Bilan

Vous payez par cash, carte ou mobile?

Alors que les moyens de paiement électroniques gagnent du terrain, les taux prélevés fâchent certains commerçants. Quel moyen privilégier pour s’assurer le plus possible de revenus?

70% des paiements mobiles en Suisse seraient effectués via le système Twint.

Crédits: Vanessa Cardoso

«Si je vois que le client dispose de l’American Express et de la Visa, je lui propose de plutôt payer avec la Visa», avoue François Engisch, président du Commerce indépendant de détail (CID) de Neuchâtel. En cause: le montant de la commission prélevée. Avec différents moyens de paiement disponibles, ces taux font débat. Le groupe Digitec a ainsi récemment retiré Twint de ses possibilités. Le géant de l’électronique affirme que le porte-monnaie digital voulait multiplier par dix ce qu’il payait alors. Questionnée sur le prix de la commission, la responsable presse répond que «les niveaux des commissions perçues auprès de détaillants individuels sont confidentiels. Les feed-back reçus d’autres détaillants et commerçants nous indiquent cependant que nos commissions sont plus faibles que celles des cartes de crédit.» Digitec conteste et son porte-parole estime que «Twint n’a le droit d’exister dans l’e-commerce que si le service est clairement moins cher que les cartes de crédit».

A combien s’élèvent donc ces prélèvements? «Pour notre corps de métier, Visa et MasterCard prennent tous deux 1,5%», confie François Engisch, autrefois actif dans l’horlogerie et la joaillerie. Il ajoute que le taux des cartes chinoises s’élève à 2,9%. L’autre mauvais élève s’appelle American Express. «Eux prennent une commission entre 2,6 et 2,95%», confie Tomé Varela, secrétaire général de la Société coopérative des commerçants lausannois (SCCL).

Ces taux sont négociables, selon le volume des transactions. Aussi, les commerçants décident eux-mêmes des moyens de paiement possibles dans leur établissement. Pour choisir ses moyens de transaction, le porte-parole de Digitec avance trois critères: «La demande des clients, les coûts de transaction (les nouvelles options doivent être moins coûteuses que nos coûts de transactions moyens) et la facilité d’implémentation.» «Si un commerçant n’a pas de compte PostFinance, il ne pourra pas lire les Postcards», explique Tomé Varela. Il conseille donc aux Vaudois d’en créer un.

Boom des mobiles

Pour les paiements via smartphone, Twint est parvenu à se faire une place de choix. Sa porte-parole parle d’une part de marché d’environ 70% de toutes les transactions effectuées avec des systèmes de paiement mobiles (Twint, PayPal, ApplePay, Samsung, e-banking, etc.). En chiffres, Twint se trouve dans plus de 100 000 points de vente physiques et 5000 commerces en ligne. Le volume d’utilisateurs a doublé entre décembre 2018 et 2019 pour arriver à deux millions d’utilisateurs. «Un commerçant qui n’a pas Twint va s’y mettre demain», résume Tomé Varela.

Pour le président de la CID, les clients se sont bien habitués aux cartes et paiements électroniques. Les commerces sont équipés de machines appropriées, qui requièrent du travail. «C’est honnêtement assez coûteux», souffle l’ancien propriétaire de la boutique Robert. Il énonce les services à faire tous les deux ou trois ans ou encore les soucis liés à la ligne téléphonique puis au wi-fi, dont dépendent les machines. La situation s’est quelque peu calmée, et les commissions se situent à 1,5% plutôt qu’aux 2,5% de l’époque. L’argent liquide reste toutefois intéressant pour le commerçant. «Si le client paie cash, nous tâchons de faire un petit effort», conclut-il.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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