Bilan

Un concours de vitesse et d'économie énergétique sur le Léman

Dès mercredi, Lausanne accueille la première édition de l'HYDROcontest, un concours réservé aux étudiants et destiné à trouver les meilleures solutions pour allier vitesse et économies d'énergies sur l'eau.
  • Les différentes équipes disposeront du même moteur électrique d'une puissance de 1200W.

    Crédits: Image: Hydros
  • La plupart des équipes se sont basées sur la technologie des foils pour permettre d'augmenter l'efficacité énergétique des bateaux.

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  • La manifestation se tiendra sur la plage de Dorigny, près de Lausanne.

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  • Hydros a développé une expertise dans le développement des foils pour les voiliers ces dernières années.

    Crédits: Image: Loris von Siebenthal

Allier vitesse et sobriété énergétique: c'est le défi lancé aux treize équipes qui prennent part dès ce mercredi 23 juillet à la première édition du concours HYDROcontest qui se tient à Lausanne. Les équipes issues de six pays (Suisse, France, Pays-Bas, Australie, Brésil et Colombie) vont disposer de cinq jours pour remporter le trophée mis en jeu par la Fondation Hydros.

Pas question toutefois d'embarquer sur les navires: ceux-ci seront télécommandés depuis les berges et devront atteindre la plus grande vitesse possible sur les eaux du Léman, tout en utilisant un minimum d'énergie électrique. La spécificité des embarcations est de se baser, pour la plupart d'entre elles, sur les «foils», ces ailes immergées qui permettent aux bateaux d'atteindre des vitesses vertigineuses en volant littéralement au-dessus des flots.

Pour Hydros, c'est la suite logique de l'activité originelle, la fondation ayant pris part au développement de l'Hydroptère d'Alain Thébault, le premier voilier ayant utilisé cette technologie pour battre le record du monde de vitesse à la voile. Mais, «en incitant les étudiants du monde entier à non seulement imaginer ce que pourraient être les bateaux du futur mais à passer à la concrétisation de leur projet, Hydros offre à ces jeunes intelligences la possibilité de confronter leurs idées à la réalité», soutient Jérémie Lagarrigue, CEO d'Hydros. Le développement de l'Hydroptère n'était donc qu'une étape pour Hydros: «Grâce à l’efficience énergétique, nous avons aujourd’hui les moyens d’envisager différemment le transport maritime, en diminuant l’utilisation des énergies fossiles pour optimiser le potentiel des ressources naturelles durables», poursuit Jérémie Lagarrigue.

Car les enjeux sont de taille: «La marine marchande est l’activité qui emporte le plus grand tonnage de marchandises dans le monde, mais c’est un domaine qui est assez peu étudié et dans lequel nous estimons que des progrès importants peuvent être faits», explique Stéphane Dyen, membre du bureau d’étude d’Hydros.

Trois équipes suisses en lice

Parmi les différentes équipes qui vont concourir se retrouve un groupe d'étudiants de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), associés à des étudiants de la Haute école du paysage, d'ingéniérie et d'architecture (HEPIA) de Genève. Mais deux autres équipes suisses sont aussi sur la ligne de départ: une issue de l'Ecole d'ingénieurs et d'architecture de Fribourg, et l'autre de la Haute Ecole ARC Ingéniérie de Saint-Imier.

Ces trois équipes helvétiques, mais aussi les dix autres équipes (quatre françaises, deux brésiliennes, deux colombiennes, une néerlandaise et une australienne, soit quinze écoles et 120 étudiants) disposeront du même moteur électrique d'une puissance de 1200W et d'une batterie, deux équipements fournis par les organisateurs. Ils devront faire navigueur leur bateau sur un même parcours à deux reprises: la première fois avec une charge de 20kg de lest, la seconde fois avec 200kh de lest. «L’idée étant de pouvoir faire un bateau léger, représentant à une échelle réduite un navire rapide transportant une dizaine de personnes, et de l’autre un bateau plus proche d’un gros porte-conteneurs ou d’un tanker. En voyant les plans envoyés par les défis étudiants, nous avons été impressionnés par les choix innovants et ambitieux qu’ils avaient faits», précise Stéphane Dyen.

Un espace ouvert au public

La plupart des équipes ont donc dessiné deux bateaux différents pour chacune des deux épreuves. Rien ne les oblige à opter pour les foils. Certaines ont davantage travaillé sur le design de la coque (surtout pour la version avec 200kg de lest), cherchant à définir le meilleur coefficiant de pénétration dans l'eau pour réduire la résistance.

Cependant, si le concours constitue l'épine dorsale de l'HYDROcontest, la plage de Dorigny, où se situera l'événement, sera aussi ouverte au grand public avec diverses animations: une exposition «Hydrofoils, from crazy pioneers to high efficiency», une salle de réunion permettant aux concurrents de présenter leurs bolides, un bassin où les visiteurs pourront piloter des modèles réduits, et enfin un café de l'innovation.

Pour Hydros, les enjeux sont de taille: l'an dernier, 90% des marchandises transportées à travers le monde l'ont été par voie maritime. Si ce mode de transport est le moins polluant (58 fois moins de CO2 par bateau pour une tonne transportée que par avion). Mais ce sont justement ces volumes considérables qui rendent la recherche sur l'efficience énergétique cruciale. Les responsables d'Hydros ont calculé que chaque 1% de carburant économisé par la flotte mondiale équivaut à une économie potentielle de 42 millions de tonnes de CO2 annuellement.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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