Bilan

Quand la technologie rend le quotidien plus sûr

Capteurs, connectivité, internet des objets, wi-fi et Bluetooth… Ces innovations sécurisent de nombreux aspects de la vie quotidienne. Tour d’horizon des tendances en Suisse.
  • Face aux risques de terrorisme et de délinquance, la surveillance devient de plus en plus poussée.

    Crédits: Jon Feingersh/Getty images
  • Crédits: Dr

Cambriolages, délinquance de voie publique, infractions aux réglementations des lieux publics… Nos sociétés traversent une phase de contrôle accru des comportements. Si certains citoyens exigent le respect de leur vie privée de la part des autorités (comme l’a récemment prouvé la polémique opposant le FBI à Apple au sujet du cryptage de l’iPhone), la peur de la délinquance, de la criminalité et du terrorisme incite à une surveillance toujours plus poussée.

Lors des récents attentats de Bruxelles, certains outils technologiques ont été utilisés a posteriori. Ainsi, les caméras de vidéosurveillance ont permis de repérer les auteurs des attentats à l’aéroport, ou encore de remonter une partie de leur parcours le jour de l’attaque. Mais d’autres voix se sont élevées pour réclamer la mise en place de mesures plus poussées, en s’alignant sur les dernières innovations.

Lire aussi: Attentats: le procureur belge dément l'arrestation de Najim Laachraoui

Pour ce qui est des dispositifs de surveillance, une avancée est en route: «Le passage de l’analogique à l’IP (Internet Protocol), les performances accrues de la 4G et la généralisation de la haute définition vont nous permettre d’améliorer les résultats», estime Arnaud Ducrot, CTO de Protectas.

L'internet des objets mis à profit

Pour cet expert de la sécurité, l’évolution est cruciale: «Dès la fin des années 70, les premières lignes sécurisées d’alarmes entre domiciles de particuliers ou locaux d’entreprises et la société de sécurité sont apparues. Une part importante de notre métier, c’est la levée de doutes. Grâce à ces trois avancées technologiques, nous y parvenons à distance depuis un centre de monitoring. En cas d’alarme confirmée, on peut directement appeler la police, être plus efficace et réduire significativement les interventions sur de fausses alarmes.»

L’avenir proche, c’est aussi l’internet des objets. Avec la domotique, mais aussi des montres, voitures, mobilier urbain, vêtements et une multitude d’autres appareils en réseau, le monitoring sera accru. Selon Arnaud Ducrot, «il est important de gérer efficacement l’ensemble des informations produites. Chez le concerné et utilisateur, mais aussi sur demande dans une centrale professionnelle. C’est fondamental. Il existe déjà des offres de monitoring d’alarme traditionnelles, il faut les diversifier. Ce n’est pas aux utilisateurs de gérer seuls l’ensemble des signaux provenant de  ces smart devices. Une offre d’accompagnement professionnelle doit se développer.»

Une start-up issue de l’EPFL

L’efficience, c’est aussi le maître mot qui a guidé la démarche menée à l’aéroport de Genève. Ruben Jimenez, chef de la division sûreté de Cointrin, gère les procédures de sûreté sur le site, en lien avec les passagers, le personnel accédant en zone sécurisée et l’ensemble des fournitures destinées à l’aéroport. Un lieu exposé, comme l’ont encore démontré les kamikazes de Bruxelles. Depuis 2001, les autorités ont pris conscience des stratagèmes utilisés par les terroristes, notamment en dissimulant dans leurs chaussures des armes ou des explosifs.

«La réglementation ne nous oblige pas à faire retirer leurs chaussures à tous les voyageurs avant le passage des portiques de sûreté. Quand une personne entend le portique sonner et doit retourner sur ses pas, enlever ses chaussures et repasser le portique, cela occasionne des allées et venues, synonyme de ralentissement», décrit Ruben Jimenez. Avec les contraintes du site, difficile d’ajouter des portiques. La recherche s’est orientée vers un dispositif visant à déceler instantanément la présence de métal dans les chaussures, mais sans ajouter d’étape dans le processus existant.

Lire aussi: Tous les vols de Genève vers Bruxelles sont annulés

Et c’est à une start-up issue de l’EPFL que Ruben Jimenez a demandé de développer la solution. Spin-off de l’école polytechnique fédérale, Sensima Inspection avait développé une technologie pour détecter des défauts, comme des fissures, dans des composants industriels (turbines d’avion). C’est un peu comme si on inversait le problème, au lieu de chercher des petits volumes vides dans des composants métalliques, on cherche des petites pièces métalliques sur les passagers, mais les techniques de détection sont proches.»

Le défi séduit Sensima Inspection: «Nous avons développé notre propre électronique que nous avons intégrée à une place très fine qui se présente comme un tapis: le passager, quand il présente sa carte d’embarquement, pose ses pieds sur ce tapis, face à l’agent, et la détection est instantanée. L’agent sait immédiatement s’il doit demander au passager d’ôter ses chaussures», détaille Frédéric Monnier, qui a piloté le projet chez Sensima.

Devant les perspectives offertes par ce système, Sensima a créé Sedect, société dévolue à ces développements. Les premiers tests ont donné satisfaction, des essais en situation devraient valider le procédé dans les prochains mois. «Avec cette solution, on effectue une vérification ciblée et anticipée des chaussures des passagers, ce qui rend les opérations plus fluides. Nous attendons une réduction du temps d’attente de 6 à 8% à la sûreté», se réjouit Ruben Jimenez.

Et le responsable de la sûreté à Cointrin ne compte pas s’arrêter là. Le Remote Screening, déjà adopté dans d’autres aéroports, va être poussé plus loin encore à Genève. D’autres sites se sont contentés de réunir le personnel scrutant les écrans des scanners de bagages de cabine dans un même lieu, afin de leur épargner le stress du bruit et des perturbations des files d’attente aux portiques. Cointrin va combiner les lignes bagages de cabine et de soute: les opérateurs surveilleront les images des deux processus, optimisant ainsi leur concentration et dégageant des capacités pour d’autres missions cruciales.

Lire aussi: La cybersécurité, du mobile à l'internet des objets

Dino Auciello

ANCIEN RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

Lui écrire

Dino Auciello a été rédacteur en chef adjoint à Bilan, responsable de bilan.ch, de novembre 2014 à juillet 2017. Il a rejoint Bilan en 2010, après avoir terminé ses études à l’Académie du Journalisme et des Médias de Neuchâtel.

Du même auteur:

Une PME en héritage: les clés d’une relève familiale réussie
Comment Cenovis s’attaque au marché alémanique

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."