Bilan

Swisscom crée une entreprise dédiée à la Blockchain

La blockchain s'affirme de plus en plus comme la prochaine révolution digitale avec de nombreux acteurs qui se penchent sur ses potentiels. Dernier exemple en date avec Swisscom qui vient de créer une entreprise dédiée à cette technologie. Interview avec son CEO Daniel Haudenschild.

Daniel Haudenschild, CEO de la nouvelle société créée par Swisscom dans le domaine de la blockchain.

Crédits: Swisscom

Le discours de Swisscom s’est fait de plus en plus volubile sur le thème des technologies financières (fintech) ces derniers mois. Le géant bleu franchit ces jours une nouvelle étape, avec la création d’une entreprise dédiée à une technologie hautement médiatisée, sous le nom de «Swisscom Blockchain».

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Daniel Haudenschild vient de prendre la direction de cette nouvelle structure en tant que CEO. Cet ancien associé du cabinet Ernst & Young dispose d’une expérience étendue dans l’accompagnement des entreprises dans leur transformation digitale. Il était notamment en charge du conseil autour des technologies blockchain, essentiellement dans le secteur financier suisse, qu’il s’agisse de grandes banques ou d’assurances. Daniel Haudenschild nous détaille en exclusivité les contours de Swisscom Blockchain et ses objectifs.

Bilan: Pourquoi Swisscom a-t-il décidé de créer cette nouvelle structure?

Daniel Haudenschild: Le top management croit beaucoup dans cette technologie et voulait accélérer ses développements. Nous pensons en outre qu’il est essentiel d’investir dans l’avenir numérique de la Suisse, avant que d’autres ne le fassent. De plus, le timing était idéal. Il y a encore une année ou deux nous aurions peut-être été trop en avance, mais aujourd’hui nous ressentons vraiment une demande du marché.

Pourquoi créer une entreprise séparée? S’agit-il d’une sorte de spin-off?

Là encore, la forme illustre la volonté d’aller de l’avant et d’investir: il ne s’agit pas d’un projet pilote qui pourrait être oublié mais d’une entreprise dédiée. D’un point de vue organisationnel, je ne vous apprends rien en vous disant que les grands groupes ne sont pas forcément les structures les plus agiles. Or, dans la blockchain, nous avons besoin d’aller très vite, de pouvoir coller au marché et aux évolutions technologiques, d’être à proximité de la Crypto Valley et de ses start-up. Swisscom reste toutefois largement majoritaire au capital de l’entreprise, dont une part est également détenue par le management.

Quels sont les produits et services que vous comptez développer et vos objectifs en termes de recrutements

Concrètement, l’entreprise sera basée à Zurich et comptera six employés. Cette équipe s'agrandira en fonction de la marche des affaires. Au niveau de l’offre, nous allons nous concentrer sur le développement de solutions basées sur la blockchain pour les entreprises, qu’il s’agisse d’améliorer leurs systèmes internes grâce à cette technologie, ou toute une chaîne de valeur. Nous allons également accompagner les entreprises dans leurs démarches d’ICO (Initial Coin Offering), que l’on peut qualifier de levées de fonds digitalisées. Grâce à son environnement sûr et digne de confiance, la Suisse offre de remarquables opportunités dans ce domaine. Grâce à ses compétences IT, Swisscom est en mesure, en collaboration avec des partenaires spécialisés des secteurs financier et juridique, de contribuer dans une large mesure à la sécurité des transactions.

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Avec votre parcours, on imagine que vous visez essentiellement le secteur financier?

Oui cela fait partie des priorités. Mais pas seulement. Bien sûr, il s’agit d’un type de clients naturellement intéressés par ces technologies et qui ont souvent eux-mêmes développé des projets dans ce sens. Mais il y a aussi beaucoup d’opportunités offertes par l’industrie 4.0 et la digitalisation des processus, par exemple dans le secteur pharmaceutique.

C’est-à-dire?

La technologie blockchain peut apporter des solutions dans ce secteur. Je pense en particulier à l’authentification et à la certification. Il y a encore de grandes quantités de contrefaçons et de faux médicaments qui circulent dans le monde, ce qui est à la fois un risque sanitaire et un risque de réputation pour les pharma.

On entend surtout parler de projets de grandes entreprises quand il est question de blockchain. Cette technologie peut-elle intéresser les PME?

Absolument! La blockchain n’est pas réservée aux multinationales! Notre objectif est d’ailleurs d’étendre cette technologie pour la rendre plus accessible. Au niveau des PME, la blockchain peut être intéressante à plusieurs niveaux. Je pense à la facilitation des échanges au sein d’un écosystème, par exemple entre différents fournisseurs, mais aussi pour sécuriser l’import-export ou abaisser les frais de transferts internationaux.

Allez-vous bénéficier de l’appui et des compétences de Swisscom dans votre développement?

Oui, tout à fait, l’objectif est de collaborer. Au niveau technique d’une part, en pouvant nous appuyer sur les équipes d’ingénieurs du groupe, mais aussi au niveau commercial, grâce à un réseau de clients très étendu.

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Marjorie Thery
Marjorie Théry

JOURNALISTE À BILAN

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