«L’acte de corruption est très difficile à prouver»

Détecter un acte de corruption relève du tour de force. L’experte Penelope Lepeudry, associée chez Deloitte, en expose les enjeux.

La corruption figure parmi les principaux obstacles dans le développement des affaires. C’est sur la base de ce constat que le Forum de Davos a présenté son projet PACI – Partnering Against Corruption Initiative – soutenu par le cabinet Deloitte.

L’analyse s’est d’abord portée sur les risques de corruption dans une des industries les plus touchées, celle des infrastructures (ingénierie, immobilier, etc), en se concentrant sur les scénarios possibles de pots-de-vin dans le cadre d’une obtention de permis de construire ou d’un rachat d’un terrain, par exemple. Le projet s’est ensuite penché sur les conditions mises en place par les gouvernements en Inde, puis au Mexique.  

Miser sur la prévention

Parmi les résultats de l’étude, la technologie apparaît comme un facilitateur de la transparence. Le respect de la loi figure également parmi les facteurs à respecter de très près. «C’est une question de perception, explique Penelope Lepeudry, associée chez Deloitte, présente au Forum de Davos. Les citoyens doivent bien comprendre que la loi sera appliquée si le cas de corruption est prouvé. Les citoyens des pays en tête de l’index de lutte contre la corruption, comme la Suisse, comprennent bien globalement les conséquences d’un acte de corruption.»

L’experte en lutte contre la fraude et la corruption, active depuis plus de 20 ans dans le domaine, souligne qu’il est très difficile de «prouver une intention dans le paiement d’un pot-de-vin et de soumettre des preuves de corruption assez fortes pour être admises à la Cour. C’est pourquoi faut miser sur la prévention».

Comment investigue-t-on un acte de corruption dans les secteurs privé et public? Penelope Lepeudry répond. 

L’ONG Transparency International vient de publier son indice sur la perception de la corruption en 2016. La Suisse figure au cinquième rang et gagne deux places par rapport à 2015. Elle est devancée par les pays nordiques et la Nouvelle-Zélande. L’ONG précise que seul le secteur public est scanné, la corruption privée n’étant pas considérée dans cet index. Le directeur de Transparency International pour la Suisse souligne dans le communiqué que les « affaires de corruption ne cessent d’éclater » sur le sol helvétique.

 

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