La réforme Monnaie Pleine: catastrophe ou espoir pour la Suisse et le monde?

Réponse de Christian Gomez, économiste et ancien banquier, à l'article de Jan Langlo, directeur de l'Association de banques privées suisses.

Dans son article, M. Langlo se permet de porter un jugement péremptoire et définitif sur la Réforme Monnaie Pleine (MP), dont les bases ont été établies par les plus grands économistes de tous les temps. Il ne fait donc que tenter de démolir d’une manière désordonnée et rageuse une proposition qu’il perçoit comme une menace, alors que les institutions qu’il représente, les banques privées, fonctionnent déjà comme la Réforme voudrait que toutes les banques fonctionnent ! 

Financement de l’économie et amalgame : Armé d’une présentation nébuleuse du multiplicateur de crédit, l’auteur assimile sans complexes toutes les formes de crédit : le crédit bancaire créateur de monnaie (dépôts à vue) et le crédit financé par une épargne (dépôts d’épargne, titres, obligations). Seul le premier est l’objet de la réforme car il est créateur d’un pouvoir d’achat nouveau, créé ex nihilo par des opérateurs privés (les banques), qui (1) distord le fonctionnement de l’économie, (2) crée un risque systémique, (3) génère l’instabilité économique en fonction de l’appétit de crédit des emprunteurs potentiels et des banques; (4) fait bénéficier les banques commerciales d’une rente illégitime (intérêts sur des sommes créées par elles). Autant de tares que la réforme permet de supprimer.

Réforme Monnaie Pleine, bureaucratie et apocalypse: M. Langlo a oublié que cette réforme a été d’abord promue par… des libéraux. Aucun des maux redoutés n’a une quelconque réalité : (1) Aucun manque de crédit ou dérapage des taux d’intérêt, ni au jour de la mise en œuvre, ni en régime de croisière (création de monnaie BNS->revenu->épargne->crédits) ; (2) Aucune interférence de la BNS dans la distribution du crédit, rôle totalement dévolu aux banques comme «purs» intermédiaires financiers; (3) perte de la rente monétaire des banques commerciales restituée à la collectivité et ouverture générale à la concurrence de tous les acteurs. Voilà la réalité de la réforme et non la description cauchemardesque de M. Langlo.

Réformes bancaires actuelles, réforme Monnaie Pleine et bureaucratie: rn fait, où se trouve l’enfer bureaucratique aujourd’hui? Nul besoin de chercher, M. Langlo le décrit sans s’en apercevoir en louant toutes les mesures prises pour parer à toutes les déficiences et tares du système actuel et qu’illustre de manière caricaturale l’exemple américain: 13789 pages de règles, créées par plus de 10 législateurs et 6 agences. Avec pour résultat un coût prohibitif de l’intermédiation financière. Du côté Monnaie Pleine, des risques éradiqués (crise systémique) ou largement atténués qui permettront des économies de fonctionnement substantielles et une pleine régulation par le marché…. En même temps qu’elle permettra de sortir des impasses créées par les politiques monétaires actuelles.

Contrairement aux vues pessimistes de M. Langlo, avec la réforme Monnaie Pleine, c’est un immense espoir qui se fait jour aujourd’hui en Suisse, pour son peuple mais aussi pour son économie et sa place financière.

* Docteur d’Etat en Sciences Economiques et ancien élève de Maurice Allais, Christian Gomez a d’abord suivi une carrière universitaire - Maître de Conférences à l’Université de Rennes - avant de rejoindre en 1983 le secteur bancaire où il a exercé des hautes responsabilités dans l’activité de Banque d’investissement d’une grande institution financière internationale tant en Europe – Paris, Londres et Zürich - qu’en Asie – Tokyo et Hong-Kong). Retiré des affaires, il vit aujourd'hui en Suisse, dans le canton de Fribourg.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."