Bilan

Star en Californie, le Suisse Yves Béhar distingué pour Jawbone Up

Le designer lausannois qui a dessiné le bracelet connecté rejoint la liste des « Agitateurs 2013 » du Vanity Fair américain.
  • Avec des connections chez Apple, Samsung ou Prada, le designer lausannois Yves Béhar est à la croisée des projets qui comptent à la Silicon Valley, ce qui n'a pas échappé à Vanity Fair. Crédits: GEORGIOS KEFALAS/KESYTONE
  • Le bracelet Jawbone Up permet à son utilisateur de contrôler au mieux ses mouvements et ses habitudes alimentaires. Crédits: dr
  • Couplé à un smartphone, le bracelet permet de stocker et d'analyser les données, ainsi que de rejoindre une communauté sur le web. Crédits: dr
  • Fondateurs de Google, Larry Page (40 ans, à gauche) et Sergey Brin (40 ans) ont vu la valeur boursière du géant web grimper de 20% cette dernière année, tandis que la firme réalisait 10 milliards de dollars de bénéfices. Des moyens qui donnent des idées, comme celle d'éloigner le vieillissement et la mort grâce à la recherche. Google a fondé cet automne la société Calico qui se consacre à ce projet et recruté le président de Genentech, Art Levinson. Crédits: PAUL SAKUMA/KEYSTONE
  • CEO d'Apple, Tim Cook (52 ans) a vu fondre de 35% en une année la valeur boursière de la compagnie fondée par Steve Jobs, décédé depuis deux ans. Mais les fans ne désespèrent pas de voir la firme à nouveau innover. La rumeur affirme que 2014 sera riche en surprises et nouveaux produits. Alors que Jobs ne s'est jamais livré à des activités philanthropiques, Cook fait des dons de sa poche en faveur de la cause des droits de l'homme. Crédits: KEYSTONE
  • Fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg (29 ans) a conduit sa firme vers un bond de la publicité sur mobile. Les ventes ont atteint 656 millions de dollars au dernier trimestre, contre zéro une année plutôt. Après un IPO piteux, la compagnie pèse maintenant 45 milliards de dollars en bourse. Alors que les plus jeunes se détournent du réseau social, Facebook a acquis Instagram et Snapchat, des réseaux basés sur la photo, pour rester proche de ce public. Crédits: Jeff Chiu/KEYSTONE
  • Fondateur de Tesla et SpaceX, le Sud Africain d'origine Elon Musk (42 ans) a frisé la faillite avec la fabrication de ses bolides électriques en 2008. Mais ces derniers mois, Tesla a dépassé les attentes des analystes, tandis que le prix de l'action a été multiplié par neuf depuis l'IPO de 2010. A la tête des fusées de SpaceX, cette nouvelle icône de la Silicon Valley a signé un contrat à 1,6 milliard de dollars avec la Nasa pour soutenir le programme de l'International Space Station. Crédits: Duane A. Laverty/AP The Waco Tribune-Herald/KEYSTONE
  • Lee Kun hee (71 ans) dirige le conglomérat sud coréen, grand rival d'Apple, avec son fils Jae young basé en Californie. Les ventes de ses smartphones viennent de dépasser celles des iPhones de Steve Jobs. Taquin, le géant asiatique use du slogan "The Next Big Thing Is Already Here"qui insinue que la marque de Cupertino ne serait plus aussi "cool" qu'elle le fut. Le groupe fondé en 1938 à Séoul par le père de Lee Kun hee a réalisé près de 270 milliards de dollars lors de son dernier exercice annuel. Crédits: Lee Kun-hee/AP/KEYSTONE
  • Fondateur de Twitter, Jack Dorsey (36 ans) vient d'introduire en bourse cette compagnie lancée en 2006 avec succès. Il consacre maintenant son énergie à Square, une nouvelle start-up qui développe une solution pour le payement par téléphonie mobile et a déjà séduit les cafés Starbuck's aux Etats-Unis. Cet automne, Square s'est installé à côté des bureaux de Twitter à San Francisco, dans la perspective de tripler le nombre de collaborateurs. Affaire à suivre. Crédits: Susan Walsh/AP/KEYSTONE
  • COO de Facebook, Sheryl Sandberg (44 ans) est la première femme dans le classement de Vanity Faire et se place à la 14e position. Le magazine l'a retenue en tant qu'auteur de "Lean In", un manifeste qui invite les femmes à être plus revendicatrices dans le monde du travail et relate de manière très drôle son quotidien de top manager. Cette diplômée de la Harvard Business School est à la tête d'une fortune de 400 millions de dollars grâce à sa participation dans Facebook. Crédits: Zhan Min/KEYSTONE

Joli palmarès pour Yves Béhar (46 ans), Lausannois parti aux Etats-Unis dans les années 1990 pour étudier le design. Fondateur de la société Fuseproject à San Francisco en 1999, il figure parmi les « Agitateurs 2013 » du Vanity Fair américain, aux côtés de Jeff Bezos (Amazon), Larry Page et Sergey Brin (Google) ou encore Mark Zuckerberg de Facebook (voir galerie). Ce qui lui vaut cette distinction, c’est son travail sur le bracelet connecté Jawbone Up, le gadget branché du moment en passe de devenir un phénomène mainstream.

Couplé à un smartphone, le bracelet Jawbone Up contrôle les mouvements, l’alimentation, le sommeil et veille sur votre bien-être. David Marcus, le patron genevois de PayPal, le rappeur Snoop Dogg ou encore le magnat des médias Rupert Murdoch ne s’en séparent plus. Cet appareil s’inscrit dans l’émergence des « wearables technologies », ces accessoires liés au web que l’on porte sur soi, comme les Google Glasses ou la iWatch. Lancé dans sa première version en 2011, Jawbone Up anticipe une tendance lourde, l’irruption de l’internet mobile dans le domaine de la santé. Fortune écrivait à cette occasion : « Jawbone Up va marquer un tournant dans la façon de concevoir le gestion de son poids et de sa santé », comme Yves Béhar l’explique ici.

La firme Jawbone, dont Yves Béhar est partenaire et directeur créatif a été honorée en 2010 du « Prix du design de la décennie » décerné par l’International Designers Society of America. Fondée officiellement en 2006, la start-up est soutenue par les stars du capital-risque de la Silicon Valley Sequoia Capital, Khosla Ventures et Andreessen Horowitz. Spécialisée dans les accessoires portables connectés, les deux fondateurs Alexander Asseily et Hosain Rahman ont débuté avec des projets développés pour l’armée.

Dès 1999, ces deux anciens de l’Université de Stanford travaillent sur une technologie supprimant le bruit de fond dans la communication. Ils exploitent les débouchés commerciaux avec la conception du casque bluetooth Jawbone, dessiné par Yves Béhar. Le Vaudois de père turc et mère allemande devient à cette occasion « Vice President ». La seconde génération de casque Bluetooth est développée en collaboration avec Apple et vendue dès 2008 dans les magasins lancés par Steve Jobs. La technologie est depuis aussi disponible pour Android (Google).

Dès ses débuts, Yves Béhar travaille sur des produits emblématiques des marques Apple, Hewlett-Packard ou Silicon Graphics. Sa société Fuseproject accumule les contributions avec de grands noms à la croisée du lifestyle et de la technique comme Puma, Swarovski, Samsung, Prada, General Electric. En 2004, son travail est salué par une exposition au MoMA (Museum of Modern Art) à San Francisco. Le designer accède à la notoriété lorsqu’il est choisi pour dessiner le One Laptop per Child en 2005, une idée de Nicholas Negroponte, un des fondateurs du magazine Wired créateur du Media Lab au MIT à Boston. Depuis une dizaine d’années, le Suisse accumule les distinctions dont le titre de Master of Design attribué par Fast Company en 2007, le Conde Nast Innovation and Design Award en 2011 et le classement « The Next List  2012» de CNN.

Engagement citoyen

Engagé dans différents projets de produits en relation avec le développement durable, Yves Béhar soutient que le travail du designer est de créer des produits commercialement viables qui contribuent au bien social. Il met son talent au service de programmes en faveur de l’éducation et de prévention du sida et des grossesses prématurées chez les adolescentes.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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