Bilan

Un logiciel intelligent gère tout votre budget

Spécialiste zurichoise de la fintech, Contovista a mis au point un logiciel dédié à la gestion des finances personnelles. Un outil qui séduit les clients et les établissements bancaires.

Gian Reto à Porta (à gauche) et Nicolas Cepeda  ont créé Contovista en 2013.

 

Crédits: Dr

Delightful Banking. C’est le slogan bien choisi de Contovista, une start-up zurichoise créée en 2013 par Gian Reto à Porta et Nicolas Cepeda, deux jeunes entrepreneurs issus du milieu bancaire. Le concept? Resserrer les liens entre la banque et le client en aidant ce dernier à gérer ses avoirs bancaires. Pour y parvenir, la jeune pousse a créé une plateforme Personal Finance Management (PFM) en marque blanche qui intègre toutes les banques suisses. «Les banques doivent repenser en profondeur l’expérience client et proposer de nouveaux services digitaux, explique Gian Reto à Porta. Le PFM marque une première étape vers la banque 2.0.»

La plateforme de Contovista propose plusieurs fonctionnalités. Elle permet, d’une part, la catégorisation automatique des dépenses et des revenus grâce aux informations à disposition de la banque (commerce où l’achat a été effectué, bénéficiaire du paiement, etc.) avec des libellés comme «restaurants», «transports», «téléphonie», «loisirs» ou encore «impôts». L’utilisateur peut également entrer manuellement ses dépenses, par exemple pour l’usage qui sera fait d’un retrait d’argent liquide. Il peut aussi associer des fichiers aux opérations bancaires correspondantes. Factures, bons de garantie ou contrats de vente ne courent ainsi plus le risque d’être égarés.

L’ensemble des transactions est visible sous forme graphique, grâce à des tableaux de bord simples, conviviaux et interactifs. En un clic, l’utilisateur peut visualiser la répartition de ses achats ménagers, suivre l’évolution des frais liés à sa voiture ou connaître la part du budget annuel consacrée à ses vacances.

Le troisième niveau de fonctionnalité consiste à assister concrètement le client dans la gestion de son budget. Exit les découverts et les achats impulsifs. L’utilisateur peut se fixer des objectifs d’épargne ou de maîtrise de dettes et paramétrer des alertes lorsqu’un seuil de dépenses mensuel est dépassé. L’assistant personnel électronique est également en mesure de prédire la capacité d’épargne mensuelle de l’usager, sur la base de l’historique des transactions.

Des suggestions en ligne

Contovista offre en outre des prestations de business intelligence. Véritable conseiller patrimonial virtuel, le logiciel propose directement en ligne des gestes d’épargne et des recommandations ciblées d’investissement. «Notre relevé bancaire est interactif, résume Gian Reto à Porta. Les utilisateurs ont une vision précise de leur budget, ce qui leur permet une gestion proactive de leurs finances.»

Si pour l’heure seule la Banque Cantonale de Schwytz s’est dotée du nouvel assistant financier personnel de Contovista, d’autres établissements ne devraient pas tarder à suivre, selon Gian Reto à Porta. Pour rappel, en 2012, PostFinance était le premier établissement bancaire à proposer ce service à sa clientèle avec le logiciel Strands. Son initiative est restée isolée durant plus d’un an, ce qui a conduit le magazine suisse des technologies de l’information ICT à s’interroger sur l’avenir du PFM dans le marché bancaire suisse. En février 2014, cependant, UBS s’est décidée à emboîter le pas du géant jaune en déployant sa propre solution PFM.

Contovista entend bien se profiler sur ce marché prometteur. Pour convaincre les banques d’opter pour leur logiciel plutôt que pour celui d’un concurrent, les concepteurs mettent en avant la sécurité et la confidentialité de l’infrastructure de stockage, la simplicité d’intégration du logiciel, l’expérience utilisateur intégrée dans le contexte e-banking existant ainsi que la rapidité de déploiement du logiciel, entre quatre à six mois. Celui-là est enfin disponible en mode installé ou en mode SaaS (Software as a Service), entièrement hébergé en Suisse.

De nombreux atouts

Si le PFM est plein de promesses pour les utilisateurs qui souhaitent être accompagnés dans leurs difficultés budgétaires, les banques ne sont pas en reste. En effet, en ajoutant un assistant de finances personnelles à leurs plateformes e-banking, celles-là se parent d’un puissant outil de fidélisation de leur clientèle.

Selon Meniga, une start-up islandaise dont la solution PFM est notamment utilisée par la banque de détail Íslandsbanki, 20% des clients de l’établissement ont adhéré à son service de PFM dans les six mois suivant son lancement, 70% affirment que leur loyauté envers la banque a augmenté, 41% affirment que la solution PFM a amélioré la gestion de leur budget et 89% recommanderaient ce service à leurs amis.

Par ailleurs, en se différenciant de la concurrence, les banques gagnent des parts de marché, voire séduisent les «digital natives», cette clientèle jeune et branchée adepte des services en ligne intuitifs et innovants.

En outre, les données accumulées (avoirs, capacité d’épargne mensuelle, transactions, habitudes) fournissent une vue privilégiée des comportements et des habitudes des titulaires des comptes. Correctement exploitées, ces informations permettent de segmenter la clientèle et de mieux cibler les actions commerciales et marketing de la banque. Celle-là pourra ainsi, par exemple, proposer au moment opportun une offre pour un crédit hypothécaire.

De plus, les clients détenteurs de comptes dans plusieurs établissements bancaires pourraient être tentés de regrouper tous leurs avoirs au sein de la même banque, afin de disposer d’une vue consolidée de leur patrimoine et de leurs transactions. Le PFM devrait ainsi, en bonne logique, augmenter la part des avoirs gérés.

Enfin, selon Thomas Puschmann, chef de projet à l’Institut d’informatique d’entreprise de l’Université de Saint-Gall qui s’exprime dans les colonnes d’ICT, cinq tendances et innovations gouverneront la banque de demain: la simplification, la gamification, la mobilité, le «social» et l’intégration des données et processus au niveau du client. Des caractéristiques toutes présentes dans le PFM et qui, partant, laissent augurer des lendemains prometteurs.

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Amanda Castillo

Journaliste

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Amanda Castillo est journaliste freelance. Elle collabore régulièrement avec plusieurs médias dont Bilan et Le Temps. Ses sujets de prédilection: le management et le leadership.

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