Bilan

Un restaurant emploie des robots en cuisine et pour le service en Chine

Un restaurant de Kunshan, en Chine, a remplacé ses cuisiniers et ses serveurs par des robots. C'est le deuxième établissement du pays où les clients bénéficient des prouesses de la robotique.
  • Des robots pour faire la cuisine et servir les clients en salle: c'est ce qui est désormais possible en Chine.

    Crédits: Image: Johannes Eisele/AFP
  • En cuisine comme pour le service en salle, ce sont des robots qui s'occupent de tout.

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  • Une série de robots sont nécessaires pour transporter les plats commandés de la cuisine vers la salle.

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  • Les robots remportent un succès considérable notamment auprès des jeunes consommateurs.

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  • Les robots serveurs transportent les mets sur des plateaux.

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  • Des robots humanoïdes sur roulettes ont été fabriqués pour servir les clients.

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L'imagination des grands chefs appartient-elle déjà au passé? Et les pourboires laissés aux serveurs sont-ils périmés? C'est déjà le cas dans un restaurant de Kunshan, dans l'Est de la Chine. Là, dans les cuisines comme pour la salle, les clients de l'établissement n'ont affaire qu'à des robots. De l'accueil au paiement, en passant surtout par la prise de commande, la préparation des mets et leur service aux tables, le client n'a affaire qu'à des automates et des robots.

Tout a commencé loin du restaurant: «Ma fille m'a demandé d'inventer un robot car elle déteste s'occuper des tâches ménagères», explique Song Yugang, patron du restaurant. Celui-ci a alors lancé le développement de robots dont les fonctions sont très différentes. Ainsi, ceux qu'il a finalement pu implanter dans son établissement ouvert début août coûtent en moyenne 40'000 yuan (5900 francs).

A l'accueil, en cuisine, au service

Dès l'entrée, le client est accueilli par deux automates qui lui souhaitent la bienvenue. Pour leurs commandes, les consommateurs s'adressent aussi à des robots, «capables de comprendre une quarantaine de phrases et consignes de la vie de tous les jours», dixit Song Yugang. Une fois la commande passée, deux robots plus perfectionnés aux missions distinctes, placés en cuisine, élaborent les plats, fournis en aliments par quelques rares employés humains. Une fois prêtes, les assiettes sont placées sur des plateaux et livrés aux tables correspondantes par quatre autres robots. Seule entorse à ce service 100% robots: les humains en cuisine préparent aussi les plats les plus compliqués.

Pour ces différentes activités, Song Yugang a opté pour des robots humanoïdes, de taille humaine pour l'accueil et la cuisine, hauts de 1,20m pour ceux chargés du service en salle. Equipés de détecteurs multiples, les robots sont capables de repérer des obstacles sur leur parcours et de s'arrêter si un de leurs congénères ou un être humain se trouve devant eux.

Officiellement, Song Yugang a choisi la solution des robots pour éviter les désagréments éventuels liés aux personnels humains: «Les robots ne tombent pas malades, ne réclament pas de vacances ni de jours de congés». Et leur coût de fabrication équivaut au salaire annuel d'un collaborateur humain, alors même que leur longévité est prévue pour plusieurs années.

Recettes traditionnelles et prestations d'avant-garde

Mais le patron a surtout choisi de surfer sur l'effet de mode. A une époque où les robots commencent à voir leurs missions se diversifier et se complexifier, devenir le restaurant qui fait le plus appel aux robots au monde, et détrôner ainsi un rival situé dans la ville de Harbin (Nord-Est de la Chine) qui faisait réaliser certaines tâches basiques en cuisine par des robots depuis 2012 (Voir vidéo ci-dessous) est sans doute un argument de nature à attirer nombre de clients et de curieux.

Ce qui est plus étonnant, c'est de voir qu'il s'agit d'un restaurant de spécialités traditionnelles régionales. Song Yugang allie ainsi les traditions séculaires du Jiangsu avec les inspirations avant-gardistes d'une Chine qui a dépassé voici quelques mois le grand rival japonais en tête du classement des pays qui construisent le plus de robots.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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