Bilan

Quatre startups romandes partent pour la Silicon Valley

Les lauréats du concours Venturelab s’envoleront en mars pour la Californie afin d’effectuer un road show qui doit leur permettre de se faire connaître auprès des investisseurs.

Sur dix startups lauréates du concours de l’accélérateur Venturelab, quatre sont romandes.

Crédits: DR

Une nouvelle Swiss National Startup Team est prête à s’envoler pour la Silicon Valley à la fin mars dans le cadre de l’édition 2019 du Venture Leaders Technology. «Il s’agit de la 4ème édition du concours dans sa déclinaison technologique. Quelque 30 startups sont déjà parties à New York ou à la Silicon Valley lors des dernières éditions. L’opération globale Venture Leaders existe maintenant depuis 15 ans», explique Jordi Montserrat, cofondateur et Managing partner de Venturelab. Pour cette édition, dix sociétés suisses ont été sélectionnées par un jury d’experts et d’investisseurs sur quelque 130 candidatures.

Organisé par l’accélérateur et programme national de formation Venturelab, ce concours offre l’occasion aux entrepreneurs helvétiques les plus innovants de rencontrer d’importants investisseurs aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde. «L'année dernière, par exemple, nous avons eu des séances de présentation avec Battery Ventures, Founders Fund et NEA. Des acteurs qui ont tous plusieurs milliards de dollars d'actifs sous gestion. Le programme des investisseurs pour 2019 est tout aussi prometteur», déclare Stefan Steiner, co-directeur de Venturelab. Les lauréats se sont présentés au public lors d’une manifestation qui s’est tenue début mars à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich. Cette année, quatre startups des dix startups sont romandes. Présentation des lauréats.

Gaspillage alimentaire et 3D

«Lors de ma thèse de doctorat à l'Université de Lausanne, je travaillais sur les facteurs qui rendent certaines plantes plus résistantes aux moisissures, ce qui m'a permis d'identifier les premières molécules antifongiques. L’identification d’une opportunité du marché pour fournir des solutions antifongiques bio-inspirées pour l’avant et l’après-récoltes m'a conduit à créer AgroSustain avec deux co-fondateurs : Jean-Pascal Aribot comme directeur commercial et Sylvain Dubey en tant que directeur de la technologie», relate Olga Dubey.

Cofondatrice et directrice générale d'AgroSustain à Epalinges (VD), la jeune femme a l’honneur d’avoir été nommée dans la catégorie science et santé par la dernière édition des 30 personnalités à suivre de moins de 30 ans du magazine Forbes. Formée d’une équipe de neuf personnes, la startup vaudoise s’est attaquée à un problème à la fois écologique et économique. L’équivalent de 60 milliards de francs de fruits, baies et légumes frais est gaspillé chaque année en raison des moisissures après-récolte.


Autre société lauréate, Mirrakoi (à Lausanne) fournit une toute nouvelle solution pour la conception assistée par ordinateur qui a pour ambition de rendre la 3D accessible, intuitive et rapide. Mirrakoi a développé un logiciel qui simule le contact physique réel pendant le processus de modélisation numérique 3D et permet à toute personne ayant une idée de devenir designer. CEO de cette startup de l’EPFL, Daniel Schmitter indique : «Nous venons de lancer notre premier produit sur le marché. C'est une étape importante pour nous car c'est le premier pas vers la création d'un réseau mondial de revendeurs qui auront pour mission de distribuer nos produits.»

Un ouvre-bouteilles connecté

Fondatrice de Mobbot, Agnès Petit ne fait pas dans la litote : «Avec Mobbot, je veux démocratiser l’impression 3D de béton et offrir plus d’efficience dans un secteur très traditionnel et conservateur.» Basée à Fribourg, la société permet aux entreprises de construction de réduire leurs coûts de fabrication et d'installation de 70%. Mobbot offre un procédé entièrement numérisé allant de la numérisation 3D de la tranchée ouverte aux produits en béton faits sur mesure avec fabrication d'additifs. Au sujet du voyage à la Silicon Valley, Agnès Petit déclare: «Evidemment les objectifs sont de susciter l’intérêt d’investisseurs pour le premier tour de financement et d’obtenir des retours constructifs. Il s’agit aussi d’échanger un maximum avec les autres start-up pour en sortir grandi.»

Dernier projet romand: l’ouvre-bouteilles intelligent de la startup lausannoise Wecheer. Ce concept allie l'internet des objets, le Big Data et les médias sociaux. L’objectif est de transformer le marketing dans l'industrie des boissons afin de rapprocher les marques des consommateurs. Une équipe d’une quarantaine de personnes poursuit se répartit en la Suisse, le Vietnam et le Mexique. Le fondateur Karim Choueiri dévoile: «Le défi majeur de cette année est de développer notre activité au niveau des tenanciers de bars en Espagne et en Colombie. Notre but est aussi de clore notre série B de financement d’ici la fin de l’année afin de pouvoir se lancer le produit au grand public.» Actuellement basé au Vietnam, l’entrepreneur a travaillé dix ans dans le marketing chez Nestlé avant de lancer Wecheer.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan et community manager pour le site bilan.ch, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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