Bilan

Ozwe séduit Oculus avec son pilotage de jeux vidéo

Diriger un vaisseau en tournant la tête: c'est le gameplay que propose Ozwe Games, une startup lausannoise qui a séduit Oculus Rift et travaille sur de nouveaux concepts de jeux.
  • Ozwe Games a su s'approprier l'univers du masque Oculus Rift pour en tirer les meilleures possibilités techniques dans le domaine des jeux.

    Crédits: Image: Ozwe Games
  • John Carmack, CTO d'Oculus Rift, a essayé le dispositif Samsung auquel Ozwe a pris part et a été conquis.

    Crédits: Image: Oculus VR

Faire disparaître la manette de jeu et élargir le jeu à l'ensemble du champ de vision? Deux promesses que les masques de réalité virtuelle ont faite aux gamers. Mais le processus est en cours et le procédé totalement nouveau pour les amateurs de jeux. De ce fait, pour ne pas destabiliser totalement ces derniers, les acteurs du secteur sont parfois prudents. C'est ainsi qu'Oculus Rift, le plus beau joyau des masques de réalité virtuelle actuels, avait adopté un gameplay prudent jusqu'à récemment. Et c'est une startup suisse qui l'a poussée à davantage d'audace: en développant un concept ultra-performant, Ozwe Games a fait tomber les hésitations des patrons d'Oculus Rift.

Tout a démarré au début de l'année 2014. Deux collaborateurs d'Ozwe Games se penchent sur le jeu Escape Velocity. Persuadés de pouvoir utiliser le savoir-faire maison pour améliorer l'expérience de jeu du gamer, ils mettent au point un système qui permet de diriger un vaisseau spatial sans manette de jeu, simplement en regardant un endroit pour définir la direction. Découvrant le résultat, les responsables d'Oculus Rift sont emballés et contactent la petite équipe basée à Lausanne: ils leur font part des nouveaux projets et leur confient des versions de travail pour voir ce qu'ils peuvent en tirer.

En contact quotidien avec Oculus Rift

Pendant cinq mois, un graphiste et un programmeur vont oeuvrer de concert. Le système mis au point auparavant, ils vont l'améliorer et le perfectionner. Toujours en lien avec Oculus Rift: «Nous étions en contacts quotidiens avec leurs développeurs et surtout nous avons été agréablement surpris de voir à quel point ils tenaient compte de nos remarques», confie Stéphane Intissar, le programmeur, également CEO et développeur d'Ozwe Games. Une réactivité dûe selon lui à une parfaite adéquation entre les méthodes de travail de la startup suisse, active dans le développement d'interfaces de jeux vidéo depuis 2008, et le nouveau leader mondial des masques de réalité virtuelle.

Et la récompense est intervenue mercredi: à l'occasion de la conférence Samsung unpacked à Berlin, Ozwe a pu dévoiler son gameplay sur plusieurs plateformes. Et notamment le masque Samsung Gear VR, qui utilise le nouveau Samsung Galaxy Note 4. Et les avis des spécialistes ont été plus qu'élogieux, comme cet essai mené par un critique du site TheVerge.

Pour Stéphane Intissar, de tels retours ne constituent pas un aboutissement mais «un encouragement à poursuivre sur la lancée». Mais lui et son collègue n'ont pas attendu pour continuer à améliorer leur gameplay: «Nous sommes sur d'autres développements à venir, de nouvelles interactions autour des masques de réalité virtuelle, mais évidemment il est difficile d'em parler, non seulement en raison de la confidentialité demandée par Oculus Rift, mais aussi car ces projets évoluent au quotidien».

Et au-delà de l'univers des jeux vidéo, Stéphane Intissar évoque d'autres fonctionnalités que ces masques permettront: visites d'appartements à distance, découvertes de musées ou de sites culturels, explorations de zones difficiles d'accès, entraînements pour les astronautes... Ces nouveaux horizons et la qualité de la relation de travail nouée avec Oculus Rift «nous donnent envie d'aller plus loin et de prendre des risques». Première étape pour aller plus loin: trouver des partenaires pour financer le développement de systèmes en solo et multiplayers, afin de faire de ces masques de réalité virtuelle des produits plus poussés encore.

 

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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