Bilan

Wire, le concurrent suisse de WhatsApp

Après le tollé autour du partage de données entre Facebook et WhatsApp, la plateforme de messagerie basée à Zoug Wire s’érige en défenseur de la vie privée en ligne. Portrait.
  • Chez Wire, les ingénieurs ont développé une méthode de cryptage qui protège les conversations.

    Crédits: Georg Räth
  • Les activités de Wire sont réparties sur deux sites: ici, à Zoug et dans d'autres bureaux sont installés à Berlin.

    Crédits: Georg Räth
  • Disponible chez Apple et Android/Google, l'application a déjà été téléchargée 10 millions de fois.

En septembre, le tollé autour de la nouvelle politique de confidentialité de WhatsApp – soit l’échange de datas avec Facebook, sa maison mère - n’a fait qu’attiser une flamme anti-surveillance  chez les e-citoyens. Climat post-Snowden oblige, les craintes autour de la protection des données sur Internet ne font que s’amplifier. Un sentiment légitime selon l'un des fondateurs de Skype Janus Friis. Ce dernier s'est associé à jonathan Christensen et Alan Duric pour les soutenir dans le projet de Wire.

Leur entreprise, née entre Berlin et Zoug, propose une interface de messagerie chiffrée, open source et intuitive. Avec en prime des appels vidéo de haute qualité, ainsi que le transfert de GIFs colorés. «Wire se veut sûr, design et accessible. Notre but était d’effacer l’utilisation parfois complexe des logiciels cryptés afin d’en faire un outil pour tous», explique Alan Duric, directeur de la technologie et CEO intérim.

Lire aussi: WhatsApp va partager ses données avec Facebook

Depuis son lancement en décembre 2014, l’application a déjà été téléchargée cinq millions de fois sur Androïd. Idem pour iOS. Un succès qui pousse la société de 65 employés à engager 10 nouvelles recrues cet automne. «Notre siège social est en Suisse, car la juridiction autour de la sécurité online y est propice. Zoug est aussi attractive au niveau fiscal mais Berlin restera l’épicentre de notre département recherche», ajoute le CTO. Quant au modèle d’affaires de la PME, il repose principalement sur son service premium encodé. «Certaines fonctionnalités comme un plus grand espace de stockage d’images sont payantes. Rappelons qu’avec Wire, les photos n’errent pas sur le cloud comme sur Dropbox. Elles ne sont donc pas fichées par les systèmes de reconnaissance faciale», mentionne-t-il.

Wire s’adapte aussi aux exigences des multinationales. Le fait que 200 personnes peuvent prendre part à la même conversation est un plus. «Pour le moment, nous régnons seuls sur le marché des entreprises», indique-t-il. Les «premiers» utilisateurs de l’application dont Pernille Tranberg, une experte danoise en «data ethics»,  vantent la qualité de l’interface.

Au bénéfice de son pôle de compétences dans le cryptage des données ancré dans la région zougoise, la Suisse se profile comme un terrain propice à l'éclosion d’autres start-up dans ce comaine. Basée à Pfäffikon dans le canton de Schwytz, Threema s'est également lancée dans la niche prometteuse des messageries protégées.

Jade Albasini

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