Bilan

Sophia Genetics muscle sa solution avec les patients français

En signant un contrat avec les Hospices civils de Lyon, la startup lausannoise Sophia Genetics va pouvoir accroître sa base de données et améliorer le diagnostic rendu par les hôpitaux clients.
  • La startup de l'EPFL Sophia Genetics améliore les outils de diagnotics des patients en comparant les données de milliers de personnes.

    Crédits: Image: Sophia Genetics
  • Jurgi Camblong, CEO de Sophia Genetics, espère que le contrat signé avec les Hospices civils de Lyon va inciter d'autres grands CHU français à adopter sa solution.

    Crédits: Image: Sophia Genetics
  • La solution Sophia Genetics intervient en soutien des analyses menées par les équipes médicales dans les hôpitaux.

    Crédits: Image: Sophia Genetics

Biomédecine, cybersanté, Big Data, sécurisation des données: la startup lausannoise Sophia Genetics est en plein dans l'ensemble de ces domaines. Née en 2011 de l'association de Jurgi Camblong (biochimiste), Pierre Hutter (généticien) et Lars Steinmetz (chercheur en génétique à Stanford notamment), Sophia Genetics a mis au point une solution de médecine basée sur les données qui permet de traiter les examens pratiqués sur les patients au regard d'une masse critique d'analyses, afin de déterminer le plus précisément possible le profil de la personne malade et donc d'aider les médecins à choisir le traitement le plus approprié.

Avant de s'engager avec une structure, Sophia Genetics mène un audit approfondi afin de vérifier que le laboratoire de l'hôpital ou du centre de tests a la bonne stratégie en matière d'examens, et donc que les données collectées seront compatibles et au niveau de celles de l'ensemble du fichier de la technologie de Séquençage nouvelle génération (NGS).

La masse de datas est un gage de diagnostic plus affiné

La solution proposée par la startup lausannoise présente de nombreux avantages: «Il est difficile pour une institution seule de suivre la complexité des changements dans le domaine de l'analyse clinique. En nous appuyant sur un nombre toujours croissant de structures qui nous confient leurs données de patients, nous nous focalisons sur cela et pouvons aller beaucoup plus vite. Mais notre solution, avec cette masse de data, est également un gage de diagnostic plus affiné pour le patient», explique Jurgi Camblong, CEO de Sophia Genetics.

Des arguments qui ont déjà convaincu les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), mais aussi un centre privé d'analyses médicales allemand, et plusieurs CHU français (Dijon, Nancy), ainsi que l'Hôpital Saint-Louis à Paris. Voici quelques jours, les Hospices civils de Lyon ont annoncé leur collaboration avec Sophia Genetics. «Une étape majeure car les Hospices de Lyon constituent le deuxième centre hospitalier universitaire de France et cela nous permettra à la fois de muscler notre algorithme avec une masse de data impressionnante, mais aussi pourra inciter d'autres structures similaires en France à franchir le pas avec nous», se réjouit Jurgi Camblong.

Cinq nouveaux partenaires par mois

Toutes ces structures ne font pas appel à Sophia Genetics pour les mêmes pathologies: le CHU de Nancy soumet chaque année 1000 analyses de patients pour diagnostiquer des prédispositions au cancer du sein, le CHU de Dijon 1000 analyses de patients pour adapter les traitements aux tumeurs solides, tandis que les deux grandes institutions romandes n'ont pas encore activé cette solution pour les tumeurs mais l'utilisent pour d'autres pathologies. Car le Data Driven Medecine (DDM) de Sophia Genetics permet également d'aider au diagnostics d'autres affections chroniques comme la cardiomyopathie, l'arythmie cardiaque, la nephropathie ou encore la polypose adénomateuse familiale.

Une solution de haute technicité donc, mais qui sait être polyvalente tout en restant souple. «Aujourd'hui nous enregistrons en moyenne cinq nouvelles institutions partenaires chaque mois, et d'une trentaine début octobre 2014 nous espérons atteindre les 100 dans un an», annonce le CEO.

Cette expansion en termes de clients s'accompagne d'un développement scientifique. «Nous allons commencer à couvrir d'autres types de requêtes, au-delà des 2 à 50 gênes analysés actuellement. Nous visons un plus grand nombre de gênes ainsi qu'un plus grand nombre de variants génétiques à déceler».

Des recrutements programmés

La montée en puissance scientifique se fait aussi par le biais d'équipes étoffées. Sophia Genetics compte actuellement une grosse trentaine de collaborateurs, dont 28 à Lausanne. Des recrutements sont prévus pour dépasser la trentaine à Lausanne et atteindre 50 à 60 employés en tout d’ici fin 2015. Mais sans quitter les environs de l’EPFL à court terme. «Nous avons choisi de nous installer sur ce campus car le discours de Patrick Aebischer collait avec notre vision de la recherche et du business. Et très vite nous avons pu collaborer avec deux autres laboratoires du campus», insiste Jurgi Camblong.

Le software de services de la startup lausannoise semble donc appelé à connaître d'autres succès dans les mois à venir. Plus de fonctionnalités, plus d'institutions, plus de patients et donc un meilleur diagnostic. «Les données du patient d'aujourd'hui permettent de déceler sa pathologie, mais elles aident aussi à affiner le diagnostic du patient de demain», résume le CEO.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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