Ces masters qui lient plusieurs domaines

Responsables de la sécurité, avocats, enquêteurs, entrepreneurs… En prise avec un monde devenu plus complexe, les professionnels bénéficient désormais d’enseignements pluridisciplinaires.

Face à la digitalisation de l’ensemble des secteurs, la Suisse s’affirme comme une place de premier plan en termes d’adaptation de la formation aux dernières évolutions. Les maîtrises pluridisciplinaires se profilent comme la réponse de l’enseignement à un monde toujours plus complexe. Dominer une seule branche ne suffit plus à résoudre les problèmes. C’est pourquoi de multiples institutions offrent aujourd’hui des cursus qui intègrent différents domaines afin de former des spécialistes plus compétents. 

Proposée par l’Université de Lausanne (UNIL), la maîtrise universitaire en droit, criminalité et sécurité des technologies de l’information conjugue les enseignements de trois institutions. La Faculté
de droit, des sciences criminelles et d’administration publique, l’Ecole des sciences criminelles et HEC Lausanne collaborant depuis 2002 déjà. «Cette maîtrise, suivie par des étudiants en droit, de même que des étudiants en sciences économiques comme en sciences criminelles, a eu un succès constant. Elle offre des débouchés aux juristes et économistes spécialisés dans le domaine informatique, qui trouvent des emplois dans les moyennes et grandes entreprises et les métiers de l’enquête judiciaire», rapporte Laurent Moreillon, doyen de la Faculté de droit et à l’origine de ce cursus.

Un enseignement donné par des professeurs de facultés différentes élargit le champ des perspectives. Selon Laurent Moreillon, cette extension constitue un avantage certain pour leur carrière. Ils ont en outre dès leurs études la possibilité de densifier leur réseau. Forte de ce succès, l’Université de Lausanne a également mis sur pied un master en droit et économie afin de relever le défi de la complexification des affaires de criminalité en col blanc. 

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«Pour offrir des formations sur mesure, il nous faut réunir des intervenants pertinents issus de différents domaines de connaissances.» Directeur de l’Académie de police de Savatan, le colonel Alain Bergonzoli a déjà de nombreuses années de pratique dans l’approche pluridisciplinaire. «En 2011, nous avons lancé une formation en gestion de crise destinée aux patrons de PME comme de multinationales. Celle-ci a déjà été suivie par environ 150 personnes, dont certaines sont venues de l’étranger.»

Organisé avec le Centre patronal à Paudex, ce module conjugue des approches juridique, organisationnelle et de communication. Le but est de parvenir à surmonter une situation potentiellement explosive, comme une cyberattaque des systèmes informatiques ou une attaque sur la réputation à la suite d’une faille de production. 

«Ce succès nous a conduits à développer l’offre pluridisciplinaire en lançant en 2012 un CAS – l’abréviation de Certificate of Advanced Studies – en gestion stratégique de la sécurité/sûreté en entreprise. Ce CAS répond à l’évolution de la société car aujourd’hui dans une firme la sécurité joue un rôle aussi déterminant que le marketing ou les ressources humaines», poursuit le colonel Bergonzoli – dont l’institution forme les policiers du Valais, de Vaud et de Genève et les membres de la sécurité militaire. Intégré au système de Bologne et donc reconnu au niveau européen, ce CAS permet d’accéder à un niveau de responsabilité supérieur ou de réorienter sa carrière. Mis sur pied conjointement avec la HEIG-VD (Haute Ecole d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud), ce cours sera suivi cet automne par une quatrième volée.  

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Formation HES-SO (Haute Ecole supérieure-Suisse orientale), le master Innokick regroupe les 15 écoles des domaines économie & services, ingénierie et architecture et design & arts visuels de l’institution. «Nous venons tout juste de terminer la première année académique qui a regroupé 34 étudiants de 7 nationalités différentes. La deuxième volée d’étudiants commence le programme cet automne, tandis que leurs prédécesseurs commencent leur travail de master», indique Luc Bergeron, cofondateur et coresponsable du master Innokick.

Lors de l’élaboration de ce cursus, les professeurs ont pris en compte une étude menée auprès d’une trentaine d’entreprises et d’employeurs potentiels qui valident l’intérêt du marché pour une formation de ce type. «Les entreprises souhaitent que les hautes écoles forment des juniors capables de gérer des projets interdisciplinaires complexes», poursuit Luc Bergeron.  

Les initiateurs du master Innokick veulent permettre aux étudiants de développer des opportunités d’affaires qui correspondent aux besoins réels des entreprises, tout en prenant en compte les attentes des utilisateurs. Le master Innokick ouvre des perspectives dans la création de produits et services, des fonctions qui correspondent aux statuts de chef de produit ou de brand manager. Luc Bergeron relève: «Le diplôme peut aussi amener à l’entrepreunariat et à la création d’entreprise.»

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