Bilan

Qui sont les futures cibles potentielles de Facebook?

Pour 19 milliards de dollars, Facebook a donc racheté WhatsApp. Une étape de plus dans la consolidation de ce secteur des applications et réseaux sociaux. Mais qui pourraient être les prochaines cibles des rachats?
  • En rachetant Whatsapp pour 19 milliards de dollars, Facebook marque un coup très fort sur le marché des applis et des réseaux sociaux.

    Crédits: Image: Brendan Smialowski/AFP
  • WhatsApp devient le réseau social/appli de messagerie le plus cher jamais racheté.

    Crédits: Image: Lionel Bonaventure/AFP
  • Les créateurs de Snapchat ont refusé plusieurs tentatives de rachat de Facebook et Google ces derniers mois.

    Crédits: Image: Lionel Bonaventure/AFP
  • Venue d'Asie, l'appli Line a connu une croissance phénoménale en Corée et au Japon et s'apprête à créer un tsunami en Europe et aux USA...

    Crédits: Image: DR
  • Autre appli de messagerie venue d'Asie, Kakao Talk a su conquérir le marché coréen et se faire une place au Japon. D'autres marchés pourraient être visés.

    Crédits: Image: Park Ji-Hwan/AFP
  • Une autre appli mobile de communication, Voxer, permet d'envoyer en différé des messages vocaux et s'est fait une place sur les marchés émergents, ce qui pourrait intéresser les majors.

    Crédits: Image: DR

Skype en 2011, Instagram et Vine en 2012, Tumblr en 2013, et donc Viber et WhatsApp en 2014. Le rythme des rachats semble s'accélérer dans l'univers des réseaux sociaux, messageries web et applications destinées à communiquer en ligne. Et dans cet univers, une lutte à cinq semble se dessiner pour le moment: Microsoft, Google, Yahoo!, Facebook et Twitter rivalisent à coups de millions ou d'anticipations stratégiques.

Si les trois premiers sont plus anciens et issus d'un temps où le web se concevait en portails sur lesquels l'internaute surfait sans réelle interaction avec ses semblables, les deux autres ont donné le «la» dans l'univers des réseaux sociaux et de la connectivité entre les utilisateurs. Mais ces deux font aussi face à un ralentissement de leur croissance: Facebook perd des parts de marché chez les jeunes utilisateurs, tandis que Twitter vient d'annoncer des résultats moins florissants que prévu.

Se réinventer ou racheter

Pour les quatre acteurs, il est donc crucial de se renouveler, de se réinventer. Mais sans perdre leurs abonnés actuels, fidélisés et habitués à un produit. La croissance interne se conçoit donc en étoffant l'offre de services (Instagram a ainsi permis à ses abonnés d'échanger des vidéos en plus des messages photos), tandis que la croissance externe voit ces quatre majors se pencher sur la concurrence. Et comme le web n'est plus, depuis quinze ans, une «encyclopédie en ligne améliorée» mais un outil de communication complet, ce sont les réseaux sociaux, applications de communication et service de messageries en ligne qui figurent dans la ligne de mire.

En moins de trois ans, Microsoft a donc dépensé 8,5 milliards de dollars pour acheter Skype, Yahoo! 1,1 milliard pour Tumblr, Facebook 1 milliard pour Instagram et donc 19 milliards pour WhatsApp. Sans même compter les 31 startups rachetées par Twitter avant que leur prix n'affole les marchés.

Assiste-t-on donc à une concentration dans ce secteur? Ou la floraison de nouvelles applis et de réseaux sociaux innovants ou de niche permet-elle au contraire de diversifier l'offre? Le développement d'une appli est désormais à la portée de n'importe quelle équipe de développeurs. La niche généraliste étant occupée (dans les pays développés en tout cas), c'est vers les fonctionnalités et publics ciblés que les potentiels de croissance restent les plus élevés.

Snapchat affirme son indépendance

L'une des applis qui a le mieux compris ce raisonnement est Snapchat. Les étudiants de Stanford qui ont développé ce système de messagerie délivrant des contenus à durée de vie limitée ont vu leur produit plébiscité par le grand public dès les premiers mois de 2012, à peine quelques mois après le lancement à l'automne 2011. Immédiatement, Facebook a été sur les rangs pour racheter la startup. Mais Evan Spiegel et Bobby Murphy, les deux fondateurs, ont refusé successivement deux offres de Mark Zuckerberg chiffrées à un milliard de dollars en 2012 puis à trois milliards de dollars en novembre 2013. Même refus poli mais ferme à une offre supérieure encore (quatre milliards) venant de Google en fin d'année 2013.

Si Snapchat figure dans le viseur des majors, d'autres applis et réseaux sociaux pourraient se retrouver dans la liste de courses des cinq géants dans les semaines et les mois à venir. Ainsi, un nouveau venu en Europe et aux USA a déjà fait ses preuves en Asie: Line. Cet appli développée en Corée du Sud et au Japon permet d'échanger messages et appels sous forme de données. Le démarrage a été fulgurant avec 100 millions d'utilisateurs en 19 mois (Facebook avait mis 54 mois pour atteindre ce score et Twitter 49), et près de 250 millions aujourd'hui, alors même que l'Europe et l'Amérique du Nord sont des marchés ouverts extrêmement récemment.

Le mobile au coeur de la stratégie

En Asie toujours, une autre appli cartonne sur le même créneau: Kakao Talk détient 88% du marché sud-coréen et 6% du marché japonais des échanges de messages et appels. Une extension de l'offre à d'autres continents est à l'étude.

De l'autre côté du Pacifique, une startup californienne a développé Voxer, une appli qui permet à la fois de passer des appels en ligne et d'envoyer des messages audio programmés au destinataire de son choix. Cette fonctionnalité lui a permis de se faire une place au soleil, notamment dans les pays émergents (17% du marché au Brésil).

Et c'est bien là que résident les potentiels les plus élevés. La faiblesse des réseaux de l'internet traditionnel en raison d'infrastructures (câble, fibre optique, coût du matériel informatique) déficientes ont projeté ces populations directement dans l'univers du mobile. Et là, les applis qui montent ces derniers mois (Jelly, Lulu, Waze ou Pheed) pourraient constituer des cibles alléchantes.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Du même auteur:

Offshore, Consortium, paradis fiscal: des clefs pour comprendre
RUAG vend sa division Mechanical Engineering

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."