Bilan

Même stratégie, nouveau visage à la tête d’Infomaniak

Boris Siegenthaler, CEO emblématique d’Infomaniak,devient directeur stratégique. Marc Oehler, qui a commencé au support informatique de l’entreprise genevoise, prend la place de patron avec 17 années d’ancienneté. Entretien avec le CEO fraîchement élu.

Changement au sein d'Infomaniak.

Crédits: DR

Pourquoi ce changement à la tête d’Infomaniak ?

Marc Oehler: Il faudrait demander directement à Boris (rires). Il est le directeur d’Infomaniak depuis 26 ans, et a mis en place de nombreux éléments pour que l’on soit autonome et que l’on vive par nous mêmes. Il s’est dit qu’il était temps de passer la main, mais il reste très important puisqu’il prend la place de Chief Strategy Officer. C’est toujours lui qui fera la stratégie à long terme.

Cela va-t-il changer quelque chose pour les employés ou les clients ?

Oui et non. Je vais vraiment aller dans la continuité. Il y aura ma touche sur certains éléments. Boris Siegenthaler a une très bonne vision de la stratégie et des besoins des clients, je suis davantage technique et orienté sur l’expérience des clients.

Marc Oehler devient CEO d'Infomaniak. Photo: Infomaniak.

Quel est votre parcours au sein d’Infomaniak ?

Boris est le fondateur et a toujours été LE patron emblématique d’Infomaniak. Tout le monde le trouve cool et le respecte, parfois certains peuvent le voir comme inaccessible. Personnellement je suis chez Infomaniak depuis 17 ans, en ayant commencé au support. J’ai été au plus bas de la chaîne, et j’ai vu les efforts de Boris pour horizontaliser l’entreprise. J’ai été témoin de beaucoup de choses positives et négatives, j’ai ensuite été responsable d’équipe, ces expériences m’ont permis de trouver le juste milieu.

Grimper dans la hiérarchie ne m’empêche pas de bien m’entendre avec les collègues. Certains m’appellent même avec mon nom en verlan. Je connais les forces de la plupart des collègues et leur valeur au sein de l’entreprise. Boris me dit souvent - et je ne sais pas si c’est un compliment - que je suis pas parfait mais bon partout. Je sais écouter les gens, et vu les compétences des personne avec qui je travaille, je sais que je n’aurai pas toujours raison. Il faut simplement que tout le monde tire à la même corde.

Vous avez sorti plusieurs produits cette année, en ayant parfois avancé des délais. Comment motiver les troupes?

Les employés doivent avoir du plaisir à travailler. Pour développer le webmail, nous avons fait confiance à celui qui supervise ce projet depuis 12 ans. Nous connaissons les personnes avec qui nous travaillons et les besoins de nos clients. Lors de la conception, il faut discuter, inclure les développeurs, le support, les administrateurs système et une fois que le concept est validé, cela devient notre bébé. Cette motivation décuple notre travail, et c’est mieux que de simplement exécuter des tâches sans contexte.

La pandémie vous a motivé à sortir plus rapidement votre solution de visioconférence. Quels sont les prochains projets?

La visioconférence était déjà à l’agenda, c’est simplement un changement de priorité qui a été opéré. Plusieurs choses sont en préparation. Les développeurs travaillent dur sur des solutions de vidéos à la demande mais aussi l’évolution de l’infrastructure de nos hébergements, ce qui reste notre coeur de métier. Durant 2021, nous allons lancer notre cloud dynamique et nous travaillons encore sur un service proche de Slack.

Ce qui marche très bien aussi sont les noms de domaines. Quand nous sommes allés au Cloudfest en mars 2019, les personnes du secteur étaient toutes étonnées de notre performance. Elles voyaient un marché saturé alors que nous avons depuis des années une progression à deux chiffres.

Infomaniak restera indépendant jusqu’au bout?

Nous sommes intransigeants là-dessus. Boris Siegenthaler n’est plus le CEO, mais il reste le propriétaire majoritaire. L’entreprise partage ses valeurs, et nous allons bientôt mettre en place un moyen pour que les collaborateurs et les clients d’Infomaniak puissent acheter des actions. Nous n’allons pas nous faire racheter puisque nous avons beaucoup de projets, d’outils et de compétences que nous tenons à conserver en Suisse.

L’exode de certaines unités informatiques vers d’autres pays d’Europe ne vous péjore pas?

Cela dépend de si l’on parle d’informatique de métier ou de service. Il y a beaucoup d’entreprises actives dans l’informatique à l’étranger, et des entreprises en font par exemple appel pour une partie de leurs activités. N’importe qui peut outsourcer. Le fait de tout avoir en Suisse permet cependant une meilleure interaction entre les départements. Les clients ont un contact direct, différent de si tout était éparpillé et les gens ne se connaissent pas. C’est un des facteurs qui permet de nous distinguer et qui explique notre progression en Suisse allemande cette année. Nous allons d’ailleurs recruter 15 personnes d’ici la fin du mois de janvier et au rythme où vont les choses, nous serons près de 200 d’ici la fin de l’année prochaine.

Garciarebecca1
Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

Du même auteur:

A chaque série Netflix son arôme de cannabis
Twitch: comment devenir riche et célèbre grâce aux jeux vidéo

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Merci de votre inscription
Ups, l'inscription n'a pas fonctionné
Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."