Le patronyme influe sur le poste hiérarchique

Et si un nom prestigieux et facile à prononcer favorisait l'obtention d'un poste hiérarchique plus élevé? C'est ce qui ressort d'une étude réalisée en Allemagne sur la corrélation entre patronyme et fonctions en entreprise. Et s'il était plus facile d'obtenir un poste hiérarchiquement élevé en s'appelant Monsieur Prince ou Madame d'Argent que si l'on porte un nom moins valorisant? Le magazine Psychological Science fait état d'une étude menée en Allemagne sur les liens entre le patronyme et les fonctions occupées au sein d'une entreprise.

Les Kaiser, Prinz ou autres titulaires de noms nobles («von...») sont-ils prédestinés? En tout cas, Raphael Silberzahn, du département comportement organisationnel et systèmes d’information de l'Université de Cambridge, et Eric Luis Uhlmann, du département Management et ressources humaines de HEC Paris, ont déterminé que ceux-ci occupent des postes hiérarchiquement supérieurs à ceux dont le nom est plus commun, voire peut être relié à des faits du quotidiens (et de citer l'exemple du patronyme Sosse, qui signifie sauce).

Les noms nobles aux postes de direction

«Parmi les Allemands portant des noms à sonorité noble, nous avons trouvé en moyenne 2,7% de postes de directions de plus qu’attendu», écrivent les deux chercheurs, qui ont analysé 84 noms de famille différents portés par près de 223'000 employés.

«Ce phénomène se produit bien que porter un nom de famille à sonorité noble n’indique en aucun cas que la personne possède un titre de noblesse», affirment les deux auteurs de l'étude.

Mais si la présence de personnes au patronyme noble (ou faisant référence à l'aristocratie) peut également s'expliquer par les réseaux de gens issus de milieux favorisés, d'autres types de patronymes peuvent favoriser ou brider les carrières des employés qui les portent.

Les noms de métiers renvoient à ces activités

Ainsi, Raphaël Silberzahn et Eric Luis Uhlmann ont observé que les Allemands portant un nom de famille se référant à une des quatre professions les plus courantes (Koch soit cuisiner, Bauer soit fermier, ou encore Becker/Bäcker soit boulanger), voire ne se référant à aucun rôle particulier, comptaient 1,1% de postes de direction en moins que la moyenne de la population.

Selon eux, cet écart pourrait s'expliquer par «une association cognitive»: le nom étant lié à un statut dans l'esprit des gens renverrait ces derniers à cette activité; il pourrait ainsi «déborder sur son porteur et avoir des conséquences professionnelles».

Pour que cet impact soit effectif, les deux chercheurs posent toutefois une condition: que l'activité à laquelle le patronyme renvoie vers un métier encore pratiqué. Ainsi, les Wagner (fabricants de chars ou de wagons) ne se voient pas handicapés par leur nom.

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