Bilan

Participer au CES de Las Vegas ? Comptez au moins 100'000 francs

Le Consumer Electronic Show s’ouvre le 9 janvier et quelques startup suisses feront le déplacement, dont BestMile. Son CEO partage les enjeux du salon et ses ambitions aux Etats-Unis.
  • Crédits: Pixabay
  • BestMile a remporté le prix Strategis en 2016.

Grand-messe de l’innovation technologique depuis 1967, le Consumer Electronic Show (CES) s’ouvre ce mardi 9 janvier à Las Vegas. Les organisateurs attendent 170’000 visiteurs pour près de 4000 exposants venant de 150 pays. Drones, voitures connectées, smartphones et de multiples gadgets électroniques et autres devices y seront présentés.

Dans cette jungle du CES, quelques Suisses feront le déplacement. Startupticker a identifié six startup helvétiques qui y participeront, parmi les 800 au total, issues de 37 pays. Ausweis, Biospectal, Biowatch, Mitipi, Piavita et Sensoryx sont mentionnées. Mais elles ne seront pas les seules.

Avoir des partenaires

Pour participer au CES, il y a ceux qui ont un stand et ceux qui participent autrement. C’est le cas de la désormais bien connue BestMile, qui développe des systèmes de gestion de flottes de véhicules autonomes. « Nous serons présents au CES sur le stand d’un de nos partenaires américain, Local Motors, qui est un constructeur de véhicules autonomes », indique Raphaël Gindrat, CEO de BestMile.

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Pour la startup vaudoise qui emploie désormais une quarantaine de personnes, ce sera une première sur le CES. « Cette stratégie de partenariat est un avantage car cela nous permet d’avoir un meilleur emplacement que si nous étions seuls, mais aussi de montrer un cas d’application concret et visuel», ajoute le CEO.

Un coût très élevé pour les startup

Un des challenges majeur d’une participation au CES est aussi son coût, qui en freine plus d’un. « J’ai souvent entendu le montant plancher de 100.000 francs pour participer convenablement au CES. Non seulement il y a les frais pour l’emplacement du stand qui sont élevés, mais aussi toute la location de matériel, le transport, l’hébergement, les frais de communication etc. Je me souviens d’y être allé avec une autre entreprise il y a quelques années, le montant global était de 200'000 francs. »

Des chiffres que l’on retrouve ailleurs. «A moins de 100 000 euros, vous n’existez pas», avait déclaré au journal Le Monde Rafi Haladjian, directeur de l’entreprise de Sen.se. Il avait dépensé cette somme en 2015 pour un stand d’une quinzaine de mètres carrés. Mais le CEO ne semblait pas regretter cet investissement pour autant : « C’est très cher, mais parmi toutes les actions commerciales et marketing que vous pouvez mener, c’est la plus rentable ».

Lancer un « Pavillon suisse » ?

Serait-il possible d’améliorer la visibilité des startup suisses tout en contenant les coûts ? L’idée d’un Pavillon suisse revient dans les discussions.  « Ce serait une bonne chose pour valoriser la Suisse et ses technologies, estime Raphaël Gindrat. Les Français le font depuis longtemps avec la French Tech, ils sont très actifs et visibles. Israël a aussi fait beaucoup ces dernières années ». Pour lui, l’intérêt d’un Pavillon suisse ne serait pas uniquement de réduire les coûts mais surtout de décupler la visibilité et les interactions.

Certaines organisations de promotion économique et de l’innovation, publiques et privées, le font d’ailleurs déjà sur d’autres manifestations. Par exemple dans certains salons tech de Barcelone (MWC) ou Hanovre (CeBIT), mais le CES serait incontournable pour Raphaël Gindrat.

Les ambitions de BestMile pour le CES

L’entreprise a déjà cinq collaborateurs aux Etats-Unis, suite à l’ouverture d’un bureau à San Francisco. L’effectif devrait atteindre une dizaine de personnes à la fin de l’année. Si l’objectif est de conserver la technologie et le développement à Lausanne, BestMile souhaite se développer commercialement aux Etats-Unis, qui est un grand marché et plus mature dans les véhicules autonomes. « Il y a aussi la présence des constructeurs, comme notre partenaire Local Motors, avec qui nous allons lancer des projets réjouissants en 2018, ajoute Raphaël Gindrat. Je vais profiter du CES pour multiplier les contacts et rendez-vous, qui sont déjà prévus de longue date. C’est l’intérêt majeur du CES : tout le monde converge à Las Vegas ».

 

Marjorie Thery
Marjorie Théry

JOURNALISTE À BILAN

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