Bilan

Prédire notre état de santé à 60 jours?

La startup lausannoise be.care lance en début d’année prochaine un outil qui analyse la fatigue de façon non invasive et qui propose des remédiations pour être plus en forme.

Laurence Besse et Pascal Zellner, deux des cofondateurs de becare.

Crédits: Olivier Evard

L’idée de be.care est simple: elle consiste à mesurer la fatigue des individus pour ensuite proposer des remédiations. La startup, basée à Lausanne, a été créée en août 2016 par cinq spécialistes de la santé: Laurence Besse, le professeur Grégoire Millet, les docteurs Pascal Zellner, Laurent Schmitt et Emmanuel Cauchy, ce dernier étant accidentellement décédé en avril 2018. A terme, la méthode inCorpus développée permet de réguler sa santé grâce à de l’analyse non invasive: le but est d’éviter des procédures comme des biopsies ou coloscopies.

Les capteurs et appareils de mesure enregistrent dans un premier temps différentes données. Elles sont traitées par une intelligence artificielle, qui propose des remédiations pour annihiler l’état de fatigue. L’application dirige ainsi le patient vers de l’hydrothérapie, de la physiothérapie, de l’aromathérapie ou encore vers une différente alimentation. Toutefois, la technologie coûte cher et nécessite un capteur, une application et le temps de faire les premiers tests de manière régulière. Encore dans sa phase bêta – «qui se passe très bien» selon Laurence Besse –, la startup se lancera sur le marché début 2019.

Be.care a choisi dans un premier temps un modèle B2B (business to business). La méthode sera vendue aux entreprises, coaches et assurances. «Par exemple, nous aimerions que la prime d’assurance soit réduite si la personne utilise inCorpus», explique Laurence Besse. Pour les employeurs, l’intérêt est d’améliorer les rendements en bénéficiant d’un personnel en meilleure santé. Be.care a réalisé ainsi un test dans un supermarché il y a deux ans.

«Le manager a relevé moins d’absentéisme», affirme Laurent Schmitt, chief training au sein de be.care. Comme tous les acteurs qui travaillent sur des appareils connectés dans le secteur médical, be.care doit répondre à des exigences de protection des données. «L’employeur n’y a pas du tout accès», avertit Laurence Besse, avant de poursuivre: «Elles sont cryptées sur un serveur médical et sont conformes à la réglementation.» Un point primordial sur lequel les fondateurs insistent. Car le système permet de prédire l’état de forme à 60 jours.

A terme, la startup lausannoise veut aussi s’établir dans le B2C (business to consumer) avec deux modèles: un freemium et un premium. Pour la partie gratuite, l’algorithme proposera des remédiations de base, mais pas toute l’étendue de la méthode. «Notre but est un peu humaniste. Même si nous ne sommes pas une entreprise philanthropique», note Laurence Besse. Qu’elle le soit ou non, la startup a levé un million de francs en private equity. Elle en espère deux supplémentaires d’ici à la fin de l’année. L’heure est aujourd’hui à la recherche d’investisseurs.

Plus de vingt ans de recherche

Pour mettre au point leur méthode, les scientifiques de be.care ont travaillé avec tous types de patients. Le nageur et médaillé olympique Alain Bernard fait partie de ceux qui ont testé la méthode. Mais les amateurs aussi peuvent en tirer des bénéfices. «La physiologie est la même pour tout le monde», avertit Laurent Schmitt. Pour régater face à la concurrence des autres acteurs du marché, la startup s’appuie sur ses propres recherches. Elle compte sur des données récoltées en plus de vingt ans. Les fondateurs de be.care collaborent avec le CHUV pour des projets de recherche, mais aussi avec le CSEM pour mettre au point une nouvelle méthode de mesure. Autant d’opportunités de parfaire leur méthode.  

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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