Bilan

Quand les robots revalorisent l’humain

De retour à Genève, cinq ans après sa première édition au CERN, la conférence TEDx Transmedia a questionné, mercredi après-midi, les liens entre humains et machines.
  • NAO, le robot qui a ouvert la conférence.

    Crédits: Image : TEDx & Lisa Lemée
  • La danse comme vecteur d'émotion, un exposé mêlant voix & danse, par Inès Flammarion du Flux Laboratory à Genève et Alessia Sacco.

    Crédits: Image : TEDx Transmedia & Lisa Lemée
  • Sabine Seymour.

    Crédits: Image : Camille Andres
  • Carolina Schira, créatrice zürichoise de Custom Made Beauty, spécialisées dans les chaussures customisées.

    Crédits: Image : Camille Andres
  • Gaëlle Barth.

    Crédits: Image : Camille Andres

Des yeux ronds comme des billes, une pose à la Usain Bolt et un mini-speech de bienvenue. S’il n’a pas parlé longtemps, NAO, le robot qui a ouvert la cinquième conférence TEDx Transmedia, a séduit son auditoire, venu nombreux dans les studios de la RTS pour la nouvelle édition suisse de l’événement, après trois éditions en Italie.

La conférence, sur le modèle des fameuses rencontres TED, initiées par l’organisation éponyme il y a vingt-cinq ans en Californie et depuis diffusée dans le monde entier, réunit selon un schéma bien rôdé des créateurs, startuppers, théoriciens... Mercredi, seize d’entre eux sont venus « pitcher » leurs idées, cette année liées à la « beauté exponentielle ». Un thème choisi par Nicoletta Iacobacci, organisatrice de l’événement, responsable de la stratégie et des nouveaux médias pour l'European Broadcasting Union (EUB).

La beauté, moyen d’apprivoiser les innovations

Danse, musique, et séries de pitches : les interventions ont présenté les nouvelles technologies, notamment les NBIC (nanotechnologies, biotechnologie, informations et sciences cognitives), sous le prisme de l’esthétique. Avec une question sous-jacente : si les NBIC sont incontrôlables, et parfois effrayantes par les possibilités qu’elles offrent, la beauté peut-elle aider à les apprivoiser, les reconsidérer, les appréhender différemment ?

NAO, conçu par la start-up française Aldebaran Robotics a offert un terrain de réflexion intéressant: le petit robot blanc s’est révélé particulièrement utile dans l’interaction avec les enfants autistes, comme l'a expliqué l’italien Marco Lombardo, co-fondateur de Behaviour Labs, qui distribue le produit en Italie. Le robot offre aujourd’hui des perspectives entièrement nouvelles aux thérapistes. « Le marché des robots sociaux est comme celui des ordinateurs en 1970 : ils sont les ‘next big thing ‘ », affirme l’entrepreneur, convaincu qu’« un robot peut parfois être plus efficace qu’un humain, pas seulement pour l’autisme, mais pour secourir des victimes d’un tremblement de terre, par exemple ».

‘Augmenter’ l’humain et ses capacités

La technologie, non comme une menace, mais comme une possibilité d’’augmenter’ l’humain dans ses capacités. C’est la conviction partagée par Sabine Seymour. Cette chercheuse new-yorkaise, grande fan de snowboard, conçoit des vêtements dotés de capteurs, permettant à terme de réguler sa propre température. « La technologie nous permet de comprendre l’environnement, le vent, l’humidité... des éléments qu’on ne sait plus lire, car vivre en ville nous éloigne de capacités qui sont en nous. Les vêtements que je crée nous aident en réalité à retrouver nos qualités intrinsèques ».

Si les NBIC et particulièrement les robots effraient, comme l’a rappelé Nikolaos Mavridis, concepteur de robots intelligents, c’est parce qu'ils peuvent être programmés pour tuer et prendre des décisions non éthiques. Mais pour ce chercheur, « il faut que l’humanité se souvienne que la beauté est dans la relation », et c’est dans l’interaction avec les machines que peut justement naître non seulement le beau, mais aussi le bien – des notions par ailleurs définies différemment selon chaque culture.

Une théorie illustrée avec brio par la Suissesse, Gaëlle Barth. Cette jeune étudiante âgée de 16 ans a appris à programmer en suivant des cours de l’EPFL. Elle a gagné en équipe le concours de la First Lego League en 2011, et s’est prise de passion pour la conception et la programmation de robots. Mais ce qui lui plaît, c’est l’aventure humaine. « La beauté, c’est le travail d’équipe, qui m’a appris que 1+1 = 3 : en additionnant les idées de chacun, nous créons quelque chose de totalement neuf et différent ».

Camille Andres

JOURNALISTE

Lui écrire

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."