Bilan

Robots: la Chine devient un géant

Les objectifs des autorités sont ambitieux. D’ici à 2020, les entreprises devront produire 40% de la production mondiale de robots.

La Chine ambitionne de passer de 49 à 150 robots pour 10'000 travailleurs dans les années à venir.

Crédits: AP

L’atelier du monde se restructure en profondeur. La Chine remplace en effet de plus en plus ses ouvriers par des robots. Avec le programme «Made in China 2015», les autorités visent à réduire la dépendance technologique des entreprises vis-à-vis de l’étranger et à faire de leur pays un acteur-clef de la branche. D’autant que les besoins s’annoncent importants avec la croissance fulgurante des géants chinois de l’e-commerce comme Alibaba.

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La Chine est déjà devenue le plus gros importateur de robots au monde. Et, selon la Fédération internationale de robotique, un tiers de la production mondiale sera installé en Chine d’ici à 2018. Mais les dirigeants du pays ne comptent pas s’arrêter là.

De 49 à 150 robots pour 10'000 travailleurs

D’ici à 2020, les objectifs fixés visent une production annuelle de 100'000 robots industriels (soit 40% de la production mondiale), une densité de 150 robots pour 10'000 travailleurs (contre 36 en 2016) et des ventes pour un montant de 4 milliards de dollars (soit presque autant que le chiffre d’affaires total réalisé en 2016 par la branche au niveau mondial). Pour remplir leur mission, les Chinois ont notamment acquis plusieurs fabricants de robots à l’étranger. Parmi leurs emplettes: le groupe allemand de machines-outils Kuka. Un acquisition qui a provoqué une violente polémique de l’autre côté du Rhin.

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Actuellement, avec 49 robots pour 10'000 travailleurs, le taux de robotisation est inférieur dans l’Empire du Milieu à celui d’autres pays comme la Corée du Sud (531) et l’Allemagne (301). Une comparaison par branche montre que plus du tiers du parc total de robots est installé dans l’industrie automobile. La Fédération internationale de robotique indique que celle-ci comptait en 2015 quelque 390 robots pour 10'000 collaborateurs.

Selon une étude de Boston Consulting Group, le prix de base d’un robot a chuté de 40% au cours de ces dix dernières années et il devrait encore baisser de 20% d’ici à 2027. Des millions d’ouvriers chinois risquent donc de perdre leur job.

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Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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