Bilan

Medtronic crée les pacemakers du futur

Implanté à Tolochenaz depuis 1996, le géant mondial des technologies médicales a développé son site vaudois. En mars, la barre des cinq millions d’appareils produits sur place a été franchie.
  • Près de 800 collaborateurs travaillent sur le site vaudois de Medtronic.

    Crédits: Dr
  • Implanté dans l’organisme, Linq envoie des alertes via smartphone.

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En 2014, quiconque s’équipe sur Terre d’un pacemaker a une chance sur cinq que son appareil vienne des rives du Léman. La société Medtronic domine mondialement dans ce secteur et le site de Tolochenaz est une référence pour ce type d’équipement.

«Nous avons engagé un processus pour que Tolochenaz soit reconnu comme site d’excellence pour les dispositifs de stimulation cardiaque. Les lignes de production développées ici ont servi de modèle pour d’autres sites de production à travers le monde, à Singapour et Porto Rico», explique Rob ten Hoedt, président de Medtronic International pour l’Europe, l’Asie, l’Afrique et le Canada.

Avec désormais près de 800 collaborateurs de 40 nationalités sur le site vaudois (et 1200 au total en Suisse), Medtronic entend s’appuyer sur les compétences développées ces dernières années pour renforcer sa position de leader mondial. Et deux dispositifs pourraient d’ailleurs révolutionner le secteur: Linq et Micra.

Implanté dans l’organisme de patients atteints d’arythmie cardiaque, Linq est un petit appareil qui envoie des alertes via smartphone au patient ou à un service médical. Evitant la pose d’un appareil de mesure contraignant, il peut être placé dans le corps du patient en trois minutes par une infirmière et ne nécessite plus une opération chirurgicale.

Tout aussi innovant est Micra, le plus petit pacemaker au monde. De la taille d’une cartouche de revolver, il peut être directement implanté dans le cœur du patient, alors que jusqu’à présent les pacemakers sont des appareils bien plus volumineux implantés au niveau de l’épaule et reliés au cœur par une sonde. «Avec Micra, les procédures sont moins invasives et, en cas d’alerte, les réactions sont plus rapides», argumente Katja Kreutzer, senior business director chez Medtronic.

A l’horizon 2015

Si les essais sont en phase finale pour ces deux dispositifs, ils pourraient arriver sur le marché à l’horizon 2015 et représentent deux axes majeurs pour Medtronic: «Miniaturisation et connectivité sont des clés pour l’avenir, affirme Rob ten Hoedt. La miniaturisation est un facteur essentiel pour arriver à des procédures et traitements moins invasifs, que l’on peut combiner avec des traitements médicamenteux. Et la connectivité nous fait entrer dans l’ère de la télémédecine, avec des traitements affinés et personnalisés pour les patients.»

Ces deux nouveaux appareils sortiront donc des circuits de production vaudois, comme cinq millions de dispositifs avant eux depuis 1996. Actuellement, chaque année, ce sont 400  000 produits qui sont assemblés à Tolochenaz et expédiés à travers le monde, via onze circuits de distribution différents. Ces dernières années, l’organisation de la production a été revue: alors qu’il fallait près de vingt jours pour produire un appareil en 2004, il en faut neuf en moyenne aujourd’hui.

«Ces lignes de fabrication de plus en plus efficaces sont pilotées par deux équipes pendant cinq jours par semaine, tandis que certaines sont même en 3x8 pour répondre à une forte demande: notre site a acquis un rôle clé au sein du dispositif mondial Medtronic», conclut Patrick Rosset, directeur de Swiss Medtronic Operation (SMO), l’une des unités basées à Tolochenaz.  

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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