L’Insead, les recettes du leader mondial

Le «Financial Times» place le MBA de l’Institut français en tête de son classement pour la deuxième année consécutive. Son doyen prône la diversité et l’ouverture au monde.

De la part d’une institution française, c’est un exploit. Devançant les établissements anglo-saxons mondialement connus que sont Stanton, Wharton ou la London Business School, l’Insead se place en tête du classement 2017 des meilleurs MBA du monde du très britannique Financial Times (FT). Basé à Fontainebleau près de Paris, l’Insead (Institut européen d’administration des affaires) dispose de deux autres campus à Singapour et Abu Dhabi. 

Sa place de leader mondial, obtenue pour la deuxième année consécutive, suit l’entrée en fonction en 2013 d’un nouveau doyen, Ilian Mihov. Professeur à l’Insead depuis vingt ans, ce Bulgare cosmopolite a décliné un poste de premier ministre dans son pays d’origine pour prendre la tête de l’institut. 

A Singapour, l’économiste détaille les raisons de ce succès à Bilan: «Beaucoup de nos diplômés travaillent par la suite dans les marchés émergents, un choix qui dope leur salaire. En outre, l’Insead a progressé en recherche avec la publication de nombre d’articles à fort impact dans le monde académique.»

Le classement du FT repose notamment sur le retour sur investissement d’un MBA. D’après les calculs du quotidien britannique, la formation, qui coûte 77  000  euros, conduit à une rémunération annuelle de 158  389  euros trois ans après l’obtention du diplôme. Ce salaire représente quasiment le double de ce que les alumni gagnaient auparavant. L’Insead coiffe ainsi Stanford, Wharton et Harvard qui proposent des cursus plus longs que l’institution française. Accélérateur de carrière, l’Insead révèle aussi une vocation d’entrepreneur: près de la moitié de ses anciens créent leur propre compagnie une fois leur MBA en poche.

Basé à Singapour avec sa famille depuis des années, Ilian Mihov dirige l’Insead depuis le Sud-Est asiatique, bien que le siège reste situé à Fontainebleau. «Nous nous voyons comme un organisme global qui conserve ses racines européennes. Nos prédécesseurs ont fait un travail de visionnaire en ouvrant des activités en Asie dès les années 1970.»

Un des piliers de la culture propre à l’Insead réside dans la mixité des étudiants. «Nous pensons que la diversité est source de créativité. Si vous rencontrez des gens différents de vous, vous allez être défié et donner le meilleur de vous-même, poursuit Ilian Mihov. Il y a plus de 90 nationalités chez les étudiants et aucune ne dépasse les 10% de l’effectif total. Dès le départ, la proportion de Français a été limitée à 30% des inscrits.»

Bâtisseur de ponts

La diversité de genre constitue une autre priorité. Le doyen reprend: «La proportion de femmes a doublé en quinze ans pour grimper à 38% des participants. Chez les Américains, nous accueillons 45% de femmes et, chez les Chinois, 60%. Mais elles ne sont que 10 à 15% chez les Européens. Sur les neufs derniers inscrits venus de Suisse, nous n’avons qu’une seule femme.»

L’Insead revendique une mission de bâtisseur de ponts depuis ses débuts. «Quand l’institut a été créé en 1957, notre fondateur Georges Doriot voulait surtout réunir Britanniques, Français et Allemands, en plus de développer la science du management. Ce professeur à Harvard puis général de l’armée américaine souhaitait encourager les Européens à travailler ensemble plutôt que de se battre.» 

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