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Travailler debout ou travailler assis: une chaise règle la question

Travailler devant son écran au bureau pose invariablement la question du confort et de l'ergonomie: assis sur une chaise ou en position debout? Une startup californienne a mis au point un siège combinant les avantages des deux et a financé sa recherche via le crowdfunding.

Les designers se sont appuyés sur des études affirmant que la position idéale pour travailler consiste à former un angle de 135° avec son corps.

Crédits: Image: A-Gravity

Dans les bureaux, face aux écrans d'ordinateurs, la tradition a maintenu la position qui était celle qui prévalait aux employés d'avant l'ère de l'informatique: une table, une chaise ou un fauteuil et les coudes reposés sur le bord de la planche pour taper sur le clavier et faire glisser la souris sur son tapis. Cependant, depuis quelques années a émergé une nouvelle série d'habitudes au travail: le travail debout face à son ordinateur, mais aussi l'absence totale de chaises et de bureaux voire même les appareils destinés à faire du sport tout en travaillant, afin de lutter contre la sédentarité.

Deux écoles s'affrontent donc: ceux qui veulent favoriser le confort en misant sur l'ergonomie des équipements pour maximiser l'efficacité des employés, et ceux qui jouent au contraire sur l'inconfort afin de maintenir l'attention des collaborateurs sur la tâche qu'ils accomplissent et ne pas les laisser relâcher leur attention.

Un angle de 135° pour le corps

Et si ces deux tendances étaient réconciliables avec un seul outil? C'est ce que suggère une startup californienne, A-Gravity, qui a conçu un dispositif comprenant une chaise sans dossier avec un repose-pieds et un support pour rehausser son ordinateur. Les développeurs et designeurs se sont en effet appuyés sur des études scientifiques qui ont établi que la position idéale du corps pour travailler était de se tenir debout mais avec son corps formant un angle de 135°.

C'est ainsi qu'ils ont mis au point leur A-Gravity Chair à l'apparence étonnante et qui permet au collaborateur d'être à moitié debout (mais sans la fatigue inhérente à cette position tenue pendant de longues heures) et à moitié assis (mais sans les désagréments liés à cette station). Leur chaise très haute se compose donc de deux axes formant un L et se plaçant face au bureau: à l'extrémité sous la planche se situe le repose-pieds, tandis qu'à l'extrémité de l'autre axe se trouve le siège. Sans dossier car la position, selon les concepteurs, permet de se tenir droit sans avoir aucune structure contre laquelle appuyer son dos.

Logiquement, la personne se retrouve donc bien plus haut que lorsqu'elle était assise. Problématique quand le bureau n'est pas réglable en hauteur. Mais les designers ont aussi pensé à cela: le pack comporte un support pour ordinateur qui place l'écran face au visage de l'utilisateur.

7224$ récoltés via crowdfunding

Pour permettre le développement, l'industrialisation et la commercialisation de son dispositif, la startup s'est tournée vers le crowdfunding. Le projet déposé sur la plateforme de financement collaboratif Kickstarter a récolté 7224$ en quelques jours. Une somme modeste mais les coûts l'étaient aussi et les concepteurs comptaient sur cette campagne davantage pour le buzz que pour les fonds en eux-mêmes. Et ils ont atteint leurs objectifs: les médias américains se sont emparés de ce nouvel objet et l'ont décortiqué ces derniers jours, faisant appel à de nombreux experts en ergonomie pour en vanter les bienfaits ou mettre en doute les qualités.

Pour eux comme pour ceux qui ont contribué à la campagne de crowdfunding, il faudra attendre février 2016 pour recevoir les premiers exemplaires de la chaise (pour le moment vendue à 190$) avant de se faire une idée sur son efficacité réelle.

 

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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