Bilan

Pourquoi les stars de la technologie courent au Burning Man

A mi-chemin entre la Kumbh Mela et la rave party, le festival Burning Man, qui se tient cette semaine dans le Nevada, est devenu le Davos des magnats de la Silicon Valley. Pretty cool.
  • La ville éphémère de Black Rock City dans le désert du Nevada sert de cadre au Festival du 25 août au 1er septembre.

    Crédits: Dailymail
  • L'étreinte, une sculpture de 22 mètres de Matt Schultz sera un des clous de l'expo du festival.

    Crédits: DR
  • Tenue de rigueur exigée? Extravagante, créative et sexy.

    Crédits: fastcompany.com
  • Le Minaret, un totem psychédélique à escalader de Bryan Tedrick attire les festivaliers.

    Crédits: DR
  • Chaque année, le festival se termine par l'immolation du burning man.

    Crédits: theatlantic.com

Lorsque Elon Musk, le fondateur de Paypal, Tesla et Space X, a été interviewé sur ce qu’il pensait de la série Silicon Valley,  lancée au printemps dernier par HBO, sa réponse a été : «J’ai le sentiment que le metteur en scène,  Mike Judge n’a jamais mis les pieds à Burning Man, le festival qui incarne l’essence même de la Silicon Valley. Si vous n’y avez pas été, vous ne pouvez pas comprendre. »

Initié en 1985 sur une plage de San Francisco, Burning man est une sorte de Paléo Festival qui ajoute au village de toile provisoire et aux concerts, une multitude de performances artistiques aussi bien sculpturales que sociales mais aussi psychédéliques et sexuelles. Sis dans le désert Black Rock du Nevada, la ville éphémère et utopique de Black Rock City, qui sert de cadre à l’évènement, a quelque chose de la Kumbh Mela, le grand pèlerinage indien par ses couleurs et son côté caravansérail.

Le caravansérail est d’ailleurs cette année le thème de l’expo d’œuvres géantes qui caractérisent ce festival  au succès croissant. Depuis 2011 et l’explosion de la demande, les billets sont distribués par loterie. Cette année, seulement 70 000 personnes pourront assister à l’incendie du bonhomme de bois qui clôt le festival, le premier septembre.

La gentrification de la contre-culture

Parmi ces happy few, on trouve de plus en plus de stars de la Silicon Valley comme les fondateurs de Google Larry page et Sergey Brin ou bien encore Jeff Bezos d’Amazon. Les cofondateur de Facebook Mark Zuckerberg et Dustin Moskovitz y ont aussi été aperçus tenant un stand de sandwich au fromage grillé. Et, Chip Conley le Chief Hospitality d’AirBnB est au conseil du festival.

Burning man est ainsi devenu le rendez-vous annuel des geeks de la Silicon Valley, une sorte de Davos hippie où les stars de la tech partagent leur temps entre expériences artistiques interactives et hackhatton (concours de code informatique). Le New York Times a même évoqué récemment une forme de gentrification de la contre-culture du festival.  

La Silicon Valley vient, en effet, se ressourcer et chercher l’inspiration dans le mixte unique de liberté, de créativité débridée et de «can do attitude » que concentre Burning Man. En 2013, Larry Page expliquait lors de la conférence des développeurs de Google : «Nous ne voulons pas que notre monde change trop vite. Mais peut-être pourrions-nous avoir des espaces à part dans le monde. Comme Burning Man, par exemple. Des environnements où les gens peuvent expérimenter de nouvelles choses. » Plus qu’un festival donc, un projet.

Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Lui écrire

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

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