Informatique: «Nous sommes en retard»

Le PLR Alexandre de Senarclens défend la motion proposée par des députés afin d’introduire des cours de codage pour les élèves genevois.

Certains pays ont été précurseurs dans l’enseignement de l’informatique à l’école.

En Suisse, le nouveau plan d’études alémanique va dans cette direction. Les élèves doivent non seulement apprendre à utiliser les outils informatiques usuels, mais également à acquérir des connaissances de base en informatique. Le plan d’études romand est moins abouti sur ce point, même si les technologies de l’information ont été progressivement intégrées depuis 2011.

Dans le canton de Genève, une motion a été déposée et doit être évaluée au printemps. L’idée est notamment d’étudier la possibilité d’instaurer des cours de codage à l’école. Intitulée «Révolution 4.0: pour une école en harmonie avec son temps», elle est portée par un groupe d’une dizaine de députés PLR, dont Alexandre de Senarclens, candidat au Conseil d’Etat, qui en précise les objectifs.

Pourquoi cette motion?

Du côté de Genève, et même de la Suisse, nous sommes en retard pour l’enseignement de l’informatique à l’école. Cela ne veut pas dire qu’il faut sacrifier les enseignements essentiels et fondamentaux, mais il nous semble également important de donner aux enfants les moyens de comprendre le monde numérique qui nous entoure. Il faut faire en sorte qu’ils aient un regard critique et ne soient pas des utilisateurs passifs des technologies. 

Cela passe par des supports dématérialisés dans les classes?

Pas nécessairement. L’idée n’est pas de faire un enseignement «gadget», en se disant qu’avec une tablette entre les mains les enfants vont comprendre son fonctionnement. Nous souhaitons aller plus loin.

C’est-à-dire?

L’objectif est d’enseigner les logiques de l’informatique, du codage, des algorithmes. De donner des clés sur l’envers du décor en quelque sorte. Il s’agit aussi de sensibiliser les enfants à ces matières, pour qu’ils puissent éventuellement choisir de s’orienter dans cette voie plus tard, sachant que nous manquons d’ingénieurs et de spécialistes de l’informatique.

A quel âge ce type d’enseignement peut-il débuter?

On peut l’envisager dès l’école primaire, vers 7 ou 8 ans. Il appartient au Département de l’instruction publique de construire la stratégie, mais il y a malheureusement assez peu de volonté politique à l’heure actuelle. Notre retard peut aussi être un avantage, dans le sens où l’on peut s’inspirer de ce qui a été fait à l’étranger afin de voir les recettes qui fonctionnent.

Et pour les enfants plus âgés?

C’est également très important. A plusieurs niveaux. Que ce soit pour les sensibiliser au cyberharcèlement ou aux fake news et leur donner des clés pour comprendre un monde qui change rapidement. Il s’agit aussi de leur orientation et de leur avenir professionnel, à l’heure où plusieurs métiers sont menacés de robotisation. Enfin, il s’agit tout simplement de leur ouvrir l’esprit sur ce qui fait déjà partie de notre quotidien comme les réseaux sociaux, les smartphones, le vote électronique, les paiements en ligne ou encore le big data.

Certains parents estiment que les élèves ont déjà beaucoup de cours et de travaux à la maison… Comment intégrer l’informatique en plus?

Les modalités exactes restent à définir, mais je pense qu’il faut être pragmatique, en effet, pour éviter toute surcharge. Par exemple en intégrant l’informatique à des matières existantes, pour l’enseignement théorique ou pour des exercices pratiques. L’avantage est que l’informatique et le numérique sont des domaines très transversaux. Les bases du code peuvent par exemple être combinées avec des cours de mathématique. Même s’il faut aussi trouver des enseignants compétents dans l’informatique spécifiquement. 

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