Bilan

Un club d’investisseurs renforce l’attrait de Zurich

Les fondateurs de Wuala et Doodle ont créé Zeeder, afin de miser leurs propres fonds sur les meilleurs projets et les meilleurs entrepreneurs.
Les quatre associés de Zeeder: Eric Schmid, Luzius Meisser, Thomas Dübendorfer et Michael Näf. Crédits: Vanessa Püntener, dr

A la fin juin, le village de Saint-Paul-de-Vence est toujours le lieu inattendu d’un événement déterminant pour les technologies de l’information en Suisse. Le forum Swiss IT Leadership rassemble les directeurs informatiques des plus grandes entreprises suisses, quelques-uns de leurs fournisseurs comme Unisys, ainsi qu’une brochette d’orateurs triés sur le volet.

En juillet 2011, c’est devant cette assemblée qu’était amené à s’exprimer le serial entrepreneur Eric Schmid sur la question de savoir comment construire une Silicon Valley en Suisse.

Pour avoir monté plusieurs sociétés à Palo Alto avant de créer le fonds de capital-risque Elevate Partners, Eric Schmid a quelques idées tranchées sur le sujet. Une, en particulier, fait mouche chez l’un des auditeurs: s’inspirer de l’usine à start-up qu’est l’Y Combinator à Mountain View.

Fondateur de Doodle, une des plus grosses «success stories» suisses de l’internet, Michael Näf fait immédiatement le lien avec un projet de la ville de Zurich: dans le cadre de sa stratégie numérique eZurich, la ville prévoit la création début 2012 d’un incubateur dédié aux start-up, le BlueLion Incubator.

Deux mois plus tard, Michael Näf et Eric Schmid fondent Zeeder sur le modèle d’un club d’investisseurs, pour miser leurs propres fonds dans les meilleurs projets et, surtout, les meilleurs entrepreneurs qu’ils comptent identifier. Ils choisissent de se concentrer sur la phase la plus en amont de la création d’entreprises, celle qui nécessite les premiers 100 000 francs, un amorçage difficile à trouver en Suisse.

Séduits, Luzius Meisser, cofondateur de Wuala, puis Thomas Dübendorfer, star du laboratoire de recherche de Google à Zurich, rejoignent Zeeder début 2012. Depuis, les quatre associés ont examiné une cinquantaine de dossiers. Et sont arrivés à trois préaccords. Leur premier investissement se concrétisera ce mois. 

La culture de Silicon Valley

Zeeder n’est pas un nouveau fonds de capital-risque, mais il introduit en Suisse cette culture de la Silicon Valley qui pousse les entrepreneurs à succès à investir leur fortune dans de jeunes pousses plutôt qu’à la banque. Focalisé sur Zurich mais pas seulement, Zeeder renforce aussi l’attrait de la ville pour les projets internet.

Au moment où Londres, mais aussi Berlin, grâce au High-Tech Gründerfonds, ou Paris, avec la création d’un quartier numérique, font le forcing pour attirer les entrepreneurs du web, on attend de voir comment réagiront Lausanne et Genève pour éviter que les entrepreneurs romands du web ne soient magnétisés par ces centres. 

 

Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

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Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

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