février: les industries présentes dans le canton relèvent de branches qui souffrent beaucoup du refroidissement conjoncturel de l'activité. Le canton romand qui s'en sort le mieux ce mois-ci, c'est le Valais, avec une prépondérance pour les secteurs agricole et de la restauration.

Vous évoquez une embellie saisonnière dans un contexte de refroidissement conjoncturel. Peut-on envisager un retournement durable de la tendance?

Pour mars, ça va mieux qu'en février. Et même mieux que les prévisions que nous ne l'envisagions en début d'année. Mais cela reste fragile et ça peut aller très vite dans les deux sens. Nous restons très attentifs à l'évolution de l'euro par rapport au franc suisse: si les exportations reprennent, les carnets de commandes dans l'industrie vont vite se remplir et les embauches de personnel qualifié peuvent repartir. Les entrepreneurs semblent optimistes quant aux exportations.

Mais la situation sur le marché des devises reste tendue. Il convient de rester prudent: le mois de mars ne doit pas être vu comme un retournement conjoncturel, mais nous dirons que l'emploi va moins mal que prévu.

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