Bilan

Sport et durabilité, le duo gagnant

Les amateurs de sorties en extérieur peuvent en témoigner: la nature est à la fois forte et fragile. Pour la préserver, bon nombre de marques suisses ou étrangères s’efforcent de créer des produits durables.

La durabilité est à la fois un argument de vente et une identité de marque.

Crédits: DR

Une sensibilité particulière semble animer différents fabricants de l’industrie des sports d’hiver. Les clients trouvent toujours skis, snows et vêtements à bon prix dans les grandes surfaces, mais des marques indépendantes et écologiques se développent à beaucoup d’endroits.

La Suisse est un terrain propice à ces innovations durables, si bien que plusieurs entreprises reconnues mondialement y ont vu le jour.

Tout à portée de main

Tous les ingrédients d’un bon lancement sont présents en Suisse: des montagnes à proximité pour tester les prototypes, un pouvoir d’achat correct et une culture de la glisse. Le marché est par contre très concurrentiel, avec pléthore d’acteurs.

«Les marges sont serrées» admet Yoann Chapel, en charge du marketing et de la communication d’Anticonf’. Anticonf’ pour «Anticonfirmiste» est une marque née à Bussigny, sous l’impulsion de Selim Abdi. Le passionné des montagnes a décidé de mettre au point ses propres snowboards dans un domaine de niche: «Nous sommes dans le haut de gamme écologique» explique-t-il.

Pour la planche nommée «The Bad Kid», il faut débourser 740 francs. Une somme justifiée par la technologie utilisée, car les produits ne sont pas en bois, mais en bambou et en liège. Un procédé qui coûte en termes de Recherche & Développement (R&D).

La marque lausannoise avait remporté le prix ISPO Brandnew 2017 dans la catégorie équipement d'hiver. Elle va prochainement lancer la production de ses skis. «Nous en sommes au cinquième prototype» révèle Yoann Chapel. L'ISPO est l'une des plus grandes conventions dédiées au sport et à ses innovations. Elle a lieu fin janvier à Munich.

Un autre projet suisse a d'ailleurs gagné un prix lors de l'ISPO, en 2018. Il s'agit de Grown, un projet né grâce aux Dr. Tobias Luthe et Jan Reger. Eux utilisent une variété de fibres de chanvre pour éviter d'utiliser des fibres de carbone ou du verre dans la composition des skis.

Quant à savoir si les amateurs de glisse sont prêts à payer pour ce type de produits, plusieurs exemples tendent à prouver que oui. Les Français de Picture Organic Clothing se sont largement développés durant leur 10 années d’existence. Ils ont commencé en France et en Suisse, et sont désormais présents dans plus de 70 pays. La marque a notamment réalisé une collection en collaboration avec le WWF. Elle produit combinaisons et équipements dans de nombreux sports de glisse, du surf au snow en passant par le longboard.

Saturé, le marché ?

Le fondateur d’Open Wear, une marque née à Saas-Fee, reconnaît que le marché est saturé pour les marques traditionnelles. «Il y a encore beaucoup à gagner pour les jeunes marques écologiques» affirme Martijn Jegerings. Son projet a récolté 15’000 euros en 12 heures lors de son financement participatif. «Suivant les produits proposés, le prix n’est pas vraiment un problème. Nous nous sentons très soutenus par nos clients, puisqu’ils partagent notre vision» insiste le freerider.

Martijn Jegerings note par contre la difficulté de trouver des investisseurs. L’argent est indispensable pour commencer à produire les collections. Si le volume est encore très loin de marques établies comme Burton ou Salomon, les Suisses parviennent quand même à tirer leur épingle du jeu. «Nous sommes à environ 200 planches écoulées cette saison, sachant qu’il n’y en avait que 40 l’an dernier» affirme Yoann Chapel.

Ce marché des sports d’hiver est encore une activité accessoire pour lui. Il espère toutefois y prendre de l’importance. Pour atteindre ce but, Anticonf’ a déménagé de son canton de Vaud à Verbier, terre du freeride.

La force de l’image

Parmi les gros avantages de ce marché des sports d’extérieur, il y a la beauté de l’image. Anticonf’, Open Wear, Picture Organic Clothing et tous les autres comptent sur des pros de la montagne.

C'est l'occasion pour des jeunes freerideurs de s'équiper en échange de leurs images dans la poudreuse, dans les snowparks ou simplement dans les airs. De manière générale, la communication est à l'image de ces sports extrêmes: parfaitement maîtrisée avec une pointe de folie.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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