Bilan

Ruag prend la pole position dans Ariane 6

A l’occasion du 238ème tir d’Ariane mercredi soir, Ruag Space a déployé en avant-première ses composants pour la future fusée européenne Ariane 6.
  • A l'occasion du 238ème tir d'Ariane, Ruag Space a déployé ses nouvelles technologies avec trois ans d'avance. 

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  • Ruag Space conçois et produit la coiffe des Ariane 5 et bientôt 6 qui protègent les satellites. 

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  • Dans sa nouvelle usine d'Emmen, Ruag Space peut produire des pièces géantes en fibre de carbone en se passant des couteux fours autoclaves. 

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  • Peter Guggenbach dirige la filiale spatiale du groupe Ruag. 

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  • 40% moins chères, les fusées Ariane 6 vont commencer à être exploitées à partir de 2020.

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Quatre-vingtième tir consécutif réussi d’Ariane 5 et deux-cent trente huitième tirs du lanceur européen, la mise en orbite de deux satellites (un pour Immarsat, l’autre pour l’agence de l’espace indienne), depuis Kourou dans la nuit du 28 au 29 juin, marque une prouesse technologique et industrielle pour Ruag Space. La coiffe de 17 mètres qui protège les satellites a, en effet, été produite avec les mêmes nouvelles technologies qui équiperont les nouveaux lanceurs Ariane 62 à deux moteurs et 64 à quatre moteurs à partir de 2020. Soit une avance de trois ans sur le programme.

Cette avance dit aussi l’évolution de l’industrie spatiale. Pour demeurer compétitif vis-à-vis de la montée en puissance  des opérateurs privés, les sous-traitants européens d’Ariane doivent se mettre en phase avec l’objectif d’une réduction de 40% des coûts d’Ariane 6 par rapport à la version 5. Ruag Space y est parvenu non seulement pour la coiffe des fusées mais aussi pour ses autres composants spatiaux.

40% d’économies

Pour la coiffe en fibre de carbone, l’entreprise a réussi à se passer dans sa nouvelle usine d’Emmen des très chers fours autoclaves utilisés jusque-là. Cela permet aussi de réaliser en une fois des pièces beaucoup plus grandes (jusqu’à 21 mètres de long et 7 mètres de diamètre). Ruag est aussi présent sur Ariane 5 via l’ordinateur de bord de 2,3 kilo qui contrôle les 750 tonnes de la fusée embarqués. Pour l’électronique, l’entreprise fait appel à de plus en plus de composants du marché qu’elles requalifient pour être compatible avec les exigences du spatial.

Ce positionnement industriel est central au moment où l’industrie spatiale connait une phase de renaissance (découvrez notre analyse dans l'édition print de Bilan en kiosque à partir du 5 juillet). Entre l’exploration de Mars, les débuts du tourisme spatial, les projets d’internet à haut débit global, la surveillance des émissions de CO2  voir l’exploitation des astéroïdes, les nouveaux projets ne manquent pas.

Fournisseur de Space X

D’autant qu’aux agences publiques comme la Nasa et l’ESA s’ajoutent les projets des milliardaires comme Elon Musk avec ses lanceurs réutilisables pour Space X, Greg Wyler, et sa constellation de satellites OneWeb,  Jeff Bezos le fondateur d’Amazon qui construit une usine de fusées en Alabama pour Blue Origin, Richard Branson qui prépare le tourisme spatial avec Virgin Galactic  ou bien encore le cofondateur de Microsoft, Paul Allen et son avion lanceur de fusées, le Stratolaunch.

Déjà fournisseur de OneWeb et de Space X, Ruag Space a un boulevard pour déployer ses technologies. Et l’avance prise dans le programme Ariane 6 pour la démontrer à ses clients.

Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Lui écrire

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

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