Bilan

Objets connectés : tous les sports y passent

De multiples données sont accessibles grâces aux montres et bracelets d’activité. Le potentiel est large et certaines startups ont pris le parti d’allier jeu et performance. Même si la pertinence des données n'est pas toujours validée.

Chez les fabricants, l’heure n’est plus à la traque du nombre de pas par jour. La biomécanique est l’un des domaines prometteur. 

Crédits: afp

« J’ai un couru un marathon, voici mes données. » C’est le genre de phrases qu’entend désormais le docteur Patrick Schoettker, médecin au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Ses patients, parfois porteurs de bracelets ou montres d’activités, partagent ensuite leurs mesures avec le médecin. Toutefois, la validité médicale des données reste discutable. « Tant que je n’ai pas de certification médicale, je ne peux pas réellement m’y fier » explique le praticien. A l’heure actuelle, les traqueurs d’activité mesurent quantité de données. Mais d’un appareil à un autre, la mesure est différente. Le docteur Patrick Schoettker plaide ainsi pour que les fabricants franchissent le palier du médical, même si il y a une certaine « lourdeur administrative» reconnaît-il. De quoi freiner les ardeurs des créateurs de ces objets, qui occupent largement le secteur “fitness & health”.

La fin du nombre de pas par jour ?

Chez les fabricants, l’heure n’est plus à la traque du nombre de pas par jour. La biomécanique est l’un des domaines qui attirent désormais. “Quand on vieillit, la façon de marcher change, cela a une influence sur l’état de santé” affirme Christophe Ramstein, CEO de Myotest. La startup basée à Sion se concentre sur le bien-être plutôt que sur la performance de l’individu. L’intelligence artificielle évalue la forme grâce aux données de la montre et du téléphone. L’IA peut aussi comparer le niveau de fitness d’une personne à celui d’une autre, de même gabarit.

Lire aussiSurveiller son cœur via un smartphone

Pour arriver à mesurer les diverses données, il faut développer un boîtier et un logiciel. La marque Suunto a décidé de se concentrer sur la partie hardware, avec le capteur “movesense”, qui vise à démocratiser les traqueurs puisque les développeurs mettent ensuite au point leur propre logiciel. Le but ? Qu’il soit fabriqué sur mesure, pour les différents besoins. “Nous voulons qu’ils soient utiles à tous les niveaux” explique Terho Lahtinen, senior manager chez Suunto. Pour lui, l’analyse des entraînements est une aubaine pour tout un chacun. Les quelque 600 développeurs qui travaillent avec son capteur peuvent créer un produit qui leur est réellement utile. “Par exemple, un gardien de handball pourra savoir combien de ballons il a arrêté.” lance Terho Lahtinen.

Applications pour tous les sports

Tous les sports y passent. Le potentiel est large et certaines startups ont pris le parti d’allier jeu et performance. Snowcookie Sports évalue la vitesse, mais surtout le style et la position du skieur. Ses trois capteurs - deux sur les skis, un sur la poitrine - cartographient la façon de dévaler les pistes. A quel point les skis sont parallèles, les carres sont mobilisés, si le skieur est trop en arrière: tout est évalué et rapporte des points. Cela permet de gagner des niveaux. Là encore, aucune prétention médicale puisque les créateurs se focalisent sur le jeu. “On se concentre surtout sur la corrélation entre le corps et l’équipement” explique Krzysztof Machaj, chief powder officier chez Snowcookie Sports. Le produit sera lancé l’hiver prochain en Suisse. La startup prépare également des capteurs pour vélo. Elle peut compter sur une équipe en Suisse et notamment au Locle, à Neuchâtel, ainsi que sur des experts en Pologne.

Du fitness au médical

Les traqueurs d’activité ont changé la manière de vivre le sport. Les informations qu’ils récoltent permettent aux sportifs de mieux se comprendre. “Elles n’ont pas la même valeur pour un athlète que pour un médecin” nuance Patrick Schoettker. “Je les regarde avec un oeil critique. Pour moi, c’est une aide plutôt qu’une valeur absolue”. Mais s’il pouvait bénéficier de plus d’indicateurs de santé, le praticien signerait les yeux fermés.

C’est pourquoi il a créé Biospectal. La startup mesure la pression artérielle à l’aide d’un smartphone, pour éviter le “syndrome de la blouse blanche”. Quand le médecin est en face, la pression monte et la mesure s’en trouve faussée. Toutefois, le parcours pour être autorisé dans le domaine médical est compliqué. La startup vaudoise veut prouver que c’est possible.

Garciarebecca1
Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de sociétés, au business du sport et aux jeux vidéo.

Du même auteur:

A chaque série Netflix son arôme de cannabis
Twitch: comment devenir riche et célèbre grâce aux jeux vidéo

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."