Bilan

Soigner son personal branding à l’heure de la visioconférence

Devenu le nouvel outil indispensable de la palette du télétravailleur, le rendez-vous à distance, via vidéo, nous oblige désormais à repenser le marketing de nous-même.

Depuis mars, les appels vidéos se sont professionnalisés.

Crédits: Pexels

Pas décidé, poignée de main ferme et analyse de la tête aux pieds, cette rencontre professionnelle type paraît tout à fait banale et pourtant d’un autre temps. Ayant pris un revers de la crise sanitaire, à présent, tout se joue à distance, assis dans son salon et par écran interposé.

Une nouvelle manière d’entrer en matière dont personne ne connaît vraiment les codes et dont les erreurs, tolérées au printemps dernier, ne passent guère plus aujourd’hui. A l’aube d’une deuxième vague de télétravail généralisé, il est donc urgent de s’adapter coûte que coûte et d’apprendre à soigner son image, même lors de visioconférences.

Un décors tout sauf anodin

Cinq secondes, c’est le temps qu’il faut à notre interlocuteur pour se faire une première impression. Si autrefois, cette dernière dépendait de notre démarche ou de notre allure, elle se base désormais également sur notre décor, visible à l’arrière-plan lors d’un rendez-vous vidéo. 

«En voyant qu’une pièce est mal rangée, on transpose facilement cela aux compétences professionnelles de la personne et l’on débute la conversation avec des a priori. L’image que l’on renvoie même avant le son doit se préparer proactivement», souligne Renaud Margairaz, cofondateur de Ricochets Communication.

Proposés par les plateformes de conférences à distance tels que Zoom, de nombreux fonds factices de plages, de galaxies étoilées et autres images prétextes ont ainsi fleuri sur nos écrans en avril. Une pratique à éviter selon le spécialiste: «Souvent mal réalisés ou peu appropriés, ces accessoires renforcent rarement le professionnalisme de la personne qui les utilise. Les entreprises soucieuses de l'apparence numérique de leurs collaborateurs peuvent développer le leur aux couleurs de la marque.»

L’autre option souvent favorisée par les télétravailleurs est celle de flouter son décor. «Le cas typique de celui qui veut contrôler son image en minimisant les efforts», indique Renaud Margairaz. Pourtant flouter peut parfois avoir l’effet contraire de celui escompté. Comme le prouve le magazine Harvard Business Review, cela affecte le réflexe de confiance qu’induit la visioconférence. «Avec ces appels vidéos, nous faisons pénétrer un inconnu chez nous. Soit on s’adapte en s'arrangeant un espace pro à la maison soit on floute mais on donne l’impression d’avoir des choses à cacher», précise l’expert en communication.

Renaud Margairaz

Finalement, tout dépend du message que l’on souhaite passer et de son audience. Si l’on veut mettre son expertise en avant, on arborera en fond des diplômes ou une bibliothèque dont les livres seront judicieusement sélectionnés. «Autrement dit, on mettra en avant les éléments clés renforçant cette image de savoir-faire», ajoute Renaud Margairaz. Au contraire, si la volonté première est de créer un lien, un savoir-être et l’aspect social, on va davantage exposer des objets personnels qui permettront de briser la glace lors de la rencontre.

Attention néanmoins à ne pas paraître arrogant en faisant la liste de ses trophées ou en se pavanant devant sa piscine. «Il faut garder en tête qu’il est toujours préférable d’en faire moins que trop. Il faut éviter d’avoir trop de distractions et opter, le cas échéant, pour un mur blanc basique, impersonnel mais malgré tout efficace», conclut le communicant.

Des détails qui ont leur importance

Ainsi, le décor environnant joue un rôle primordial, certes, mais il faut également veiller à ne pas délaisser son propre personal branding. «C’est ce qui vous différenciera de la concurrence et vous permettra de gagner la confiance de clients ou d’employeurs potentiels», assure Fanny Comba, fondatrice de Comba Consulting et stratégiste de marque employeur. 

Fanny Comba

Pour cela, tout commence par les réseaux sociaux. «L’interlocuteur risque de vous chercher sur Google et sept recruteurs sur dix consultent les réseaux sociaux en premier lieu. Il est donc important d’entretenir sa présence numérique, et surtout, de la rendre réelle!», décrit la stratégiste.

Comme dit l’adage: «Vous n'avez jamais une seconde chance de faire une première impression», tout télétravailleur en quête d’image soignée devra donc donner envie de le rencontrer via ses réseaux sociaux et séduira par son authenticité lors de la visioconférence. Seul problème: le langage non verbal étant tronqué lors d’un appel vidéo, le défi est de valoriser son image par d’autres biais. Fanny Comba en relève trois principaux.

Tout d’abord, la logistique. «Concernant la lumière, l’éclairage doit être frontal mais pas éblouissant afin que l’attention soit centrée sur vous. Le son aussi doit être travaillé avec l’utilisation d’un micro, de préférence, afin d’éviter les sons parasites qui déconcentrent», signale-t-elle. Ensuite, le cadrage. La caméra doit être positionnée de manière à ce que l’on puisse voir uniquement les épaules et la tête pour un effet naturel vous mettant en valeur. Fanny Comba désigne également le fait de se tenir droit sur sa chaise et regarder l’objectif afin de donner le sentiment à l’autre qu’il est fixé dans les yeux.

Finalement, le point crucial concerne la tenue vestimentaire. Ici, les mêmes remarques que lors d’un face-à-face s’appliquent car télétravailler ne rime pas avec se laisser aller. 

«Ce conseil paraît bête mais certaines personnes négligent ce dernier élément et peuvent parfois donner lieu à des situations cocasses. En terme de personal branding, c’est un zéro pointé!», termine la spécialiste.


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Julie Müller

Journaliste à Bilan

Lui écrire

Du Chili à la Corée du Sud, en passant par Neuchâtel pour effectuer ses deux ans de Master en journalisme, Julie Müller dépose à présent ses valises à Genève pour travailler auprès de Bilan. Quand cette férue de voyages ne parcourait pas le monde, elle décrochait des stages dans les rédactions de Suisse romande. Tribune de Genève, 24 Heures, L'Agefi, 20minutes ou encore Le Temps lui ont ainsi ouvert leurs portes. Formée à tous types de médias elle se spécialise actuellement dans la presse écrite économique.

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