Bilan

Salon de l'auto 2018: l'électrique poursuit sa percée

Derrière les concepts cars autonomes et connectés, le Geneva Motor show qui s'ouvre ce mercredi au public fait encore la part belle aux sportives de luxe. Une tendance sensible toutefois, les motorisations électriques gagnent tous les niveaux de gamme.
  • La motorisation 100% électrique du SUV Porsche Mission E délivre 600 chevaux de puissance

    Crédits: Porsche
  • Concurrent du Mission E de Porshe, le SUV électrique I-Pace de Jaguar se distingue par son esthétique plus agressive.

    Crédits: Jaguar
  • Concept de taxi collectif autonome futuriste, EZ-GO  de Renault vise à repenser l'habitacle du véhicule sans chauffeur.

    Crédits: Renault
  • La société zurichoise Rinspeed pense un système d'habitacle connecté, amovible du chassis, nouvel espace de vie mobile et sédentaire.

    Crédits: Rinspeed
  • Premier hybride véhicule-hélicoptère produit en série, le Pal-V Liberty permet de moduler son trajet entre vol et conduite automobile.

    Crédits: Pal-V
  • Le modèle hommage à Ayrton Senna, trois fois champion du monde de F1 au volant d'une McLaren

    Crédits: McLaren

Pas de révolution, mais une évolution remarquée pour l’édition 2018 du Geneva Motor show, qui ouvre ses portes au public ce mercredi matin à Palexpo. L’électrique est désormais incontournable. A l’image du Mission E Cross turismo de Porsche, dévoilé en première mondiale.

Lire aussi: A Genève, l'automobile en pleine forme et en plein doute

Le crossover, dont les lignes ne manquent pas d’évoquer le modèle phare 911 de la marque, affiche 600 chevaux et 3,5 secondes pour monter de 0 à 100km/h. Des performances propres à rivaliser avec les véhicules thermiques proposés par le constructeur allemand.

Les modèles électriques à l’affiche

En écho, le SUV I-Pace de Jaguar, présenté également à l’occasion du salon, pourrait être commercialisé dès l’automne 2018, avant les modèles concurrents de chez BMW et Mercedes, pas attendus avant 2019. Capot court, profil racé, l’I-Pace affiche des proportions impressionnantes, en particulier un empâtement record de près de 3 mètres, et 400 chevaux de puissance. Audi tente également de s’inscrire dans la tendance avec le dévoilement de son SUV électrique E Tron, dont 250 modèles tournent actuellement, en version camouflée, en ville de Genève.

D’une manière plus générale, les grands constructeurs mettent en avant les modèles électriques, parfois au détriment des motorisations classiques. Renault, qui consacre l’ensemble de sa vitrine à sa gamme électrique, relègue les motorisations classiques au second plan. «Le passage à l’électrique n’est plus une option ou simplement un argument de communication, c’est une nécessité, estime un ingénieur du constructeur français. L’évolution de la législation et du rapport des usagers à l’automobile rend ce développement incontournable.» Renault envisage 10% de véhicules électriques à l’horizon 2022.

La mobilité autonome commence à poindre

Autre évolution, la présentation de concept cars de véhicules entièrement autonomes sans pédales ni volant, au design futuriste. L’EZ-GO de Renault est vitrée sur l’ensemble des parois et plafonds et met en vis-à-vis l’ensemble des passagers. S’ouvrant verticalement par l’arrière, le véhicule permet la montée par une rampe. Plus surprenant encore, la société Suisse Rinspeed de Zumikon, près de Zurich, propose un concept d’habitacles amovibles, qui se fixent à la demande sur un chassis, déjà présenté au CES de Las Vegas début 2018.

Pensé comme un espace de vie, l’habitacle connecté par l’américain Harman intègre notamment une tablette. La reconnaissance faciale des passagers permet une personnalisation de la prestation comme l’explique Frank Rinderknecht, CEO de Rinspeed: «Une fois le déplacement effectué, le chassis se détache de l’habitacle et peut partir pour effectuer d’autres courses. Le passager peut rester dans l’habitacle, stationné, et par exemple travailler. Via la reconnaissance faciale, il est immédiatement connecté à ses mails, ses dossiers, son emploi du temps.»

A Palexpo toutefois, les nouvelles tendances de la mobilité, si elles se développent, restent encore largement minoritaire face à l’offre sportive classique, caractéristique de l’événement. McLaren présentait son modèle hommage à Ayrton Senna, le champion brésilien décédé en 1994 et trois fois champion du monde au volant d’une F1 de la célèbre marque. Avec 800 chevaux pour le poids d’une citadine standard (1,2 tonnes), le modèle bien qu’homologué pour la route, sera plus à l’aise sur circuit. Tous les modèles présentés sont thermiques, mais le constructeur travaille au développement d’une gamme hybride qui pourrait représenter 50% de sa production à l’horizon 2022.

Curiosité: un véhicule volant de série

Si le futur commercial de certains concept cars présentés reste pour le moins incertain, quelques prototypes futuristes parviennent à devenir commercialisés. Impossible ainsi, en entrant halle 1, de ne pas remarquer le Pal V, de conception hollandaise. Hybride entre une automobile et un hélicoptère, il permet de moduler son trajet entre vol (jusqu’à 190 km/heure) et route (jusqu’à 160 km/heure). Premier véhicule du genre produit en série et commercialisé, il marque la concrétisation d’une aventure commencée en 1999. Equipé de deux moteurs, par sécurité, il fonctionne avec du sans plomb 95.

Certes, le tableau de bord évoque d’avantage celui d’un avion de ligne que celui d’une automobile classique, mais Robert Dingemanse tient à rassurer: «Il est très facile à conduire. De plus, sur le salon, la licence de pilote privé est offerte à l’achat.» Il faudra tout de même compter entre 300'000 et 500'000 francs pour caresser le rêve de survoler les embouteillages. L’entrepreneur travaille actuellement sur une version autonome: «il est plus envisageable d’envisager des flottes de véhicules autonomes dans le ciel car il n’a y a pas les obstacles imprévisibles, comme les piétons ou les animaux.»

Le visiteur qui n’aura pas pu se payer le Pal V pourra tenter de se consoler avec une expérience plus abordable de véhicule autonome. Les Transports publics genevois (TPG) mettent en service des navettes autonomes Navya qui effectueront la liaison du parking à Palexpo. Un test grandeur nature pour les TPG, compte-tenu de l’affluence de 700'000 personnes espérée par les organisateurs.

Lire aussi: Le déclin du diesel se confirme à Genève

 

 

Joan Plancade
Joan Plancade

JOURNALISTE

Lui écrire

Diplômé du master en management de l’Ecole supérieure de Commerce de Nantes, Joan a exercé pendant sept ans dans le domaine du recrutement, auprès de plusieurs agences de placement en France et En Suisse romande. Aujourd’hui journaliste indépendant, Il travaille en particulier sur des sujets liés à l’entreprise, l’innovation et l’actualité économique.

Du même auteur:

Les sociétés de conseil rivalisent avec l’IMD
Comment la sécurité se déploie aux frontières entre la France et la Suisse

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."