Bilan

Raizers débute sa conquête européenne par la Suisse

La plateforme franco-suisse de crowdfunding pour des prises de participation en capital et des prêts aux start-up affiche une ambition pan-européenne.
  • Le renaissance de la marque horlogère suisse Czapek a pu voir le jour grâce à un projet porté sur la plateforme Raizers.

    Crédits: Image: DR
  • La plateforme de publicités en ligne Ads.ch et l'horloger Czapek sont les premiers projets suisses de la plateforme européenne Raizers.  

    Crédits: DR
  • L'entrepreneur genevois Maxime Pallain est l'un des initiateurs de Raizers.

    Crédits: Image: DR

Lancée en janvier 2014 par Maxime Pallain, Grégoire Linder et Jesper Fjordbak, trois entrepreneurs respectivement genevois, français et danois, la plateforme de crowdfunding Raizers se distingue par son caractère pan-européen. Elle offre aussi la possibilité à ses utilisateurs d’investir dans des startups sous forme de prise de participation au capital mais aussi de prêts destinés à ces entreprises.

Un statut reconnu

Après avoir obtenu l’agrément de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) en France en novembre 2014 (avec le statut de conseiller en investissements participatifs) puis avoir reçu le blanc-seing de la FINMA en Suisse après que son modèle ait été passé en revue, son activité démarre début 2015.  La start-up française Tagawine, un « Shazam » du vin qui reconnait les étiquettes pour comparer les prix ou savoir avec quels plats les associer, lève 250 000 euros en deux mois auprès d’une cinquantaine d’investisseurs. Quatre autres projets ont depuis été financés à hauteur de 600 000 euros en moyenne. Six autres n’atteindront pas leurs objectifs et sont en stand-by.

«Nous nous sommes rendus compte qu’il est important qu’un premier cercle investisse tout de suite entre 10% et 20% du montant recherché », explique  Gabrielle Guirriec, la responsable de l’activité prêts de la plateforme. Les prises de participation au capital sont systématiquement minoritaires (entre 15% et 25% du capital). Dans le cas de la dette, les montants levés servent souvent à en compléter d’autres trouvés auprès des banques classiques.

Partenariat avec Inartis et Genilem

Avec des partenaires comme Inartis et Genilem pour la sélection des start-up, la plateforme a démarré son activité suisse début novembre avec deux projets. Ads.ch est une bourse de publicités en ligne (adexchange). Czapek est une entreprise horlogère haut de gamme qui relance une marque créée au XIXème siècle par le premier associé de Patek. En 15 jours, la première a atteint 12% du financement recherché et la deuxième 16%. Il apparait que la dimension transfrontière de cette plateforme joue en faveur des projets. Les premiers projets français avaient attiré 20% d’investisseurs helvétiques. Dans le cas des deux projets suisses, les fonds viennent pour moitié de chaque côté de la frontière.

Raizers fait cependant face à une concurrence très dure dans le crowdfunding en capital qui est une spécificité européenne. Pareil appel à l’épargne n’est pas possible aux Etats-Unis. En France, SmartAngels, Anaxago et Wiseed sont déjà de très gros acteurs. Et de même dans le cas d’Investiere en Suisse. «Une de nos particularités est d’avoir dématérialisée non seulement la levée de fonds mais aussi tous les processus associés à une prise de participation : documents juridiques, assemblée générale en ligne, etc. », explique Gabrielle Guirriec.

L’entreprise commercialise aussi sa plateforme sous forme de marque blanche. L’école de commerce parisienne EDC l’utilise par exemple pour les projets de crowdfunding adressés à sa communauté d’ancien élèves. Movies Angels fait de même pour le financement participatif de films. 

Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Lui écrire

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

Du même auteur:

«Le prochain président relèvera les impôts»
Dubaï défie la crise financière. Jusqu'à quand'

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

"Tout ce qui compte.
Pour vous."