20’000 femmes mobilisées à Berne pour obtenir l’égalité

Plus de 20’000 manifestants (dont une grande majorité de femmes) ont répondu samedi à l’appel des organisations féministes et des syndicats dans les rues de Berne pour réclamer l’égalité avec les hommes.

Ces dernières années, les manifestations peinaient à réunir plus de 3 à 4000 personnes en faveur de l’égalité femmes-hommes. Est-ce l’effet #MeToo ou le débat actuel sur la révision de la Loi sur l’égalité par le Conseil national qui ont mobilisé bien plus largement? Toujours est-il qu’elles étaient plus de 20’000 ce samedi 22 septembre dans le centre de la ville fédérale.

Leaders des organisations et dirigeants syndicaux, soutenus par l’ensemble des personnes présentes dans le cortège, ont réclamé des mesures plus fortes pour effacer les disparités qui règnent encore dans les faits entre femmes et hommes.

Les femmes gagnent 20% de moins que les hommes

Votée en 1981 et entrée en vigueur en 1996, la Loi sur l’égalité n’est pas parvenue à éliminer certaines inégalités majeures. Les femmes gagnent encore en moyenne près de 20% de moins que les hommes, sont sous-représentées dans les strates décisionnelles des entreprises, de partis politiques et de nombreuses administrations. Sans compter une répartition largement défavorable aux femmes des tâches familiales et ménagères, corroborée par toutes les études sur le sujet, année après année.

Pour contrer ces problèmes, le politique a été sollicité. Le Conseil fédéral avait suggéré que toutes les entreprises de 50 employés au moins doivent procéder tous les quatre ans à une analyse sur leurs pratiques en la matière, surtout en matière salariale et la faire valider par une expertise indépendante. Mais le Conseil des Etats a revu la barre à la hausse en mai et l’a fixée aux sociétés de 100 employés au moins, soit moins de 1% des entités en Suisse.

C’est au tour du Conseil national de s’emparer du projet. Les manifestants ont donc exigé samedi que la barre des 50 employés soit rétablie et que des mesures coercitives (amendes, rétablissement des salaires de femmes sous-payées) ainsi que des outils efficaces (contrôles salariaux obligatoires) permettent de lutter efficacement.

La menace d'une grève en 2019

Or, le combat est loin d’être gagné. La commission de l’éducation au Conseil national a accepté de justesse d’entrer en matière sur le sujet. Et le débat prévu pour ce lundi 24 septembre s’annonce tendu entre les partisans de l’égalité et ceux qui refusent de contraindre les entreprises à adapter leurs pratiques.

Pour des femmes qui perdent en moyenne 600 francs par mois par rapport à leurs homologues masculins (et donc autant pour les familles et pour leur prévoyance professionnelle), la coupe est pleine: si leurs demandes ne sont pas entendues, elles menacent d’observer une grève en 2019 afin de faire avancer les choses.

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