L’Ecole-club Migros rayonne sur Genève

L’institution de formation a pris début septembre ses nouveaux quartiers à Pont-Rouge. Zoom sur une offre sans cesse renouvelée qui mobilise quelque 400 collaborateurs.

Inaugurés le 3 septembre dernier, les nouveaux locaux de l’Ecole-club Migros Genève regroupent sur un même site les deux centres préexistants, soit Balexert et rue du Prince (un ancien bâtiment de logements peu adapté à l’enseignement moderne). Onze millions de francs ont été investis par la coopérative genevoise pour offrir les équipements les plus actuels à sa clientèle. Près de 50 salles de cours de taille variable sont réparties entre le 2e et le 7e étage du premier gratte-ciel sorti de terre à Pont-Rouge, face aux Ports Francs de Genève et au parking de l’Etoile. 

Plus de 500 000 francs ont été dépensés pour installer des écrans interactifs dans quasiment chaque salle. Cela permet aux élèves de retrouver tout ce que l’enseignant a écrit sur l’écran sous forme de PDF, via une application. Plus besoin de prendre de notes: il suffit de prendre en photo le QR code du «tableau blanc». Les personnes absentes peuvent consulter les notes d’où elles veulent. «J’essaie de faire marcher cette école sur deux jambes. Jusqu’à très récemment, cela suffisait d’avoir une table, des chaises et des élèves. Nous marchions sur une jambe. C’était bancal. Si cette évolution n’était pas intervenue, nous aurions perdu la main au niveau de la compétence et de la digitalisation», résume Jacques Clergeot, directeur de cette école qui compte environ 20 000 étudiants rien que sur Genève. 

L’Ecole-club Migros est une école à part. Elle parvient à fonctionner grâce au soutien du groupe Migros via le fameux Pour-cent culturel. Cette subvention est prélevée sur le bénéfice de la Coopérative Migros-Genève, qui verse ainsi environ 3,5 millions de francs pour soutenir l’Ecole-club. «Quand un client paie 100 francs pour un cours, Migros en met 30 pour que le cours puisse avoir lieu», observe le directeur. Le budget de fonctionnement de l’Ecole-club Migros Genève s’élève à environ 13,5 millions de francs.

«Nous avons 350 enseignants qui travaillent pour nous au moins à tiers-temps (soit 10 h par semaine). Nos salaires horaires sont souvent jusqu’à deux fois plus élevés que dans certaines petites écoles privées, sans compter les avantages sociaux. Au final, nos charges sont très importantes, ce qui nous empêche parfois d’être compétitifs pour remporter certains appels d’offres d’entreprises.» Parmi les mandats récemment remportés, se trouve la formation de tous les fonctionnaires genevois aux outils bureautiques (Excel, Word…). Ils vont tous venir par groupe durant la journée. Parmi les autres mandats, citons ceux liés à la validation des compétences linguistiques. L’Ecole hôtelière de Genève, Medicines for Malaria Venture ou encore la School for International Training (SIT) font appel à l’Ecole-Club Migros. Marie Cassegrain est chargée de cette clientèle (entreprises et institutions). 

Le segment des cours de langues représente environ 50% du chiffre d’affaires. Cela concerne une vingtaine de langues différentes, dont le suisse allemand. 

Le deuxième segment concerne les formations professionnelles, où l’Ecole-club se retrouve en concurrence avec l’Ifage à Genève, soit une fondation de droit privé à but non lucratif qui reçoit des aides cantonale et communale. Cela va de diverses formations comptables à des modules axés sur les RH, par exemple. «La plupart de ces formations sont diplômantes et reconnues par le Conseil d’Etat genevois. Avant de pouvoir les organiser, certains cours ont nécessité une validation d’une année», observe Jacques Clergeot. Parmi les nouveautés: «préparer votre naturalisation» (12 périodes) ou encore «l’e-réputation en entreprise» (4 périodes).

Le 3e segment porteur rassemble les activités regroupées sous l’intitulé «culture & créativité». Elles concernent, par exemple, l’apprentissage de l’aquarelle, l’initiation à la magie, l’autohypnose, la reliure, la découverte du design de jeux vidéo ou de la cuisine avec les insectes en partenariat avec la société Verso Good.  En attendant d’avoir un élevage opérationnel et autorisé à Genève, cette startup fait venir ses insectes du seul et unique élevage autorisé en Suisse, situé dans le canton de Lucerne. 

«Des expériences fondamentalement humaines»

L’Ecole-club se différencie d’autres écoles par son ADN de «mise en relation des gens». «Nous avons un cours d’italien dont les participants sont les mêmes depuis quinze ans. Chaque année, ils partent ensemble visiter une ville italienne. Dans certains cours de sport, certaines viennent pour passer du temps entre bonnes copines et créent des groupes WhatsApp pour organiser des repas ensemble. Au cours de reliure sur cuir, un de nos fidèles participants est âgé de 92 ans. Nous vivons des expériences fondamentalement humaines», se réjouit cet ancien professeur d’université arrivé à l’Ecole-club voilà dix ans. 

Chaque année, le portfolio de cours est analysé et revu. L’apprentissage de certaines langues balkaniques a été abandonné lorsque l’Etat a jugé que cela n’était plus indispensable pour les policiers. Autre exemple, la zumba. Cette danse très tendance en 2014 commence à passer de mode et la liste d’attente n’existe plus. L’offre de cours destinée aux enfants n’est pas non plus jugée prioritaire à l’Ecole-club. Cela étant, on trouve tout de même une vingtaine de cours s’adressant à ces publics: cuisine dès 7 ans, céramique dès 7 ans, bandes dessinées dès 10 ans, théâtre d’improvisation (8-12 ans), photographie spécial réseaux sociaux (12-17 ans) ou encore maquillage pour ados. Bref, rien ou presque ne semble échapper à l’Ecole-club Migros. 

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