Bilan

OTO, l’analyse de langage à la suisse, se lance avec deux millions

La société créée par Teo Borschberg et Nicolas Perony dispose de 2,2 millions. Elle a mis au point une technologie d’analyse vocale. Elle décortique les phrases mais aussi les intonations.

Teo Borschberg (CEO, à gauche) et Nicolas Perony (CTO, à droite) sont les fondateurs d'OTO.

Crédits: OTO

L’outil a le potentiel pour séduire les centres d’appel. Plutôt que de se limiter à analyser ce qui a été dit lors du téléphone, la technologie mise au point par OTO analyse aussi les intonations.  «Aujourd’hui, OTO vend des logiciels pour le centre d’appel permettant d’analyser en temps réel la voie du l’agent et du client afin optimiser les conversions de ventes, la satisfaction et le churn (NDLR: taux de désabonnement)», raconte Teo Borschberg, l’un des fondateurs de la société.

Concrètement, le logiciel comporte des algorithmes de compréhension de l’intonation en temps réel. «Nous avons maintenant huit ingénieurs qui travaillent pour améliorer continuellement les performances et la diversité de ces analyses», lâche le jeune entrepreneur. Son cofondateur et CTO Nicolas Perony ajoute: «Nous utilisons le deep learning pour créer des représentations acoustiques sensées des conversations».

Crédits: OTO

Les agents peuvent suivre en temps réel la pertinence de leur ton, ce qui leur permet d’ajuster rapidement en cas de soucis. La société travaille actuellement avec 600 agents, mais ce chiffre devrait vite se multiplier. «Nous sommes dans une grande phase de commercialisation pour passer de 600 à 6'000 agents d’ici la fin de l’année afin d’obtenir l’expérience, les données, la maturité technologique suffisante pour créer la reconnaissance vocale de demain», indique Teo Borschberg.

Efficace ?

La startup compte plus d’une douzaine de clients. Les call centers représentent une clientèle importante, mais d’autres usages se dessinent. «Nos algorithmes permettront aux machines de bien mieux comprendre les émotions et comportement que nous ressentons afin de pouvoir “humaniser” la communication homme-machine», plaide Teo Borschberg.

Le marché des assistants vocaux est évalué à 49 milliards selon CB Insights. Les assistants des géants comme Apple, Amazon ou Google occupent une place importante du marché, mais bon nombre d’interactions se centrent sur le lien entre voix et texte. Les millions récoltés par OTO vont leur permettre de se développer en se démarquant de ces mastodontes du genre. Quant aux investisseurs, ce sont entre autres Fusion Fund, Bleu Capital et SAP.iO qui ont misé sur la startup.

Une patte suisse

Teo Borschberg et Nicolas Perony sont à la tête d’OTO. Leur technologie provient du centre de recherche SRI International, qui a notamment développé Siri, l’assistant d’Apple. Lorsque Teo Borschberg a rejoint le projet, il avait pour tâche de développer la recherche. L’ancien étudiant à l’Ecole Hotelière de Lausanne (EHL) a travaillé au sein d’SRI International de mars 2016 à octobre 2017, mois de création d’OTO.

La startup dispose de bureaux à San Francisco, New York et Zurich pour ses douze employés. La ville helvétique présente un avantage capital: «Nous y trouvons notre talent d’ingénieur pour l’intelligence artificielle à de meilleurs prix qu’à la Silicon Valley» explique Teo Borschberg.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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