Bilan

Un Federer à son zénith fait le rigolo sur les réseaux

En postant selfies et vidéos, le champion génère un maximum d’interactions avec les fans pour un minimum de frais. C’est tout bénéfice pour ses sponsors, de Nike à Rolex.
  • Le champion révèle une gamme insoupçonnée de mimiques et grimaces.

  • Plus de 100 000 likes pour cette photo Federer au gecko, prise lors du tournoi de Miami et publiée sur Instagram.

  • Federer adore faire le clown avec les enfants soutenu par sa Fondation en Afrique du Sud, pays d'origine de sa maman.

  • Partenaire de Federer, Rolex peut se féliciter d'apparaître régulièrement sur les posts Instagram du Bâlois.

  • A son retour en Suisse après l'Open d'Australie, le tennisman publie une série de photos prises dans la neige, avec son trophée.

  • En Australie, à Perth, avec un bébé kangourou dans les bras.

  • Avec l'homme le plus grand du monde.

  • Le champion vient de poster une nouvelle vidéo humoristique pour annoncer un tournoi à but philanthropique à Seattle.

Roger Federer fait une drôle de grimace sur ce post Instagram pris lors d’une interruption de jeu, publié en mars dernier. Un gecko apparaît derrière son épaule, perché sur une barrière. Le champion est au tournoi ATP de Miami qu’il ne va pas tarder à remporter.

Au sommet de son art avec trois titres remportés depuis le début de cette année, le tennisman affiche une décontraction réjouissante depuis son retour sur le circuit après six mois de pause. Le sportif a longtemps été réticent à s’exposer sur les réseaux sociaux. Puis il y a trois ans, il a ouvert un compte Instagram et semble avoir depuis pris goût à l’exercice. Le Bâlois révèle actuellement une facette encore méconnue de sa personnalité : il adore faire le clown. Sur Instagram, on le voit par exemple faire un service sur la neige à la montagne avec le trophée de l’Australian Open à ses pieds.

On l’a aussi découvert avec Tommy Haas et Grigor Dimitrow parodiant sur sa page Facebook une audition pour un nouveau boysband. Un clip qui totalise 14 millions de vues.

Dernier succès digital en date, un vidéo humoristique avec un fan énervant publiée sur sa page Facebook le 3 avril qui annonce sa participation à un tournoi à but philanthropique le 29 avril à Seattle. Déjà  près de 5 millions de vues.

Pour les sponsors, ce nouveau flegme est une aubaine. Sur les selfies pris dans les vestiaires lors du tournoi d’Indian Wells, impossible de manquer le logo Nike sur ses habits. Le champion est sous contrat avec l’équipementier américain depuis 2008, pour une somme estimée à 13 millions de dollars par Forbes. Entre Facebook, Twitter et Instagram, il réunit une communauté de 25 millions de fans. Comparé au footballeur Cristiano Ronaldo et ses 262 millions de followers, le Suisse reste un nain.

Mais pour les marques partenaires, les valeurs incarnées par le champion sont bien plus décisives. Ce sont la modestie, le réalisme, l’honnêteté, le goût du travail, le fair-play et le succès que connaît le champion qui font de lui un ambassadeur exceptionnel. Selon un porte-parole de Nike interrogé par la Schweiz am Wochenende, les apparitions de Roger Federer sur les réseaux sociaux constituent un « effet secondaire apprécié ».

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En 2016, le Bâlois a atteint par l’intermédiaire des réseaux sociaux quelque 75 millions de personnes dans le monde, d’après les calculs du cabinet Hookit. Sur 34 des 287 posts analysés, le logo de Nike était clairement reconnaissable. En conséquence, 5,9 millions de fans ont ainsi été atteint par le message publicitaire, une audience qui vaut sur le marché quelque 5 millions de francs. A eux seuls, les selfies publiés depuis le vestiaire lors du match contre Steve Johnson lors du tournoi d'Indian Welles représentent pour Nike une valeur de 400 000 dollars.

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L'étude des clichés montre qu'un quart des apparitions de Roger Federer sur les réseaux comporte la présence d’une marque. Les label vont de Moët & Chandon à Rolex en passant par Credit Suisse. Autant de partenaires historiques du Bâlois. Le portefeuille de sponsors réunis autour de son nom rapporte au tennisman quelque 50 millions de dollars par an.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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