Bilan

MindMaze s’empare de GaitUp

La «licorne» issue de l’EPFL MindMaze rachète GaitUp. L'opération consolide sa technologie ainsi que l’écosystème des start-up romandes. Une première dans ce secteur.
  • Spécialiste de la vision par ordinateur et des neurosciences, Tej Tadi a levé 100 millions de francs en 2016 faisant de MindMaze la première «licorne » suisse. 

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  • Les modèles d’analyse de mouvement de à partir de capteurs de GaitUp s’appliquent au sport comme à la réhabilitation médicale. 

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  • Benoit Mariani a fondé GaitUp en 2013 sur la base de recherches menées au CHUV et à l’EPFL. 

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D’habitude quand une start-up romande est rachetée, c’est par un groupe étranger. De Jilion à Lemoptix en passant par Poken, on ne compte plus les exemples. A notre connaissance l’acquisition de GaitUp, un spin-off de l’EPFL par MindMaze, une autre jeune pousse issue du même écosystème, est la première opération du genre en Suisse romande. C’est une indication de la maturité atteinte par l’écosystème.

Un rachat qui en annonce d’autres

Dans la Silicon Valley de telles opérations, dites de Build-up, sont en effet presque toujours l’un des relais de croissance privilégiés par les entreprises. L’application Maps de Google a, par exemple, été développée sur la base du rachat d’une petite start-up de géolocalisation (Keyhole) en 2004. Comme dans le cas de Microsoft avec Forethought (PowerPoint) ou d’Amazon avec Alexa (analyse de données), ces opérations ont souvent été stratégiques dans la quête de leadership.

C’est la même logique stratégique que poursuit aujourd’hui Tej Tadi, le fondateur de MindMaze. Il y a deux ans, il avait déjà fait de cette entreprise la première «licorne » (une entreprise privée valorisée à plus d’un milliard de dollars) de Suisse en levant 100 millions de francs. Fruit de l’écosystème local, l’entrepreneur d’origine indienne a identifié maintenant le potentiel des start-up romandes. « GaitUp préfigure d’autres acquisitions potentielles »,  selon Tej Tadi. Toujours pour compléter la technologie de réalité virtuelle associant casque (vision) et mesures de l’activité du cerveau (émotion) de MindMaze.

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C’est  à l’occasion d’une présentation de ses technologies chez MindMaze que cette dernière a proposé GaitUp, sélectionnée dans les  «50 start-up de Bilan dans lesquelles investir » cette année, d’unir leurs forces. En substance, GaitUp s’est, en effet, spécialisée dans la mesure des mouvements. Ses algorithmes qui analysent la stature, la course, le mouvement des articulation vont servir de base pour reproduire la position du corps et des membres dans un environnement virtuel.

GaitUp développe des gyroscopes, des accéléromètres et des outils d’analyses capables d’évaluer la position des mains, des jambes etc... de manière plus précise encore que la technologie concurrente Daydream de Google. Et de manière plus confortable que les dispositifs externes des autres systèmes de réalité virtuelle.

GaitUp a jusqu’à présent appliqué ces technologies à la réhabilitation dans le domaine de la santé et à la performance dans le domaine du sport. Et elle va continuer à le faire après l’acquisition selon son fondateur Benoit Mariani. Deux marchés qui visent aussi les technologies de MindMaze. «GaitUp nous apporte à la fois des dispositifs capables de mesurer six degrés de mouvements dans l’espace et des outils d’analyse », précise Tej Tadi. 

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Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

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Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

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